Zdeno Chara (33) a passé quatre des six dernières minutes du match sur la glace, quand il fallait protéger une avance d’un seul but.

Zdeno le dino(saure)

CHRONIQUE — EN SÉRIES / On s’amusait ferme, mardi soir, sur le plateau de L’Antichambre à RDS.

Zdeno Chara a l’air d’un dinosaure, s’est exclamé un des panélistes.

On faisait ici référence à l’âge avancé du capitaine des Bruins.

Il a 42 ans.

S’il n’était pas là, la moyenne d’âge du top-6 à Boston serait de 24,67 ans.

Zdeno a également le gabarit d’un dinosaure, a répliqué, vivement, l’animateur.

Ça aussi, c’est vrai. Il aura été, du début à la fin de sa carrière, le plus imposant joueur de toute la Ligue nationale.

Dans les heures qui ont suivi, Zdeno le dino a démontré qu’il n’était pas en voie d’extinction.

Dans le match numéro trois de la Finale de l’Association Est, l’aîné a passé 22 minutes et six secondes sur la patinoire. Il a donc monté sur la deuxième marche du podium des joueurs les plus utilisés par l’entraîneur-chef Bruce Cassidy.

Il a joué des minutes importantes.

On retiendra d’abord une très longue présence, en infériorité numérique, pour donner le ton au match.

Cassidy a ménagé son vétéran, par la suite, pour mieux l’utiliser en fin de soirée.

Chara a passé quatre des six dernières minutes du match sur la glace, quand il fallait protéger une avance d’un seul but.

« La première chose qu’il faut savoir, c’est que Zdeno adore les situations corsées », a expliqué Cassidy, durant sa conférence de presse d’après-match.

« Si on l’envoie sur la glace dans un moment crucial, on sait qu’il va tout donner. »

Les statistiques donnent raison à l’entraîneur.

Dans les 100 dernières secondes de la partie, Chara a bloqué deux lancers.

Et on ne comptabilise pas les séquences durant lesquelles Chara a pu empêcher un joueur adverse de lancer.

« Avec son grand bâton, c’est une de ses spécialités », souligne Cassidy.

« Les missions défensives comme les infériorités numériques et les fins de matches, c’est un peu le pain et le beurre de Zdeno. Il nous a vraiment donné de grosses minutes, ce soir. Avec toutes nos pénalités, il n’a jamais vraiment eu le temps de reprendre son souffle. Il a été confronté aux meilleurs joueurs adverses toute la soirée. Mais ça... C’est notre Zdeno. Vous le connaissez depuis longtemps. Vous savez qu’il élève toujours son jeu quand nous avons besoin de lui. »

Le vétéran de 1485 parties a pas mal tout laissé sur la patinoire. Quand il s’est présenté devant les journalistes avec sa barbe des séries poivre et sel (plus salée que poivrée), il s’est contenté de grogner deux ou trois réponses prévisibles.

« On essaie de travailler fort. Ce n’est pas toujours parfait, mais on essaie de faire notre travail. On joue pour le bien de l’équipe. On se sacrifie lorsque c’est nécessaire. On dégage la rondelle. Le succès lors de l’infériorité numérique débute devant le filet. On s’améliore. On veut continuer de s’améliorer. »

Testing, one-two, one-two...

Chara a joué un grand match, mercredi, mais le véritable héros de la soirée fut — encore une fois — Tuukka Rask.

Le gardien des Bruins a réalisé 35 arrêts pour gagner un sixième match d’affilée. Dans ces six parties, il a conservé un taux d’efficacité de 95,6 %.

Il a clairement pris les devants, dans la course au trophée Conn-Smythe.

Après le match, Rask et Charlie McAvoy ont été conviés dans la grande salle des conférences de presse du PNC Arena. Le pauvre McAvoy a sans doute trouvé le temps long. Les questions des journalistes étaient presque toutes dirigées vers son pote.

Le défenseur de 20 ans s’est pas mal contenté d’un rôle de figurant.

« Merci d’être venu, Chuck », a lancé Rask, pince sans rire, quand tout fut terminé.

Bon prince, McAvoy a simplement donné deux ou trois petites tapes sur son micro.

« Hé ! Voyez-vous ça ? Il était branché », a-t-il réagi.

Un gardien ou l’autre

On devine que la « Bunch of jerks » a vécu des jours plus joyeux.

L’entraîneur-chef des Hurricanes, Rod Brind’Amour a pris une décision audacieuse en procédant à un changement de gardien, avant le match numéro trois de la Finale de l’Est.

Le vieux routier Curtis McElhinney a fait ce qu’il a pu. Ça n’a malheureusement pas été suffisant.

Que fera Brind’Amour, jeudi, dans un match potentiellement décisif ? Mettra-t-il toute la pression sur les épaules de l’éternel gardien substitut ?

Après le match numéro trois, McElhinney a plus ou moins reconnu que Rask est supérieur...

« J’essaie de ne pas trop penser au fait qu’il a donné un show, ce soir, a-t-il dit, un peu abattu, après la rencontre. J’essaie juste de me concentrer sur mon travail. »