Si jamais l’envie vous prend de voir un éléphant rose avant que ne soient regarnies les tablettes de la SQDC, rendez-vous au coin des rues Denison Est et de la Gare à Granby.

Une fois le buzz passé…

CHRONIQUE / Il y en a qui vont trouver la fin de semaine longue.*

D’abord, les employés de la Société des alcools du Québec ont décidé de débrayer sans prévenir, vendredi en milieu de journée. Ainsi, à moins d’avoir des réserves ou de passer à l’épicerie, il aura fallu se priver de la tradition du petit vino du vendredi soir.

De plus, la légalisation du cannabis, il y a tout juste dix jours, a provoqué un achalandage monstre dans la douzaine de succursales de la Société québécoise du cannabis (SQDC). L’engouement a été si fort que plusieurs variétés de marijuana sont désormais indisponibles et les fournisseurs accrédités n’arrivent pas à répondre à la demande.

L’impact est tel qu’à peine deux semaines après l’ouverture des boutiques, la société d’État a annoncé que ses magasins seraient fermés du lundi au mercredi, faute d’avoir suffisamment de marchandise sur les tablettes.

Les consommateurs qui espéraient voir pousser une succursale plus près de chez eux devront donc s’armer de patience.

« On va-tu finir par l’avoir notre magasin de cannabis à Granby ? » se demande-t-on.

« Pot’encore », se fera-t-on répondre.

Les reportages montrant les clients faire la ligne étaient éloquents de la frénésie qui entourait cette nouvelle ère du buzz récréatif.

Ça tombait bien : à l’automne, les températures commencent à descendre. C’était la période parfaite pour se geler légalement pour la toute première fois.

En une semaine, ce sont donc un peu moins de 140 000 transactions légales de cannabis qui ont été effectuées au Québec, dont près des deux tiers en magasin.

Quelques jours avant l’ouverture des commerces, le président (maintenant démissionnaire) de la SQDC, Alain Brunet, avait indiqué s’attendre à ce que les fournisseurs puissent honorer de « 60 à 70 % » des commandes pendant les premiers mois d’opération. La situation serait similaire dans d’autres provinces, notamment parce que la production actuelle ne permet pas encore de maintenir le rythme.

Pas besoin de savoir lire dans les feuilles de pot pour le comprendre.

Paranoïa

Ainsi, après la paranoïa collective entourant la légalisation du cannabis — Apotalypse alimentée par les médias, je l’admets —, qui ne s’est pas produite, voilà qu’on s’inquiète de la pénurie de mari. Comme s’il fallait toujours s’inquiéter de quelque chose.

Ça tombe bien, le cannabis a des vertus relaxantes, me dit-on...

Pourtant, ceux qui en consommaient déjà de façon illicite ne se sont pas fait couper l’herbe sous le pied. Ils n’ont probablement pas encore effacé le numéro de pagette de leur pusher.

Bref, tout ça pour dire que si jamais l’envie vous prend quand même de voir un éléphant rose pendant la fin de semaine, rendez-vous au coin des rues Denison Est et de la Gare à Granby.

* J’espère qu’à la lecture de ce texte, vous comprendrez qu’il s’agit d’humour. Si vous me pensez sérieuse, vous en avez fumé du bon.