Quand viendra le temps de préparer votre carré de jeu et de jardin, il se trouvera peut-être quelqu’un pour vous aider. À a sa façon.

Pour le meilleur et pour le pire et pour les semis

CHRONIQUE / Je ne sais pas si vous avez réussi à vous faire fondre un petit carré de neige pour vous coller la face sur votre futur jardin un long moment, mais si je me fie à vos courriels de la dernière semaine, il n’y avait pas que Tire le coyote et moi qui rêvions de désherbage. Vous aussi.

On prend donc le temps d’y revenir un peu, sans prétention horticultrice aucune, juste parce que les préparatifs, c’est un gage de réussite, les cours de préparation au mariage en font foi. Ou pas. Exemple exemplaire d’exemple boiteux, je l’admets.

Entéka. Je ne suis spécialiste ni du mariage ni du potager, mais je me suis lancée dans ces deux projets à peu près en même temps avec tout ce que ça comporte de hauts et de bas, d’essais et erreurs, de glorieuses réussites, de succès mitigés et de moments où tu te dis qu’une piscine creusée, ce serait moins de trouble et plus de plaisir, je vais donc me permettre quelques conseils de base pour vous inciter à lancer votre affaire, quitte à ce qu’on en reparle de temps à autre quand la saison va s’amorcer/avancer.

Premier conseil, allez en chercher ailleurs. Dans le sens de la lecture, idéalement. Il existe des livres intéressants que vous voudrez consulter périodiquement ou qui deviendront carrément votre bible de chevet.

On a beaucoup vanté au cours des dernières années, et avec raison, Le jardinier-maraîcher, de Jean-Martin Fortier, best-seller traduit et vendu un peu partout dans le monde. C’est un outil incontournable... si vous aspirez à rentabiliser vos récoltes.

Si vous êtes déjà rendu là, joie et confettis, c’est pour vous. Mais si on est plutôt dans les balbutiements, si on a un tout petit potager, ce ne sera peut-être pas très approprié pour un premier contact. Vous pourriez vous garder ça pour vos vacances estivales quand, bien planté dans votre jardin avec une IPA sure à la main, vous rêverez de vivre de la terre. Vous y trouverez alors des indications précises pour votre conversion, mais aussi un lot précieux d’informations pertinentes dès maintenant sur le sol, sa fertilisation, les choix d’emplacement, le travail de la terre et un paquet de choses permettant de mieux la comprendre.

D’ici là, fouillez un peu, mais je me permets de vous dire que je traîne Le grand livre du potager d’Edward C. Smith depuis des années, que le jardinier paresseux Larry Hodgson m’a réconciliée avec mon potager en maintes occasions et que la très dynamique horticultrice Mélanie Grégoire a rassemblé l’an dernier son savoir et les trucs de sa grand-mère dans Les quatre saisons de votre potager.

Ce premier conseil, c’est la clé de tout. On aura beau dire que jardiner, c’est un jeu d’enfant, savoir et comprendre certaines choses augmentent non seulement la beauté des récoltes, mais aussi le plaisir au quotidien, peu importe l’âge.

Autres petits conseils pour l’immédiat?

Garder ses plans d’année en année permet aussi d’assurer une rotation des cultures et de prendre note de ce qui a bien ou moins bien fonctionné.

Trouvez d’abord votre zone de rusticité, un genre de cote de climat qui varie selon les régions du Québec et s’appuie sur un paquet de facteurs comme l’ensoleillement, les moyennes de précipitations, les températures moyennes, les périodes sans gel. L’air de rien, jardiner à Rivière-du-Loup ou à Drummondville, ça se passe pas mal pareil dans le geste et le plaisir, mais les plants vont changer, les moments de planter, transplanter et récolter aussi.

L’index de votre livre préféré (vous voyez déjà combien c’est utile!) ou quelques clics sur internet vous permettront d’identifier votre zone, et probablement du même coup, sur la même page ou pas très loin, le calendrier des semis qui va avec.

Parce que oui, conseil numéro 3, faites-vous plaisir, faites vos semis. On en parlait la semaine passée, pas besoin d’investir en fou, quelques pots/plats/barquettes sauvés du recyclage/caisse d’œufs feront l’affaire, un peu de particules plastiques recyclable pour la germination, du terreau à semis et... des semis.

Number 4, le plan de jardin avant de commander les graines, de là mon long laïus de la semaine dernière. Quoi mettre dans le plan et le potager? Idéalement, pour partir, des choses que vous savez aimer. C’est le fun les tomatillos pis les piments forts, mais si vous n’en mangez pas, ça peut devenir moins tentant de s’en occuper une fois la canicule arrivée.

Alors partez avec vos préférés et essayez de miser sur quelques notions de compagnonnage, un truc de jardinage vieux comme la terre misant sur la complémentarité naturelle de deux plantes, un peu comme les balances et les scorpions chez les sapiens, exemple les carottes et les haricots nains qui vont s’aider et s’aimer dans la même rangée bien serrée.

Combien en semer? Peut-être 10 ou 20 pour cent de plus que ce que vous avez prévu transplanter au jardin. Tu te dis 5 plants de tomates, tu peux peut-être en semer deux de plus, pour la luck, des fois que le chat en casse un en venant voir de près si ça joue. Mais, vous dira la fille qui a déjà planté plus de 300 plants de tomates dans son jardin, t’es mieux de ne pas exagérer non plus si tu veux pas finir par te lancer des tomates et sentir le ketchup.

D’ailleurs, ce qui peut être pratique, pendant les semis, ce sont ce qu’on appelle des amis. Des amis jardiniers, idéalement. Pendant que l’un s’occupe des tomates, l’autre peut gérer les poivrons dans son salon et l’autre encore les aubergines dans sa cuisine. Ça réduit les manipulations et quand ce sera le temps de transplanter, il ne restera qu’à échanger les plants.

Dernier conseil de la semaine : trouver vos graines de semis dès maintenant, certaines variétés de tomates, entre autres, sont rapidement introuvables. Je ne vous conseille pas un semencier en particulier, plusieurs au Québec sont excellents, bios, travaillent aussi des sortes ancestrales qu’on ramène à l’avant-plan et offrent un excellent service. Vous trouverez facilement leurs sites et catalogues en ligne, certains ont même trouvé place dans les bonnes serres et pépinières, suffit de demander.

Et nous voilà prêts à partir, les amis, pour le meilleur, et en tentant d’éviter le pire.

Je vous mets au défi une fois les semis en terre de ne pas vous précipiter chaque matin au saut du lit pour voir la poussée de croissance survenue durant la nuit.

P.S. : ne vous inquiétez pas, on ne jasera pas nécessairement de jardinage la semaine prochaine.