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Sébastien Lévesque
Le Quotidien
Sébastien Lévesque

Le pouvoir de l’imagination

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« Celui qui lit n’est jamais seul. » - Helder Simone

Je ne vous apprendrai probablement rien à vous disant que nous vivons actuellement une période assez déstabilisante, pour ne pas dire difficile. Ce n’est peut-être pas la première crise que nous traversons, mais disons que celle-ci est assez unique en son genre. Pour les « bêtes sociales » que nous sommes, le confinement (total ou partiel) finit forcément par peser lourd. Cela se ressent particulièrement pendant le temps des Fêtes, une période habituellement associée aux rassemblements et aux festivités en tous genres.

Quoi qu’il en soit, nous n’avons pas vraiment le choix, alors aussi bien tenter de pallier ce manque par différents moyens. Il y a les rassemblements virtuels, évidemment, mais je pense aussi à toutes ces occasions que nous avons de cultiver notre imaginaire, notamment par le biais des arts. Et nous avons tous nos préférences en la matière. Certains aiment la lecture, d’autres la peinture. Certains préfèrent faire ou écouter de la musique, d’autres écouter des films et des séries télé. Peu importe, l’important est d’y trouver son compte, car nous avons tous besoin de nous évader un peu de la réalité, ou mieux encore de la sublimer.

Tout cela pourrait sembler anecdotique, mais il n’en est rien. L’art, sous toutes ses formes, est porteur de sens et apporte une forme de consolation. Contrairement à ce que certaines personnes semblent croire, l’art n’est donc pas qu’un pur divertissement et ne saurait être réduit à sa dimension purement instrumentale. J’irais même jusqu’à dire qu’il est indispensable à la vie. Et s’il nous aide à vivre, c’est parce qu’il nous connecte avec ce qu’il y a de plus humain en nous. L’art nous met effectivement en relation avec le pouvoir de l’imagination, c’est-à-dire notre capacité à interpréter et à se réapproprier la réalité.

En ce sens, l’art est probablement l’expression la plus haute de la conscience humaine. C’est d’ailleurs pourquoi il est si important, notamment dans les périodes difficiles comme celle que nous traversons actuellement. Cela dit, il ne s’agit pas de favoriser une fuite en avant, mais plutôt une manière différente d’aborder le réel en puisant dans notre imaginaire — qui nous donne accès à une sorte de réel magnifié.

Comme en fait foi la citation en exergue de ce texte, l’art permet aussi de tromper la solitude. Car que ce soit en lisant un livre ou en écoutant un film, nous entrons réellement en relation avec des personnages qui nous parlent et qui nous habitent. À travers leurs récits, nous vivons d’authentiques émotions. Évidemment, je ne prétends pas que cela puisse entièrement remplacer les relations humaines, mais il s’agit néanmoins d’un puissant palliatif. Et d’une certaine façon, j’irais même jusqu’à dire que l’art a le pouvoir de nous rapprocher les uns des autres.

Tout cela pour dire que même si ce temps des Fêtes s’annonce un peu plus morose qu’à l’habitude, tout n’est pas perdu pour autant. À sa façon, cette relative solitude forcée constitue une occasion en or de renouer avec l’art et avec le pouvoir de l’imagination. Car à défaut de relations humaines concrètes, nous pouvons à tout le moins entrer en relation avec l’humain à travers les œuvres.

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En terminant, je voudrais profiter de cette tribune pour vous souhaiter une bonne année 2021 et vous remercier de soutenir la Coopérative de solidarité du Quotidien. Je me sens toujours privilégié de pouvoir partager mes réflexions avec vous et de lire vos réactions. Bref, au plaisir de vous retrouver en 2021 et j’espère que les choses iront en s’améliorant.