Chronique qui a son pareil

CHRONIQUE / J’aimerais savoir si on dit «il n’y en a pas un pareil» ou «il n’y en a pas deux pareils». Merci à l’avance. (Christine Chaumel, Québec)

Dans ma chronique du 15 mars 2013, j’expliquais que cette faute ne vient pas d’une mauvaise compréhension du sens de « pareil », mais plutôt d’une syntaxe déficiente. On ne dit pas « il n’y en a pas un pareil », mais « il n’y en a pas de pareil ». De la même façon que l’on dit « il n’y en a pas de meilleur » et non « il n’y en a pas un meilleur ».

Vous pouvez essayer avec plusieurs autres adjectifs et locutions de comparaison, comme « pire », « tel », « semblable », « identique », « plus beau », « moins grand », etc. Vous constaterez que c’est la préposition « de » qui est appropriée, et non l’article « un ».

« Il n’y en a pas deux pareils » n’a pas tout à fait le même sens. Vous parlez alors d’une multitude d’éléments dont aucun n’est identique à un autre. « Il n’y en a pas de pareil » veut plutôt dire « il n’y a rien de pareil à cette chose-là ».

L’adjectif « pareil » peut être utilisé dans plusieurs sens. Tantôt, il est synonyme de « même » (« rendez-vous à pareille heure demain »). Tantôt, il signifie « tel » (« dans un pareil cas », « devant une pareille insistance »). La plupart du temps, il veut dire « semblable ».

Au Québec, nous avons aussi hérité d’un vieil emploi : « pareil » adverbe.

« Elle et moi pensons pareil. »

« Sans le savoir, vous vous êtes habillés pareil. »

Cet emploi se rencontre aussi dans la langue parlée en France. On en trouve des traces dans la littérature. Il est toutefois critiqué par les grammairiens. « Pareil » veut ici dire « de la même façon », « de manière identique ». On peut également utiliser le véritable adverbe dérivé de « pareil », soit « pareillement ».

« Elle et moi pensons de la même façon. »

« Sans le savoir, vous vous êtes habillés de manière identique. »

Il existe un deuxième emploi adverbial, disparu outre-mer, mais encore bien vivant chez nous : « pareil » synonyme de « quand même », « malgré tout ». Lui aussi est à proscrire dans le discours soutenu.

« Je vais y aller pareil. »

« Je sais que tu l’as déjà fait, mais refais-le pareil. »


Perles de la semaine

La saison de hockey approche, les esprits s’échauffent, et ça se lit sur le site du Sportnographe.

« Je pense que c’est un baume d’air frais. »

« Il sait comment traiter ses joueurs. Pis je pense que les joueurs y mangent son esprit pis ils jouent pour lui. »

« La deuxième finale de la NBA a eu un record d’audition au Canada avec 4,3 millions de personnes. »

« Les Hurricanes étaient accotés au pied du mur. »

« Quand qu’on va visiter des universités américaines, il y a beaucoup de bouche à bouche pour juste voir c’est quoi que quelqu’un peut nous dire sur un joueur qu’on savait pas. »

Questions ou commentaires? Steve.bergeron@latribune.qc.ca.