Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Pauline Marois a assurément accordé une de ses meilleures entrevues télévisées.
Pauline Marois a assurément accordé une de ses meilleures entrevues télévisées.

TLMEP: le poids politique

CHRONIQUE / Certaines décisions politiques prennent un caractère historique, une importance qui ont un réel impact dans nos vies. Que ce soit en cette deuxième vague de pandémie qu'au lendemain du référendum de 1995, et qu'en pleine Crise d'octobre 70. Un poids politique souligné dans plusieurs entrevues de Tout le monde en parle, qui entreprenait dimanche soir sa 17e saison sur ICI Télé, toujours en direct et sans public.

Dimanche, Pauline Marois a assurément accordé une de ses meilleures entrevues télévisées. Loin de la controverse et avec le recul, on sentait l'ancienne première ministre du Québec parler librement, sans amertume, de son passé politique mais aussi de la situation actuelle, ce qu'elle fait rarement. Elle a quelques regrets, comme celui d'avoir mis du temps à qualifier l'attentat du Metropolis contre elle d'attentat politique. «Si ça avait été un fédéraliste qui avait été attaqué par un souverainiste, je pense qu'on en aurait entendu parler pendant pas mal plus longtemps.» Selon elle, Jacques Parizeau n'aurait pas dû démissionner après sa malheureuse déclaration à la défaite du référendum de 1995. «Nous avions un rapport de force exceptionnel [avec le fédéral]. […] Son départ a écrasé ce rapport de force», croit-elle.

Mme Marois, qui publie sa biographie intitulée Au-delà du pouvoir, reste fière des centres de la petite enfance et de ses politiques en matière d'éducation, qui selon elle, ont fait reculer la pauvreté chez les enfants, les familles et chez les femmes. Mais elle croit que, si elle avait été adoptée au cours de son règne, l'assurance autonomie pour les aînés «aurait changé les choses» sans tout régler dans la crise actuelle, dont tous les gouvernements des dernières décennies portent la responsabilité. Particulièrement celui de Philippe Couillard, qui a sabré en santé.

Non, le nombre de cas n'augmente pas en raison du plus grand nombre de tests. «Les pourcentages sont les mêmes», affirme Christian Dubé.

Christian Dubé a créé la nouvelle dès ses premiers mots: il annoncera dans les prochains jours que Montréal et Québec passeront de zone orange à rouge. «Restez chez vous. Les 28 prochains vont être difficiles», réaffirme le ministre de la Santé et des Services sociaux, qui prévoit aussi des annonces peu réjouissantes pour les bars et les restaurants. Aussi, les récalcitrants recevront des pénalités. «On ne voulait pas aller là mais je pense qu'il va falloir aller ça. Parce qu'il y a une catégorie de personnes qui n'écoutent pas, mais ce sont eux qui nous mettent dans le trouble.»

Non, le nombre de cas n'augmente pas en raison du plus grand nombre de tests. «Les pourcentages sont les mêmes», affirme Christian Dubé. Inévitablement, les zones rouges l'auront plus dure que les autres. «On n'ira pas demander des sacrifices à des gens qui n'ont pas à le faire.» M. Dubé est conscient que «les gens sont un peu tannés», ce qui expliquerait le plus grand nombre de sceptiques. «Pour accommoder tout le monde, on a complexifié notre message», reconnaît le ministre, qui s'engage à plus de clarté dans ses communications. M. Dubé confirme qu'il sera impossible d'éviter les déplacements de personnels dans les CHSLD. «On laissera pas mourir des gens comme on a vu. Si j'ai à choisir, je choisis la mobilité.» Au sujet des affirmations de Marguerite Blais, il est resté très diplomate, rappelant la sensibilité de la ministre face aux aînés, mais aussi l'ampleur de la tâche de son premier ministre.

Laurent Duvernay-Tardif, qui a renoncé à sa saison avec les Chiefs, reprend lundi son travail en CHSLD.

Laurent Duvernay-Tardif, qui a renoncé à sa saison avec les Chiefs, reprend lundi son travail en CHSLD, une expérience qu'il compare à un match de football. Non, son poste au sein des Chiefs n'est pas assuré l'année prochaine. «Loin de là», dit-il, rappelant que «c'est la réalité du sport professionnel». Une des choses les plus frustrantes à ses yeux? Voir les partys se multiplier malgré la situation préoccupante, particulièrement chez les 24-35 ans. «Let's go gang! […] Ça n'a pas sa raison d'être.» Il s'est permis de regarder des matchs des Chiefs durant son absence. «Ça fait mal oui, mais crime, je suis rendu un fan de football!» a-t-il dit, arborant fièrement sa bague du Super Bowl. «Peu importe ce qui t'arrive, personne ne peut te l'enlever.»

Pour réclamer la fin des bagarres au hockey junior, le prophète a sorti une liste de joueurs qui se sont suicidés ou sont morts par overdose.

Toujours aussi attachant, Ron Fournier a récemment pris sa retraite mais n'a certainement rien perdu de son franc parler et de son sens de la métaphore. Pour réclamer la fin des bagarres au hockey junior, le prophète a sorti une liste de joueurs qui se sont suicidés ou sont morts par overdose. Une image forte et très parlante. «Il est temps que quelqu'un agisse. [...] C'est terminé, faites de quoi!» a-t-il scandé. On lui a offert d'écrire son autobiographie, il a refusé. De se lancer en politique: refusé aussi. «Trop de squelettes dans le placard», a blagué l'ex-arbitre. Sa meilleure entrevue? Avec Alain Vigneault, seul chez lui et sans travail après avoir été congédié. Son scoop manqué? Encore Alain Vigneault, qui allait remplacer Mario Tremblay comme entraîneur, et qui lui avait promis la nouvelle.

À propos de la controverse autour de la diversité de sa série <em>Escouade 99</em>, Patrick Huard est resté modeste.

À la veille d'animer son nouveau talk-show à TVA, La tour, Patrick Huard a parlé d'une émission très peu formelle, de texture cinématographique, qui emprunte à la sitcom mais aussi au podcast. Pourra-t-il recevoir des vedettes de Radio-Canada? Bien sûr. Et Julie Snyder? «Je n'ai pas le réflexe de demander des permissions. J'ai plus de chances de me faire chicaner après que de risques de me faire dire non!» a répondu naïvement l'animateur. À propos de la controverse autour de la diversité de sa série Escouade 99, il est resté modeste. Il consacrera une émission de La tour à cette question épineuse. «Qu'est-ce qu'on peut faire pour s'améliorer? [...] Le Rogatien en nous est tout le temps proche», a-t-il dit, avant de donner son appui à Ron Fournier sur la question des bagarres au hockey junior. «Les propriétaires, les coachs, c'est des pères de famille, ça se fait pas organiser des combats d'enfants!»

Félix Rose a passé le plus clair de son entrevue à défendre son long métrage documentaire, <em>Les Rose</em>.

Parce que le sujet reste sensible, Félix Rose a passé le plus clair de son entrevue à défendre son long métrage documentaire, Les Rose, et surtout, à expliquer pourquoi il a voulu faire ce film: comprendre les motivations de son propre père, Paul Rose, durant la Crise d'octobre. Parce que cet homme extrêmement doux et «papa poule» ne correspondait pas à l'image de révolutionnaire que les médias décrivaient. «Je ne peux pas approuver la mort d'un homme», a-t-il dit, disant ne jamais avoir voulu banaliser le décès de Pierre Laporte, enlevé par le FLQ. Sans excuser le geste, Félix Rose est parvenu à lui donner une signification. «À force de recevoir des coups, tu peux comprendre que des gens décident d'en donner.» «Je ne suis pas un militant. Évidemment, je n'ai pas de recul, mon père je l'aime.»

Comme au printemps, on a conclu l'émission en musique, cette fois avec la divine Dominique Fils-Aimé et sa magnifique Gun Burial. L'artiste a qualifié le mouvement Black Lives Matter de «début d'une nouvelle ère», grâce entre autres aux réseaux sociaux, qui créent une grande chaîne de solidarité à travers le monde. «Les gens ne peuvent plus jouer à l'autruche», dit-elle. Une des rares à offrir des spectacles en personne, Dominique Fils-Aimé a demandé au public de ne pas applaudir entre les chansons, question «d'entrer dans une bulle» et de «méditer en groupe». Une règle que n'a pu s'empêcher de briser les quelques spectateurs dimanche, trop envoûtés par le talent de la chanteuse.

Dominique Fils-Aimé a qualifié le mouvement Black Lives Matter de «début d'une nouvelle ère».