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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
<em>La parfaite victime</em>, de Monic Néron et Émilie Perreault, sortira en salles au printemps.
<em>La parfaite victime</em>, de Monic Néron et Émilie Perreault, sortira en salles au printemps.

TLMEP: ce qu'on exige des victimes

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CHRONIQUE / Ce qu'on exige des victimes d'agression sexuelle est démesuré et notre système de justice ne semble pas s'en rendre compte. C'est ce qu'on retient de l'entrevue de Tout le monde en parle avec Monic Néron et Émilie Perreault, dont le documentaire intitulé La parfaite victime sortira en salles au printemps.

La bande-annonce du long-métrage, dévoilée en primeur à l'émission, est d'ailleurs très percutante. «Ils m'ont demandé de quelle couleur étaient les rideaux dans la pièce où je me suis fait violer à quatre ans», y affirme une victime en pleurant. Parce la victime parfaite ne doit surtout pas avoir de trous de mémoire pour espérer avoir des chances de voir sa cause entendue.

Monic Néron déplore l'incapacité du système de justice à se remettre en question, à ne pas reconnaître qu'«il fait peut-être partie du problème». L'excuse passe-partout qu'a entendue constamment Émilie Perreault en travaillant à ce documentaire: «Le système est ainsi fait.»

C'est d'ailleurs loin d'être gagné pour l'éventuel tribunal spécialisé en matière d'agressions sexuelles et de violence conjugale, proposé par un comité d'élues transpartisan. «Beaucoup de gens vont s'y opposer», prévoit Monic Néron, selon qui des criminalistes parlent déjà de fiasco. Les juges seraient d'ailleurs réfractaires à suivre une formation en matière de causes d'agressions sexuelles.

Les deux femmes, à qui je décerne l'étoile du match, considèrent que le tribunal populaire des réseaux sociaux, choisis par les victimes pour dénoncer leurs agresseurs, résultent en quelque sorte de l'incapacité du système de justice à traiter ces demandes. «Il est temps de se réveiller au nom de tous ceux et celles qui se sont faits agresser sexuellement», affirme Monic Néron, qui promet «des témoignages très puissants» dans ce long-métrage.

Depuis que Guy Lafleur a été informé d'une récidive de son cancer du poumon l'automne dernier, il suit des traitements d'immunothérapie et de chimiothérapie toutes les trois semaines. Il est confiant, rieur, mais on l'a senti ému en voyant plusieurs personnalités lui apporter leur soutien dans une vidéo hommage. La légende du hockey était confiante pour le Canadien en début de saison. «J'avais sorti ma chaise pour aller sur la rue Sainte-Catherine pour la parade. Là, je l'ai resserrée!» Il croit néanmoins que l'équipe montréalaise a tout ce qu'il faut pour «se rendre loin cette année». Il reste perplexe devant la décision de congédier l'instructeur de gardiens de but Stéphane Waite en plein match, une chose impensable à son époque.

Lui-même restaurateur, Guy Lafleur n'approuve pas la décision du gouvernement de fermer les salles à manger. «La COVID-19, c'est pas dans les restaurants que tu pognes ça», plaide-t-il, convaincu que les propriétaires de restos ont pris tous les moyens nécessaires pour protéger la population.

«Comme un coup de deux par quatre dans le front.» Guy A. Lepage a été bouleversé par la websérie d'ICI Tou.tv, Je voudrais qu'on m'efface, inspirée du roman d'Anaïs Barbeau-Lavalette, sur trois ados qui vivent dans un immeuble d'habitation menacé de démolition. «J'ai dû brailler 20 fois», a dit l'animateur à deux des interprètes, Julie Perreault et Anglesh Major. La première y joue une mère prostituée et toxicomane, un rôle à mille lieues de ce qu'on lui demande de jouer habituellement. «Un vrai saut dans le vide», affirme l'actrice, transformée pour la cause.

Anglesh Major, qui a grandi à Montréal-Nord, incarne un vendeur de drogues violent qui a tout de même une certaine humanité. Le duo a vanté le travail sensible du réalisateur Éric Piccoli, qui a apporté beaucoup de poésie et de lumière à cette histoire triste. Acteur à découvrir, Anglesh Major se réjouit par ailleurs de pouvoir enfin jouer sur scène en zone orange la nouvelle version de King Dave d'Alexandre Goyette.

Patrick Senécal présente arrive sur le Club illico alors que la télé québécoise a très peu d'expérience en séries d'horreur. Il était temps, croit Senécal, qui voit beaucoup de jeunes suivre de telles séries sur Netflix. «Faut les rattraper, ces jeunes-là», croit-il. Le réalisateur Stéphane Lapointe et lui n'ont pas voulu faire une série où le sang coule à flot. «Je voulais que ça marche», explique Senécal, qui ne voulait pas faire (trop) peur au public. Le romancier souhaite davantage être associé au roman noir qu'à l'horreur, un terme un peu réducteur selon lui.

Jade Hassouné, qu'on peut voir dans la série Alertes à TVA, est né sous une bonne étoile. Le jeune Montréalais d'origine libanaise a cru en ses rêves et le reste a suivi, dont ce premier rôle en français et aussi son plus important en carrière. Son expérience à Hollywood dans la série Shadowhunters sur Netflix et «l'aspect business d'une corporation comme Disney» lui ont laissé un goût un peu amer, au point qu'il a songé à changer de métier. «L'être humain n'est pas très important et l'art non plus», a-t-il dit en parlant de cet épisode de sa vie, qui lui a permis trois tournées internationales à la rencontre des fans de la série. Il parle avec beaucoup plus d'enthousiasme de son expérience comme juge invité à Canada's Drag Race, un autre rêve réalisé, lui qui s'affiche comme queer.

Aurait-on pu prévenir les cinq féminicides survenus en moins d'un mois au Québec? Louise Riendeau, du Regroupement des maisons pour femmes victimes de violence conjugale, croit que oui, si les groupes de soutien en avaient les moyens. Professeur à l'Université d'Ottawa, Simon Lapierre aimerait voir les groupes qui viennent en aide aux conjoints violents intervenir davantage et travailler de pair avec les groupes de femmes. Le duo a reçu de façon favorable l'intervention du premier ministre François Legault à l'intention des hommes violents. À défaut d'avoir un effet sur les conjoints, il en aura sûrement auprès des hommes qui les entoure et qui peuvent les interpeller sur cette question.

Pour finir, Patrick Watson y est allé d'une jolie interprétation de Que reste-t-il de nos amours? de Charles Trenet. Il serait faux de croire que le départ tout récent de Dany Turcotte ne se fera pas sentir dans le déroulement de l'émission. Le fou du roi aurait pu intervenir à plusieurs reprises dimanche. Espérons que l'émission ne souffrira pas trop de cette absence.

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Jade Hassouné, qu'on peut voir dans la série <em>Alertes</em> à TVA, est né sous une bonne étoile.