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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Marina Orsini et une équipe de recherche aguerrie ont remué ciel et terre pour retrouver des personnes qui ont été significatives dans la vie de plein de gens, afin de leur donner une deuxième chance.
Marina Orsini et une équipe de recherche aguerrie ont remué ciel et terre pour retrouver des personnes qui ont été significatives dans la vie de plein de gens, afin de leur donner une deuxième chance.

Remuer ciel et terre

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CHRONIQUE / C’est à se demander pourquoi la direction d’ICI Télé a décidé de mettre fin à Deuxième chance il y a deux ans. De retour le samedi 16 janvier à 20h après cet arrêt forcé, l’émission n’a rien perdu de sa pertinence, même qu’elle est plus utile que jamais, alors que le taux de déprime est à son plus fort.

Marina Orsini, sa nouvelle coanimatrice, la journaliste Monic Néron et une équipe de recherche aguerrie ont une nouvelle fois remué ciel et terre pour retrouver des personnes chères, qui ont été significatives dans la vie de plein de gens, afin de leur donner une deuxième chance.

C’est le cas d’Alain Vallée, victime d’un grave accident de voiture en 1977. Un bon samaritain l’a extirpé du véhicule en flammes, lui évitant la mort, malgré de graves brûlures. Sans l’intervention de cet homme, M. Vallée n’aurait jamais eu d’enfants. Quarante-trois ans plus tard, il a voulu lui dire merci.

L’histoire de Marie-Josée est tout aussi poignante, elle qui rêvait de renouer avec son père, dont elle n’a pas eu de nouvelles depuis nombre d’années. Le temps passe, les ressentiments se dissipent, c’est maintenant ou jamais. Je vous laisse découvrir comment ces deux histoires se concluront, mais gardez la boîte de mouchoirs pas trop loin, vous en aurez besoin.

Quand Catherine a appris que l’enfant qu’elle portait pouvait avoir une anomalie génétique importante, une lettre a été déterminante pour la suite des choses. L’autrice de ces mots ignore à quel point. Une autre histoire impliquant la détresse des aidants naturels trouvera une issue heureuse et réconfortante.

Pandémie oblige, il a été impossible pour l’équipe de voyager outre-mer; on se limite au pays. Comme des cas avaient déjà été fouillés en Angleterre, au Maroc et aux États-Unis, on a choisi de ne pas laisser languir les personnes concernées. 

«On s’est dit que c’était inhumain de les faire attendre. Il fallait que ces gens-là soient réunis», explique la scénariste-recherchiste et productrice au contenu, Manuelle Légaré. Le producteur Guillaume Lespérance admet néanmoins avoir dû faire le deuil d’une histoire extrêmement touchante, en espérant pouvoir la tourner éventuellement.

Pour le reste, on oublie très vite que l’équipe a dû annuler les voyages à l’étranger, tant les histoires racontées sont d’une incroyable densité. Marina Orsini cite un cas qui l’a particulièrement ébranlée et l’a menée en Colombie-Britannique. L’histoire de Sophie et d’un membre de la famille qui disparaît du jour au lendemain.

Deuxième chance ne finit pas toujours bien, comme dans la vraie vie. Certaines recherches peuvent ne pas aboutir comme on l’aurait voulu, d’autres mènent vers de bien tristes découvertes. 

Sans vous en dire trop, Monic Néron doit annoncer une mauvaise nouvelle à une famille, qui souhaitait retrouver une personne chère. Un moment particulièrement poignant lorsqu’on mesure toute la douleur causée par cette révélation.

«Cette journée-là, je ne l’oublierai jamais. J’étais bouleversée. Même si ce n’est pas celle qu’ils souhaitaient, je leur apportais tout de même une réponse», confie Monic Néron.

Rassurant de savoir que l’équipe en place prend toutes les précautions pour protéger les personnes; un accompagnement et une évaluation psychologique leur sont proposés. Par exemple, au moment de l’annonce de Monic Néron à la famille, on leur a laissé le temps d’encaisser le coup avant de reprendre le tournage. 

«Ces gens-là ne se sont pas sentis utilisés, je m’en suis assurée après. Ce sont toutes des questions éthiques qu’on se pose», poursuit la journaliste.

«On le dit à tout le monde avant : “Ce qu’on va trouver ne va pas nécessairement faire votre affaire. On ne peut pas embellir la vérité”. Il y a une manière de présenter les choses, on s’efforce de le faire le plus délicatement possible», affirme le producteur Guillaume Lespérance.

Pour Monic Néron, qui se greffe à l’équipe, c’est une suite logique à sa minisérie documentaire Le dernier soir, du même producteur, sur les meurtres jamais résolus de Diane Déry et Mario Corbeil. Comme pour Patrick Lagacé, à qui elle succède, on sent chez la journaliste une réelle empathie, un désir de faire la lumière sur des mystères encore jamais élucidés. Ça vient avec son lot d’émotions et quelques fois aussi, des larmes.