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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
La parodie de <em>110%</em> au <em>Bye Bye 2007</em>, «10% de quotient», avec Guy A. en Jean Perron, Yves en Jean Pagé, Richard Z. en Wayne Z. Laveuglette, Bruno en Gabriel Grégoire et André en Michel Bergeron.
La parodie de <em>110%</em> au <em>Bye Bye 2007</em>, «10% de quotient», avec Guy A. en Jean Perron, Yves en Jean Pagé, Richard Z. en Wayne Z. Laveuglette, Bruno en Gabriel Grégoire et André en Michel Bergeron.

RBO et «l'humour qui se fait pus»

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CHRONIQUE / RBO a eu 40 ans samedi dernier. Pour moi qui glisse régulièrement des citations du groupe dans mes conversations, et qui me fais de moins en moins comprendre par mes plus jeunes amis et collègues, c’est un événement qui mérite d’être souligné.

Lundi à 21h, Noovo propose RBO – Top 40, un combo de sketchs marquants et de moments qu’on avait visiblement effacés de notre mémoire. Comme le pâté chinois, certaines parodies sont encore meilleures réchauffées et on constate que Chantal Francke offrait certainement les meilleures imitations, que ce soit pour Nathalie Petrowski ou Janine Sutto et ses sandales Cucu-Massage.

C’est après le remontage des deux premières saisons de Rock et Belles Oreilles à Télévision Quatre-Saisons, signé Yves P. Pelletier et déposé sur Crave avant les Fêtes, que Noovo a eu l’idée de demander ce «top 40» au groupe. 

Le «maigre» du groupe s’est donc replongé dans les archives pour établir des catégories telles que «Tounes traduites», «Moins pires imitations de Guy», «Vieux prôgrammes» et «Moments sexys». Le tout est entrecoupé de commentaires rigolos de Guy, André, Bruno et Yves, qui les ont enregistrés séparés par des plexiglas.

Parmi les 40 positions, la catégorie «Ça se fait pus» est particulièrement éloquente. Si RBO faisait encore des sketchs en 2021, ceux des Outgames et du «Hockey des aveugles» seraient-ils encore possibles?

Pour André Ducharme, la question revient sporadiquement, mais la réponse évolue. «Jusqu’à il n’y a pas longtemps, je répondais toujours qu’on referait les mêmes maudites affaires. Mais je suis obligé de moduler ma réponse, de dire qu’on ferait autre chose avec le même esprit en s’ajustant. 

«En même temps, on s’est toujours ajustés, on a toujours travaillé en fonction de l’époque dans laquelle on était. Le RBO de 1985 et celui des Bye Bye de 2006 et 2007, c’est différent.»

On lui cite souvent ce sketch sur les Outgames au Bye Bye 2006, avec l’épreuve du 100 mètres raies, le témoin lubrifié dans la course à relais et les «fesses saillantes» du jour. 

«Les gens oublient que les Outgames ont réellement existé, on n’a pas inventé ça. Quand on l’a fait, il n’y a pratiquement eu que des réactions positives, y compris de la communauté gaie. Pour «Le hockey des aveugles», les non-voyants nous ont donné un prix, ils l’ont trouvé drôle. Les gens qui s’offusquent d’un gag présentement ne sont pas nécessairement les personnes visées», remarque André Ducharme.

Étrangement, ce ne sont pas ces sketchs plus proches du burlesque qui me font grincer des dents quand je les revois aujourd’hui; «Pour une histoire de poids», une parodie de Marie Denise Pelletier qui bat la mesure en tapant du pied et passe au travers du plancher, jure beaucoup plus avec notre époque. 

«Je ne suis pas certain qu’on referait un sketch comme celui-là, mais ça ne veut pas dire qu’on ne ferait pas de sketchs edgy, on frapperait juste ailleurs.

«Quand on voit un vieux sketch d’Olivier Guimond avec Manda Parent qui fait la belle-mère avec son rouleau à pâte, ça non plus, personne ne ferait ça aujourd’hui», croit le «petit» de RBO.

Certaines choses peuvent mal vieillir, d’autres, au contraire, ont toujours leur pertinence. La catégorie «Toujours d’actualité» en cite quelques exemples, comme «Villa des Tivieux», «Hérouxtyville» et «Je suis une irréductible» de Roberta Palmer, qui dénonçait l’exploitation du corps de la femme dans le clip de Robert Palmer. «Ces derniers jours, on m’a beaucoup parlé du sketch d’Anti Palestine», confie André Ducharme.

Si un sketch a marqué l’humoriste, c’est cette parodie de 110% au Bye Bye 2007, «10% de quotient», avec Yves en Jean Pagé, André en Michel Bergeron, Bruno en Gabriel Grégoire, Richard Z. en Wayne Z. Laveuglette et surtout Guy A. en Jean Perron, qui «brûle la chandelle par les trois trous». 

«C’était complètement fou parce que Guy changeait de texte à chaque prise. Chaque fois qu’il sortait un perronisme, on ne l’avait pas déjà entendu, on se retenait pour ne pas rire, on a eu vraiment de la misère à le tourner.»

Il a aussi pris un immense plaisir à personnifier Lucien Bouchard qui incite vigoureusement la population à «travailler!», mais aussi à jouer la famille du bon vieux temps et «Jack Travis, détective privé». «Nos derniers sketchs étaient meilleurs que nos premiers», a-t-il constaté en visionnant les archives.

Toujours script-éditeur à Tout le monde en parle, il admet que la dernière saison a été riche en rebondissements avec le départ de Dany Turcotte, la controverse autour de Maripier Morin et les réactions violentes sur les réseaux sociaux, entre autres. 

«Ça montre deux choses: qu’on vit une époque très particulière et que cette émission a toujours sa pertinence. C’est encore assez unique de pouvoir traiter de six sujets par émission et de connaître un tel impact 17 ans plus tard. Beaucoup de gens pensent que, parce qu’on invite quelqu’un, forcément, on l’approuve. Ce n’est pas le cas, on lui pose des questions, sans avoir à le torturer non plus.»

Après plus de 1400 émissions, André Ducharme a choisi de quitter Un souper presque parfait, dont il signait les textes et la narration depuis 10 ans, en plus de s’impliquer dans le montage et d’être producteur au contenu. «C’était en moyenne 130 demi-heures par année. Je voulais arrêter avant que ça ne me tente plus. La pandémie a fait en sorte que c’était un bon moment pour laisser ma place.»

Évidemment, il lui démange de ne pouvoir se moquer de ce qu’on vit présentement, notamment des complotistes et de leurs théories farfelues. «J’aurais du fun avec cette matière-là», admet-il.

Les gars de RBO ont-ils renoncé pour de bon à reprendre du service? Il ne faut jamais dire jamais, mais... «Je nous verrais mal avec des costumes et des perruques, peut-être que ce serait ridicule. Notre avenir est probablement plus sonore que visuel!»

RBO – Top 40 plaira certainement aux irréductibles, même si j’aurais aimé y revoir Joe Bocan portant du Cocotonelle à Ad lib, de même que Richard Glenn et sa femme Glose. Glose Glenn. 

En terminant, j’aurais une demande spéciale: qu’on ajoute sur Crave les saisons de Rock et Belles Oreilles à TVA et à Radio-Canada, comme on l’a fait pour les années de TQS. Il y a là encore plusieurs classiques qui méritent certainement d’être revus.

La bande-annonce de RBO – Top 40 est ici.

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