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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Théodore Pellerin incarne un jeune homme venu auditionner sur scène pour une pièce de théâtre qu'il ne connaît absolument pas.
Théodore Pellerin incarne un jeune homme venu auditionner sur scène pour une pièce de théâtre qu'il ne connaît absolument pas.

Patrick Senécal présente: bizarre, bizarre! [VIDÉO]

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CHRONIQUE / Adolescent, j'étais fasciné par Bizarre, bizarre, de courtes histoires inquiétantes en provenance du Royaume-Uni et diffusées à Radio-Canada. J'aimais aussi Histoires singulières, Ray Bradbury et Alfred Hitchcock présente, séries d'anthologie qui présentaient chaque semaine des scénarios différents.

Le Québec, qui n'a pas été choyé en matière de séries d'anthologie, aura maintenant Patrick Senécal présente, la première série télé du maître de l'horreur, qu'il présente lui-même à l'écran en début d'émission, devant sa machine à écrire dans un bureau sombre, un clin d'oeil à Hitchcock. Les cinq premiers épisodes sont disponibles sur le Club illico à partir de jeudi.

Chaque épisode représente la pire journée dans la vie d'une personne. «Nous, faut qu'on soit content qu'elle vive la pire journée», confie Patrick Senécal sur les objectifs qu'il s'est donnés pour construire ses 10 demi-heures. L'auteur d'Aliss et de Sur le seuil se promène avec un plaisir certain du fantastique à l'horreur, plongeant ses personnages dans les pires cauchemars. La fin n'est jamais heureuse.

Je me serais attendu à des histoires plus touffues; le scénario de Seule, le premier épisode, m'apparaît un peu mince. L'histoire de cette femme (Mylène Mackay) qui arrive dans un quartier où un assassin signe ses crimes en coupant la main de chacune de ses victimes, met du temps à décoller. C'est parfois violent mais on a déjà vu bien pire.

Au deuxième épisode, intitulé Audition et déjà plus intéressant, Théodore Pellerin incarne un jeune homme venu auditionner sur scène pour une pièce de théâtre qu'il ne connaît absolument pas. Tout est étrange dans cet épisode, de cette metteure en scène aux ongles très longs et rouges jouée par Anne-Marie Cadieux, à cet assistant non moins bizarre, interprété par Sébastien René, qui semble abonné aux rôles de déments (Le jeu, Toute la vie).

Certains éléments semblent un peu avoir été intégrés pour ajouter au mystère, comme la présence très accessoire d'une personne de petite taille dans ce second épisode. Un clin d'oeil plus ou moins avoué à l'univers de David Lynch. Pas certain que c'était absolument nécessaire.

Purement humoristique, le troisième épisode, intitulé Sans génie, met en scène un jeune chanteur (Lou-Pascal Tremblay) qui voit surgir d'un téléphone trouvé par terre un génie du cell (Erich Preach), venu exaucer trois de ses vœux. Vous vous en doutez, l'affaire tourne mal. On est dans l'absurde plus que dans la peur.

L'esthétique de cette série est magnifique; un soin particulier à l'image est apporté, une signature propre à Stéphane Lapointe, qui nous a donné l'incomparable Faits divers et qui parle d'«un show ambitieux avec un budget serré».

Vous verrez du sang, mais ne vous attendez pas à des scènes d'horreur très explicites. «C'est plus épeurant de ne pas voir la bibitte. On voulait plus jouer sur le psychologique que sur le graphique», explique le réalisateur.

Patrick Senécal reconnaît que la série n'est «pas aussi trash que les romans», question de rallier un plus large public. «Si on est trop heavy, ça ne passera pas», croit-il, rappelant que nous n'avons pas un très large historique en matière de séries d'anthologie au Québec, alors que Black Mirror a passionné le monde ces dernières années.

Je me souviens de La chambre no 13, tournée à Québec et diffusée en 2006 à Radio-Canada, qui avait tout de même un fil conducteur, celui d'une chambre d'hôtel. Patrick Senécal avait d'ailleurs signé un épisode de cette série. Avant, en 2002, il y avait eu Fêtes fatales, de Benoît Dutrizac, qui n'avait pas connu un grand succès. Sur le web, Sébastien Diaz a réalisé Terreur 404, dont les 15 épisodes sont sur ICI Tou.tv, mais c'est pas mal tout.

Club illico ne s'en cache pas: avec cette série, on veut attirer un plus jeune public qui regarde peu la télé d'ici. «Il faut leur montrer qu'on est capable de faire ce genre de télévision nous autres aussi», explique Patrick Senécal, qui dit toutefois atteindre un très large lectorat avec ses romans.

Pas besoin d'avoir lu Senécal pour comprendre; l'auteur ne fait qu'un clin d'oeil à son œuvre, en mentionnant la rue des Ormes au troisième épisode, référence directe à 5150, rue des Ormes, qui a été adapté au cinéma.

Pour l'instant, seuls cinq épisodes sur 10 seront disponibles, en raison des retards causés par la pandémie. Il reste d'ailleurs à tourner trois épisodes au printemps. La seconde moitié de la série sera donc déposée sur le Club illico à l'automne.

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