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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien

Notre bulletin télé de mi-saison

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Quand près d’une dizaine de séries de fiction sont millionnaires dans les sondages, c’est qu’il y a toujours un grand appétit pour le genre au Québec. Cette programmation hivernale marque aussi l’accession de Noovo au top 30 et des chiffres sans précédent pour ICI Télé.
  • EN DIRECT DE L’UNIVERS, ICI Télé, 10/10

Je n’ai accordé une note parfaite qu’à trois reprises en 14 ans et c’est la deuxième fois que je donne un 10/10 à l’émission de France Beaudoin. Parce qu’il n’y a absolument rien à changer de ce rendez-vous désormais incontournable du samedi soir, qu’on peut qualifier sans exagérer de service essentiel durant cette pandémie. La visite de Marie Philippe pour Ingrid St-Pierre, l’apparition de Vanilla Ice et la prestation de Claude Dubois pour Patrice Bélanger, la spéciale District 31, réussie en tous points, et je pourrais continuer longtemps.

Ingrid St-Pierre et France Beaudoin à <em>En direct de l’univers</em>

Gilles Desjardins ne pouvait trouver meilleure façon de conclure son histoire; une fin bienveillante qui nous console un peu de l’arrêt de cette grande série. En mettant l’accent sur l’affirmation des femmes et en faisant écho à des préoccupations contemporaines, le brillant auteur a composé une fresque historique tout aussi divertissante qu’instructive. Je ne croirais pas dire ça un jour, mais je vais même m’ennuyer de Séraphin.

Sarah-Jeanne Labrosse et Vincent Leclerc dans <em>Les pays d'en haut</em>

Mon coup de cœur parmi les nouveautés de Noovo. C’est savoureux. On ne peut faire autrement que de se reconnaître dans l’une ou l’autre des situations. Les auteurs parviennent à sortir des clichés en nous surprenant chaque fois. La comédie à sketchs gagne des adeptes chaque semaine et c’est tant mieux. On sait déjà qu’il y aura une deuxième saison.

Fayolle Jean Jr. et Matthieu Pepper dans <em>Entre deux draps</em>
  • 1res FOIS, ICI Télé, 9/10

Sans public, l’équipe de Véronique Cloutier parvient tout de même à créer de grands moments d’émotion. Que ce soit pour Corneille, de qui on a retrouvé des amis de longue date, que pour la fille de Vincent Vallières, Lily-Rose, qui lui interprète une de ses chansons, à celle de Chantal Lacroix, qui lui fait un numéro d’humour irrésistible, je craque.

Sans public, l’équipe de Véronique Cloutier parvient tout de même à créer de grands moments d’émotion à <em>1res fois</em>.
  • POLICE EN SERVICE, Télé-Québec, 9/10

Le meilleur docu-réalité du moment. On a vu d’autres séries démystifier le travail des policiers, mais jamais avec autant de sensibilité et de pertinence. Pas besoin de grosse musique dramatique ou de mouvements secs de caméras, bien au contraire. Télé-Québec ne peut mieux remplir son rôle qu’avec cette série prenante qui nous aide à comprendre pourquoi et comment les policiers effectuent leur travail sur le terrain.

<em>Police en service</em> est le meilleur docu-réalité du moment.
  • DEUXIÈME CHANCE, ICI Télé, 9/10

Les règles sanitaires strictes n'altèrent en rien la charge émotionnelle créée par ces rencontres. L'émission où cette dame a pardonné à son agresseur et souhaite remettre leur correspondance à la fille de celui-ci m'a achevé. Monic Néron s'est fort bien intégrée à l'équipe.

Cet épisode de <em>Deuxième chance</em> où Mme Suzanne Leduc a pardonné à son agresseur et remis leur correspondance à la fille de celui-ci, était parmi les plus émouvants.

J’étais un fan des Beaux malaises et je le suis toujours avec cette nouvelle mouture 2.0. Martin Matte pousse encore plus loin l’absurdité des situations. La scène réunissant des humoristes dans une partouze à la fin du premier épisode relevait carrément du délire. Bémol sur la scène du cadre, un peu répétitive malgré une conclusion différente.

Martin Matte et Julie Le Breton dans <em>Les beaux malaises 2.0</em>.
  • LES ENFANTS DE LA TÉLÉ, ICI Télé, 8,5/10

Le public m’a manqué tout l’automne à cette émission; beaucoup moins cet hiver. Regorgeant de souvenirs savoureux, l’émission consacrée à René Simard avec sa famille, dont Nathalie, était l’une des meilleures des années Robitaille-Cochrane.

René Simard dans <em>Les enfants de la télé</em>
  • DISTRICT 31ICI Télé, 8,5/10

Peut-on parler d’un relâchement dans les intrigues? Peut-être, mais on est tellement attaché à ces personnages qu’on les suit coûte que coûte. On peut craindre le pire du personnage de Pascale Lanier, qui a marqué le retour de Caroline Néron, très convaincante. J’avoue m’ennuyer de l’attachante Virginie Francoeur (Catherine-Audrey Lachapelle), qui apportait beaucoup de fantaisie dans ces histoires glauques.

On peut craindre le pire du personnage de Pascale Lanier, qui a marqué le retour de Caroline Néron, très convaincante dans <em>District 31</em>.
  • L’APPEL D’UNE VIE, Noovo, 8/10

Cette série vraiment émouvante met en contact des répartiteurs du 911 avec les personnes qu’elles ont contribué à sauver de la mort. On a parfois un léger malaise à voir ces survivants se replonger dans le drame en réécoutant l’appel que leurs proches ont logé au centre d’urgence, mais on est totalement réconcilié avec le concept quand on voit tous ces gens réunis à la fin. Un bel hommage au travail essentiel et précieux des répartiteurs.

<em>L'appel d'une vie</em> est un bel hommage au travail essentiel et précieux des répartiteurs.
  • LA TOUR, TVA, 8/10

On sent une complète liberté chez Patrick Huard pour le choix des sujets et des invités. On a vu là Véronique Cloutier, rarissime à TVA, Valérie Plante, les Drs Caroline Quach et François Marquis. On a réduit considérablement le nombre de sketchs et je ne m’en plains pas. Loger l’émission contre District 31 n’était pas la meilleure idée du monde, mais on a confirmé une deuxième saison.

On sent une complète liberté chez Patrick Huard pour le choix des sujets et des invités à <em>La tour</em>.

J’aime beaucoup le trio de sœurs courtières immobilières de cette sympathique comédie. Ceux qui ont acheté ou vendu une propriété se reconnaissent dans l’une ou l’autre des histoires racontées. Soulignons la qualité des premières fictions originales de Noovo, qui annoncent le meilleur pour l’avenir.

Noémie O'Farrell, Emmanuelle Lussier-Martinez et Marie Soleil Dion dans <em>Contre-offre</em>.

Les auteurs savent maintenir le suspense! La tension était à son comble dans les épisodes de la disparition de Marie-Luce (Maude Guérin), même si on a réglé un peu vite cette intrigue. L’ambitieuse Tina est assurément la vilaine du moment dans nos séries de fiction, grâce entre autres à l’interprétation nuancée de Brigitte Poupart, qui semble éprouver beaucoup de plaisir à jouer les méchantes.

L’ambitieuse Tina (Brigitte Poupart) de <em>5e rang</em> est assurément la vilaine du moment dans nos séries de fiction.

L’autrice Danielle Trottier n’épargne aucun de ses personnages cette saison, plongeant même la pauvre Éloïze (Élizabeth Tremblay-Gagnon) dans le coma. De ces scènes poignantes, d’une vérité saisissante, il y en a eu beaucoup cet hiver. À la réalisation, Jean-Philippe Duval va encore plus loin, plongeant avec inventivité dans les souvenirs des personnages.

Romane Lefebvre et Milya Corbeil-Gauvreau dans <em>Toute la vie</em>.

La dernière fois que j’avais vu un personnage enfermé dans un cercueil, c’était dans Days of our Lives, le soap d’après-midi! Chantal Cadieux sait néanmoins se maintenir sur le fil de la vraisemblance en jouant habilement avec les souvenirs d’Anémone/Manon (Marina Orsini), qui partent et reviennent. À voir les cotes d’écoute, le public en redemande.

Dans <em>Une autre histoire</em>, Chantal Cadieux sait se maintenir sur le fil de la vraisemblance en jouant habilement avec les souvenirs d’Anémone/Manon (Marina Orsini).

Les séries politiques sont rares au Québec; les diffuseurs hésitent à s’engager sur ce terrain glissant. L’humour de La Maison-Bleue est souvent niaiseux, mais tout de même drôle. Cette comédie volontairement caricaturale n’essaie pas de se faire passer pour subtile et recherchée. Coup de cœur pour Myriam Leblanc dans le rôle de la très cynique commentatrice Caroline Dumas.

Guy Nadon et Anne-Marie Cadieux dans <em>L</em><em>a Maison-Bleue</em>.
  • L’AVENIR NOUS APPARTIENT, Télé-Québec, 7/10

Il y a un filon intéressant dans la quête de Monic Néron et d’Émilie Perreault : chercher les solutions plutôt que d’insister sur les problèmes. De prime abord, l’avenir se conjugue au passé dans plusieurs reportages tournés l’été dernier. Dans une crise comme celle qu’on vit, certains faits sont vite datés. Le procédé permet néanmoins de constater (ou pas) l’évolution des choses. Les rencontres avec Régis Labeaume et Valérie Plante étaient révélatrices.

Il y a un filon intéressant dans la quête d’Émilie Perreault et de Monic Néron.

Les séries sur l’amitié masculine sont assez rares, alors qu’on l’a beaucoup vu pour les femmes. Mais j’ai du mal à embarquer dans les histoires un peu (beaucoup) mononcles de ces cinquantenaires. Tous les personnages féminins sont antipathiques. Un gars qui se fait mettre dehors par sa blonde avec ses sacs de vidange, on a déjà vu ça 1000 fois. Reste la scène où Christian Bégin fait une scène dans la salle d’urgence d’un hôpital, certainement un bon exercice de défoulement collectif.

Est-ce parce qu’on est en pandémie que les intrigues très sombres de ce téléroman m’apparaissent d’une incroyable lourdeur? Les habitants de Sainte-Alice mériteraient certainement de respirer un peu.

  • DRÔLES DE VÉRONIC, TVA, 5,5/10 

Le grand défaut de ce nouveau rendez-vous humoristique : la faiblesse des textes. Dans ses divers personnages, Véronic DiCaire livre la marchandise. J’ai aimé la parodie de Chambres en ville, les auditions pour L’amour est dans le pré et l’imitation de Céline, mais ça s’arrête là.

Catherine Chabot, Véronic DiCaire, Josée Deschênes et Éric Bernier dans <em>Drôles de Véronic</em>.
  • SANS RANCUNE, TVA, 5,5/10

Le concept de ce nouveau variété de Pier-Luc Funk est un peu brouillon et les textes, assez faibles. Pas un coup de coeur pour moi. Sans rancune?

Pier-Luc Funk et Pierre-Yves Roy-Desmarais dans <em>Sans rancune</em>.

Dire que ce café du mardi soir goûte un peu l’eau de vaisselle relève de l’euphémisme. On a voulu recréer un succès, mais le résultat semble daté, comme si on avait ressorti de vieilles VHS d’une boîte de déménagement. Sylvie Léonard nous arrache quelques sourires, mais c’est encore trop peu pour nous maintenir accroché.

Sylvie Léonard nous arrache quelques sourires dans <em>Caméra café</em>, mais c’est encore trop peu.

BIG BROTHER CÉLÉBRITÉS, Noovo, 3/10 

Des jeux insignifiants, un décor ultra kitsch aux couleurs criardes, des candidats qu’on qualifie prétentieusement de célébrités et qui chuchotent même s’ils sont dans un manoir de 28 000 pieds carrés. Le jeu se targue d’encourager l’entraide et la solidarité, mais mise bien davantage sur les complots, les mensonges et les trahisons — je sais, c’est ça le jeu. Ajoutez à cela un boys club qui décide de tout et un diffuseur incapable de prendre ses responsabilités, qui laisse s’enfoncer une candidate aux propos racistes parce que «ça va faire jaser». Il y avait bien la très divertissante Rita Baga, mais on l’a évincée. Reste Marie-Mai qui tente d’amener un peu d’humanité dans tout ça. Gros succès, on en a sûrement pour des années.

Marie-Chantal Toupin dans <em>Big Brother célébrités</em>