Le concept de La table de Kim est franchement sympathique. D’une infinie générosité, Kim Thúy met en valeur ses invités.

Les secrets d’une Vietnamienne

CHRONIQUE / Quand Kim Thúy reçoit dans sa maison du Vieux-Longueuil, on peut s’attendre à un maelstrom d’idées durant le repas. Mais aussi à un festival de saveurs vietnamiennes, qui vous ouvriront assurément l’appétit. Même si elle a déjà eu son resto et signé «Le secret des Vietnamiennes», «La table de Kim» n’est pas une émission de cuisine, mais bien de conversations sans prétention autour d’un repas. Une sorte de croisement ludique entre «Parler pour parler» et «Curieux Bégin», mais menée par la pétillante Kim Thúy, dans son environnement chaleureux.

L’idée de la série est partie de l’amitié de la romancière avec la conceptrice Ève Déziel, qu’elle a déjà reçue chez elle. Pourquoi ne pas reproduire à la télé ces soirées privées où Kim Thúy mêle volontairement des gens de tous horizons? C’est ce que KOTV a fait pour ces six premières émissions, diffusées sur ICI ARTV à partir du vendredi 3 janvier à 20h.

Pas une émission de cuisine, d’abord que la plus québécoise des Vietnamiennes ne cuisine pas et ne donne pas de recettes. Un chef qu’on ne voit pas s’en charge, et même ses parents qui habitent à côté, et qui ont le secret d’un bon bouillon vietnamien. Anne Dorval, qui en fait une fixation depuis le tournage du film 14 jours, 12 nuits au Vietnam, a le privilège de goûter au précieux bouillon dans la première émission, avant que viennent la rejoindre Élisapie Isaac, la chef d’orchestre Jean-François Rivest et l’historienne Evelyne Ferron. À la table de ces artistes peuvent se joindre un anthropologue, une ethnopsychiatre, une philosophe ou même un cardiologue et une juge.

On apprend entre autres qu’Anne Dorval est morte de trac avant d’entrer sur scène, au point de manger un citron entier pour se donner plus de salive. Ou alors de faire boire ses étudiants avant le cours, la toute première fois qu’elle a enseigné à l’École de théâtre. Beaucoup aimé entendre Jean-François Rivest raconter comment les compositeurs signent leur nom dans leurs œuvres, à partir des lettres données aux notes de musique en anglais. Quand ce n’est pas leur nom, comme pour Bach, c’est pour une femme qu’ils ont aimée, comme l’a fait Chostakovitch dans sa 10e Symphonie. À travers tout ça, on boit du thé soigneusement séché depuis... 100 ans, dans la précieuse porcelaine des grands-parents de l’hôtesse.

Le concept ne réinvente pas le genre, mais c’est franchement sympathique. D’une infinie générosité, Kim Thúy met en valeur ses invités. Dans les semaines suivantes, se mêleront dans différents dîners René Richard Cyr, Michel Rivard, Natasha Kanapé Fontaine, Virginie Fortin, Louise Deschâtelets, André Sauvé, Sylvie Léonard, Boucar Diouf, Luc Dionne, Pierre-Yves Lord et Christian Bégin. Chacun d’entre eux doit apporter un objet selon un thème différent chaque semaine, de l’amour à l’enfance, la famille et les rituels.

Par ailleurs, j’ai regardé J’aime Hydro, qu’ICI ARTV a présentée en format de deux heures trente lundi soir dernier. Une œuvre théâtrale qu’il faut voir absolument, et qui a été, pour une fois, formidablement captée pour la télé par Fair-Play. Dans ce théâtre documentaire, Christine Beaulieu se pose des questions que nous devrions tous nous poser. ICI Télé la présentera en tranches d’une demi-heure du lundi 23 au vendredi 27 décembre à 21h30.