Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Émilie Perreault et Monic Néron
Émilie Perreault et Monic Néron

L’avenir nous appartient: le nouveau duo de Télé-Québec

CHRONIQUE / On le sait : Les francs-tireurs feront leurs adieux en décembre, après 23 ans à l’antenne, un choix du diffuseur. Qui leur succédera en janvier? Deux femmes, Émilie Perreault et Monic Néron, dans un concept qui promet le meilleur, L’avenir nous appartient, une des grandes nouveautés de la programmation automne-hiver de Télé-Québec, dévoilée à la presse mercredi.

On parle ici d’un grand magazine inspiré du journalisme de solutions, qui propose un portrait de société à partir de ce qui fonctionne bien, de ce qui a fait ses preuves, plutôt que par ce qui va tout de travers. On est moins dans la polémique que dans ce qui peut nous inspirer. Le concept a beaucoup allumé le nouveau directeur général des programmes de Télé-Québec, Richard Haddad, arrivé tout droit de TVA. On a vu quelques images de l’émission pilote, où on rencontre un jeune homme qui s’en est sorti grâce à la Direction de la protection de la jeunesse, pointée du doigt plus souvent qu’autrement pour ses multiples ratés.

Les deux femmes se sont connues à la radio et sont devenues des amies très proches, en plus de travailler à un documentaire sur les victimes d’agressions sexuelles, toujours en cours de production. Sur papier, le concept de L’avenir nous appartient fait un peu «lunettes roses», mais je serais étonné que ce duo chevronné se limite à des bons sentiments. Le moins que l’on puisse dire, c’est que Monic Néron aura une grosse année. En plus de cette nouveauté, elle se joint comme collaboratrice à l’émission Dans les médias, en plus de succéder à Patrick Lagacé à Deuxième chance avec Marina Orsini cet hiver sur ICI Télé.

Outre le duo Perrault-Néron, Deux hommes en or se voit aussi gratifiée d’une touche féminine, avec la présence de Rosalie Bonenfant, nouvelle collaboratrice dont la contribution reste à définir, mais qui ne sera pas que figurante. Autre changement majeur : l’émission de Patrick Lagacé et de Pierre-Yves Lord sera désormais présentée en direct, le vendredi à 21h. Comme l’an dernier, le talk-show ne sera en ondes qu’à partir de janvier. Y’a du monde à messe tient le fort jusqu’à Noël, culminant dans une émission spéciale des Fêtes.

Un des points forts à cette antenne : les docu-réalités. À commencer bien sûr par l’incontournable De garde 24/7, le titre le plus populaire de l’antenne avec une moyenne de 264 000 téléspectateurs pour sa première diffusion, et qui a inspiré plein d’autres concepts depuis. L’émission revient pour une sixième saison, en pleine pandémie, alors que les médecins de l’hôpital Maisonneuve-Rosemont ont dû filmer eux-mêmes, compte tenu des circonstances. La crise occupera les trois premiers épisodes, le jeudi à 20h, dès le 10 septembre. Retour aussi de 180 jours pour une dernière saison, à l’hiver.

Deux nouveautés dans la même veine : Nos élus, une idée de Martine Forand, conjointe de Bernard Drainville, qui suit le quotidien de députés des quatre formations politiques provinciales. Le jeudi à 20h à partir du 19 novembre. Question de démystifier le travail des agents de la paix, le Service de police de la Ville de Québec a permis aux caméras de les suivre dans l’exercice de leurs fonctions, pour la série Police en service, qu’on verra cet hiver. Dans les deux cas, les premières images donnent vraiment envie de voir la suite.

Télé-Québec a bien joué son rôle de gardienne au plus fort du confinement, en développant en trois semaines trois quotidiennes éducatives, qui ont obtenu beaucoup de succès auprès des écoliers. Les rares retards de diffusion occasionnés par la pandémie concernent les fictions, dont M’entends-tu? La troisième et dernière saison de cette excellente série de Florence Longpré devait entrer en ondes en janvier, mais a été repoussée au printemps. Pour les nouveaux épisodes de Passe-Partout, il faudra attendre à l’hiver.

Les mutants, qu’on avait annoncé pour le printemps dernier, a commencé lundi à 18h30. Une quotidienne, du lundi au vendredi, avec Rémy Girard en grand-papa un peu bougon, qui accueille ses deux petits-fils pour l’été. L’un d’eux souffre d’anxiété et doit faire face à ses peurs quand une famille de mutants fait son apparition.

Je suis un fan fini de Kebec, la série historique de Noémi Mercier. Bonne nouvelle : une troisième saison est prévue pour le printemps, avec 24 nouvelles thématiques, dont le crime, l’après-guerre et l’environnement. En plus d’accueillir Monic Néron et Vanessa Destiné comme collaboratrices, Dans les médias compte sur de nouveaux chroniqueurs le jeudi à 21h : Marie-France Bazzo, Luc Ferrandez, Monique Jérôme-Forget, Amir Khadir et Laurence Mathieu-Léger. En vrac, d’autres titres de retour : Cette année-là, Ça vaut le coût, Belle et Bum (pour une 18e saison!), Un chef à la cabane, Format familial, Génial!, L’indice Mc$ween, Moi j’mange, et Like-moi! pour une dernière saison. 

Le catalogue de documentaires de Télé-Québec impressionne toujours. Quelques titres : Globésité, sur le surpoids qui touchera la moitié de la population dans 10 ans; Génération écrans, génération malade, sur la dépendance aux écrans qui touchent enfants et ados; et Les poussières de Daech, suite de T’es où Youssef, où le journaliste Raed Hammoud et Leïla, sœur de Youssef, partent en Syrie pour retrouver la fillette de ce jeune Québécois d’origine marocaine, qui s’était radicalisé en joignant les rangs de Daech. Ce dernier documentaire est diffusé mercredi prochain à 20h.

Vous êtes nombreux à vous interroger au sujet d’Homeland, dont la saison finale n’a toujours pas été diffusée. Elle est enfin doublée en français, mais n’arrivera sur les ondes qu’à l’hiver. Encore un peu de patience. Deux autres séries étrangères dont on nous dit beaucoup de bien sont prévues : Unforgotten : le passé déterré, le mardi à 21h, sur un duo d’inspecteurs, une femme et un homme, qui enquêtent sur des affaires non résolues à Londres; et au printemps, le thriller Secrets de famille, sur un clan singulier qui semble avoir beaucoup de squelettes dans son placard.

Le mieux pour tout savoir de la programmation, c’est de regarder Curieuse rentrée, la grande émission spéciale du vendredi 4 septembre à 21h, animée par Christian Bégin, de sa terrasse, avant son retour à Curieux Bégin l’hiver prochain.

Au fait, le diffuseur public a reçu un financement de 3 millions de dollars par année pour les cinq prochaines années, destinés à la captation de spectacles, autant de théâtre, de danse que de musique. Une façon d’appuyer le milieu des arts et de permettre au public de garder contact, à défaut d’y être en personne. C’est au moins ça.