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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
Tout au long de ce Grand spectacle de la fête nationale, on avait seulement envie de dire haut et fort: ramenez la mer de monde, les drapeaux géants qui flottent, l'euphorie!
Tout au long de ce Grand spectacle de la fête nationale, on avait seulement envie de dire haut et fort: ramenez la mer de monde, les drapeaux géants qui flottent, l'euphorie!

Fête nationale: un «moyen party»

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CHRONIQUE / Pour une deuxième (et espérons dernière) année, on avait mis le paquet pour nous faire oublier l'absence de public, que le spectacle n'était pas en direct: une immense scène, devant le Manoir Richelieu dans Charlevoix, avec plus de 200 artistes, sur les quatre grands réseaux en même temps.

N'empêche, tout au long de ce Grand spectacle de la fête nationale, on avait seulement envie de dire haut et fort: ramenez la mer de monde, les drapeaux géants qui flottent, l'euphorie!

Disons que l'ambiance, beaucoup trop tranquille, jurait avec le spectacle réjouissant de l'an dernier à Trois-Rivières. Encore plus avec l'effervescence des partisans du Canadien autour du Centre Bell jeudi soir.

Ouverture tout en douceur, inspirée par Neiges d'André Gagnon, disparu en 2020. Tous au piano chacun de leur côté, Alexandra Stréliski, Gregory Charles et Pierre Lapointe nous ont offert de magnifiques panoramas, aux Îles-de-la-Madeleine, en Gaspésie et à Tadoussac, accompagnés par l'Orchestre symphonique de Québec.

Le discours patriotique, qu'on appelle désormais «discours de fierté nationale», était porté par six voix, celles de Janette Bertrand, Kim Thúy, Daniel Boucher, Mylène Paquette, le Dr Stanley Vollant et Fabrice Vil, de générations et d'horizons différents. «On est plus forts ensemble, plus forts que jamais!», a conclu avec vigueur notre Janette nationale.

Pour symboliser le ras-le-bol collectif, on y est allé d'un medley de défoulement, commencé par Robert Charlebois avec Le violent seul (S'chut tanné), pas sa plus connue, jusqu'à Tout le monde est triste de Stefie Shock. Charlebois allait plus tard finir avec son Mur du son, sous les feux d'artifice.

On ne pouvait évidemment pas ignorer Quand les hommes vivront d'amour, du grand Raymond Lévesque, décédé en février, reprise ici par un duo féminin, Johanne Blouin et La Bronze. Mario Pelchat a offert une formidable interprétation des Gens de mon pays de Vigneault, s'illustrant plus tard en choeur avec La dame en bleu de Michel Louvain, accompagnée par l'OSQ... et par Louvain lui-même. Un des beaux moments de la soirée.

Il n'y avait qu'une artiste pour enflammer réellement la scène, vers 21h30: Marjo, arrivée par hélicoptère, un peu à bout de souffle mais toujours le rock dans le sang pour reprendre Illégal.

Après la controverse de 2020, il ne manquait pas de drapeaux dans notre écran cette année: les artistes ont donné le spectacle devant une plantation de fleurdelysés. Hélas, les projections sur le Manoir Richelieu étaient plutôt sombres dans notre écran, tout comme cette immense scène, qui aurait gagné à être mieux éclairée.

Tout ça était un peu statique et manquait parfois un peu d'âme et de party. Chaque segment se concluait dans un silence qui ne m'avait pas frappé l'an dernier, peut-être parce qu'on avait misé sur plus d'intimité.

On sentait moins de symbiose entre les artistes que l'année dernière. C'était moins une affaire de distanciation que de cohésion et de jumelages pas toujours heureux. Un spectacle a besoin de leaders; l'idée de confier la coanimation à Charlotte Cardin, Coeur de pirate, Louis-Jean Cormier, Corneille, Samian et Sarahmée, qui ont au final très peu parlé chacun, n'était peut-être pas la meilleure.

À Trois-Rivières en 2020, le grand spectacle avait offert un point de vue majestueux sur la région. Jeudi soir, bien honnêtement, on aurait pu avoir enregistré le spectacle n'importe où sans qu'on sache qu'on était à La Malbaie, face au fleuve, dont on ne sentait pas du tout la présence. Il a fallu attendre 21h15 pour avoir une magnifique image aérienne des lieux.

En début de soirée, Louis-Jean Cormier avait annoncé un «moyen party». Souhaitons-nous un «méchant gros party» pour l'an prochain.

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