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Richard Therrien
Le Soleil
Richard Therrien
La relation de Victor (Michael Cimino) avec Benji (George Sear) est enfin assumée, quoique ce n'est pas aussi simple; l'annoncer à toute l'école constitue la prochaine étape.
La relation de Victor (Michael Cimino) avec Benji (George Sear) est enfin assumée, quoique ce n'est pas aussi simple; l'annoncer à toute l'école constitue la prochaine étape.

Avec amour, Victor: être enfin soi-même

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CHRONIQUE / Il n'y a encore pas si longtemps, un tas d'ados ne se reconnaissaient pas dans les histoires de prince charmant qui réveille la princesse en l'embrassant. Un cliché du passé, que les livres de contes nous ont incrusté dans la tête depuis des millénaires.

Est arrivé en 2018 le charmant long métrage Avec amour, Simon (Love, Simon), dans lequel un adolescent en quête d'identité finissait par déclarer son amour à un autre garçon. L'oeuvre adaptée d'un roman, qui s'adressait au grand public, a été saluée autant par la critique que par les spectateurs, avant d'inspirer une série, Avec amour, Victor, dont la deuxième saison arrive sur Disney+, à raison d'un épisode par semaine.

Le Simon du film, joué par Nick Robinson, passe donc le flambeau à Victor (attachant Michael Cimino), un adolescent latino-américain, dont la famille s'installe dans la ville d'Atlanta. Il voit son arrivée au collège de Creekwood comme l'opportunité d'être enfin lui-même, lui qui se questionne aussi sur son orientation sexuelle, une réflexion faussée par un tas de facteurs extérieurs.

Le sujet de l'identité sexuelle à l'adolescence a maintes fois été abordé à travers d'autres intrigues, mais comme thème central d'une série grand public, c'est plutôt inédit. On ne peut qu'applaudir.

Si vous n'avez pas vu les 10 premiers épisodes l'année dernière, je vous suggère de revenir plus tard à cette chronique, consacrée aux 10 suivants, que j'ai dévorés d'un trait. Là où la première saison se montrait plutôt gentille, la seconde va plus loin et ose. Les rapports sont plus profonds et les réflexions, plus adultes.

La première saison se concluait avec le coming out de Victor, un événement qu'on espérait depuis le jour 1. Encore fallait-il que l'adolescent soit certain de ce qu'il ressentait pour Benji, le barista de ses rêves. Sa petite amie Mia les ayant surpris en train de s'embrasser, le reste a suivi un peu précipitamment.

On le sait, les coming out se font de plus en plus tôt, et c'est tant mieux. Ces jeunes perdront moins de temps à se cacher, à nier leur nature profonde. Mais ce n'est pas facile pour autant, surtout pour un garçon d'une famille très croyante, pour qui il a toujours été l'enfant parfait à qui tout réussit.

La relation avec Benji est enfin assumée, quoique ce n'est pas aussi simple; l'annoncer à toute l'école constitue la prochaine étape. Outre quelques coéquipiers de basket récalcitrants, qui craignent une présence gaie au vestiaire, Victor voit que les choses se passent mieux que prévu.

C'est plus difficile à la maison: sa mère part de loin, traînant une éducation religieuse bien incrustée, entretenue par un prêtre tout ce qu'il y a de plus rétrograde. Tout au long de la saison, on la verra se défaire péniblement de ses mauvais plis, tout en tentant de préserver son couple, qui bat de l'aile.

Comme son frère et sa sœur, le «fils parfait» constatera que ses parents ne correspondent pas au couple idéal qu'il s'était imaginé depuis l'enfance.

De nouveaux personnages font leur apparition, dont Rahim, jeune gai de famille musulmane, à qui Victor sert à son tour de mentor. Ce personnage, il va sans dire, n'arrive pas là pour rien.

On fait aussi la connaissance de la mère de Felix, le voisin de Victor, aux prises de graves problèmes de santé mentale, une lourde responsabilité pour un adolescent, qui devient en quelque sorte un parent pour sa mère. La relation naissante de Felix avec la pétillante Lake pourrait en être affectée.

Victor et Benji (Michael Cimino et George Sear) peuvent enfin vivre leur amour au grand jour.

Avec amour, Victor a beau aborder un sujet plus rare en séries d'ados, du moins comme thème principal, elle n'en conserve pas moins les codes du genre. Cette deuxième saison donne lieu à plusieurs scènes très touchantes. J'en profite pour souligner la force des personnages secondaires, qui ont tous leur importance.

Le personnage de Simon, avec qui Victor entretient une correspondance assidue et qui agit en quelque sorte comme confident, est plus effacé au cours de la deuxième saison; normal, Victor prend de l'assurance, sait davantage ce qu'il veut.

La série démontre à quel point les réactions de l'entourage, des amis comme de la famille, sont déterminantes dans l'acceptation de l'identité sexuelle, quelle qu'elle soit. Tant d'énergie gaspillée à vouloir plaire à tout le monde plutôt qu'à soi, à en oublier son propre bien-être. En cela, la série devrait être vue par les parents autant que par leurs ados. Ça reste une fiction, souvent prévisible et à l'eau de rose, mais néanmoins le portrait d'une réalité.

La fin, qui laisse une question sans réponse, annonce certainement une troisième saison. Sinon, croyez-moi, les fans ne cacheront pas leur colère!

Sur ces mots, je vous laisse pour quelques semaines de vacances et vous souhaite un superbe été de petits et moyens partys!

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