<em>La faille</em>: Maripier Morin disparaît de l'affiche

RICHARD THERRIEN

La faille: Maripier Morin disparaît de l'affiche

BLOGUE / TVA, qui a commencé à promouvoir la diffusion de La faille à son antenne cet automne, a fait disparaître Maripier Morin de l'affiche, sur sa page Facebook. Seuls les visages des acteurs Isabel Richer et Alexandre Landry ont été conservés.

Maripier Morin, qui s'est retirée publiquement après avoir été la cible d'allégations d'inconduites sexuelles, y joue la fille du personnage d'Isabel Richer dans cette série de Frédéric Ouellet. Ce qui est un peu étrange, c'est que plusieurs autres photos de La faille, où n'apparaît pas Maripier Morin, auraient pu être utilisées pour illustrer la série.

La faille, qui a obtenu beaucoup de succès sur le Club illico en plus d'avoir été encensée par la critique, avait disparu de la plateforme numérique durant quelques jours, avant d'y effectuer un retour. Les associations de réalisateurs et d'auteurs avaient réclamé qu'on la ramène, considérant qu'une telle décision pénalisait autant le public que les personnes impliquées dans la création de la série.

Une deuxième saison de La faille a déjà été annoncée, présumant que l'actrice serait remplacée, bien que rien n'ait été confirmé à ce sujet. TVA également retiré de ses plateformes l'émission Studio G, alors que Bell Média a fait disparaître Mais pourquoi?, Maripier et Code C. Maripier Morin a également perdu ses contrats publicitaires dans la foulée du scandale.

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Richard Therrien
Le hockey qu’on aime moins

Télé

Le hockey qu’on aime moins

CHRONIQUE / L’intérêt autour du Canadien en plein mois d’août montre à quel point on aime notre hockey. Mais de l’intérieur, ce sport reste encore aujourd’hui le plus ridiculement conservateur, le plus soucieux de son image. «J’ai jamais vu quelque chose de plus hermétique qu’un vestiaire de sport professionnel», dira le journaliste Robert Frosi.

Meilleur exemple, l’homosexualité reste un des tabous les plus persistants dans le monde du hockey. Et ce n’est pas prêt de s’arranger, si on en croit le premier épisode de la série documentaire Intouchables, qui commence ce soir à 20h sur ICI Télé, alors que le Festival Fierté MTL bat son plein virtuellement. Marie-Claude Savard, qui a couvert le sport durant plus de 15 ans, entre autres à Salut bonjour, tente durant ces quatre épisodes de briser l’épaisse carapace du hockey professionnel. Un exercice laborieux mais pertinent, dénué de toute complaisance, qui arrive à point.

Richard Therrien
<em>Faits divers</em>: Narcos Mascouche

Télé

Faits divers: Narcos Mascouche

CHRONIQUE / La troisième saison de Faits divers avait atteint des sommets dans l'insolite avec le «crossage» des dindons et le kidnapping par des extraterrestres. Avec comme point de départ l'assassinat d'un mariachi en plein spectacle et une importante saisie de cocaïne au Vieux-Port de Montréal, la quatrième et ultime saison s'annonce tout aussi divertissante. Cette fois, l'équipe de Constance Forest devra composer avec un cartel mexicain à Mascouche.

On a profité mardi du début de tournage des six derniers épisodes pour dévoiler la galerie de personnages qu'amène cette nouvelle enquête. Autour de notre escouade préférée et de leur entourage, apparaît Simon Lacroix (Éric dans Lâcher prise), qui incarne cette fois Albert Scott-Ducharme, un animateur de radio intello de droite, au centre de l'histoire bien malgré lui. La productrice Sophie Deschênes n'a pas voulu me dire si le personnage est inspiré de réels animateurs de radio, mais j'ai compris que oui. «On voulait quelqu'un avec des opinions, qui n'a pas la langue dans sa poche et très coloré», m'a-t-elle dit. Pour sa part, Éric Bruneau tient le rôle de Dany, entrepreneur et «caïd de la vitre teintée», alors que Myriam Fournier incarne son épouse Krystelle, qui gère un crématorium de petits animaux. Déjà, on jubile.

Puis, surprise: Faits divers compte sur la présence de Paul Houde dans le rôle de l'animateur vedette de la station où travaille Albert Scott-Ducharme, qui fera quelques apparitions. «Un petit rôle mais tout de même important», précise Sophie Deschênes. Comme tout cartel mexicain qui se respecte, celui de Lanaudière aura son chef cruel, El Gallo, «mon El Chapo à moi», m'a dit l'autrice Joanne Arseneau, qui a beaucoup lu sur le célèbre trafiquant pour créer ce personnage. Il va sans dire qu'elle a parsemé son écriture de quelques mots espagnols.

«C'est encore la rencontre d'univers qui, à première vue, n'ont aucun lien possible entre eux. C'est la beauté de l'écriture de Joanne: comment un gars comme Albert Scott-Ducharme se ramasse en plein cœur d'une histoire aussi rocambolesque? Vous allez voir, ça décolle fort. Et attendez de voir les looks!» lance Sophie Deschênes.

En plus d'Isabelle Blais, Émile Proulx-Cloutier, Patrick Hivon, Guy Nadon, Fred-Eric Salvail, Maxime Mailloux et Emmanuelle Lussier-Martinez, tous de retour, Dominique Leduc, Joanie Martel, Mélanie Pilon, Hugo Dubé, Louis-Philippe Dandenault, Marie Brassard et Hugo Giroux apparaîtront aussi au générique. Comme un vent de fraîcheur et de diversité, vous verrez plusieurs nouveaux visages dans ce quatrième chapitre. Des noms comme Arturo Oliva, Reda Guerinik, José Zapata, Martin Oliva, Juan Grey et le boucher de Mafia Inc., Domenic DiRosa.

À l'image des tournages de fictions qui se sont mis en branle depuis un mois, Sophie Deschênes est agréablement surprise de voir à quel point tout se passe bien, malgré les règles de distanciation à respecter. «Comme on sait maintenant que ça va bien sur les plateaux, c'est rassurant pour les techniciens comme pour les acteurs. Les règles sanitaires sont prises au sérieux par tout le monde.»

L'autrice Joanne Arseneau, en pleine écriture de cette saison quand la pandémie s'est déclarée, a tout naturellement adapté son scénario à la situation. Pour tout dire, une seule scène a dû être retirée, et c'était une scène d'amour. «En même temps, Faits divers ne repose pas sur la sensualité», fait remarquer l'autrice. Les quarts d'heure quotidiens de tournage rapproché permettront les scènes de bagarre et de contacts physiques. Vous apercevrez aussi quelques masques.

Petit rappel: Constance (Isabelle Blais) était enceinte de Fred (Émile Proulx-Cloutier) à la fin de la troisième saison, même si elle était tentée de retourner vers Sylvain (Patrick Hivon). Alors que la quatrième commence huit mois plus tard, le bébé est né. Pour savoir si elle s'est enfin branchée, il faudra attendre les nouveaux épisodes, disponibles sur l'Extra d'ICI Tou.tv avant d'apparaître sur ICI Télé, au cours de la prochaine saison.

Grosse semaine pour Sophie Deschênes, puisqu'elle reprend samedi le tournage de la sixième saison des Pays d'en haut, qui se poursuivra jusqu'en octobre. Rappelons que le dernier épisode finissait sur un coup de feu, qui a laissé Séraphin entre la vie et la mort...

Julie et ses Talents bleus

RICHARD THERRIEN

Julie et ses Talents bleus

BLOGUE / Le concours de talents de La semaine des 4 Julie prend de l'ampleur, même qu'il faut désormais parler des «Talents bleus», inspiration directe du Panier bleu du gouvernement Legault. Et ce ne sont plus 10 000 $ mais bien une bourse de 100 000 $ qui sera remise au terme de ce grand concours, rien de moins.

L'équipe de Julie Snyder souhaite voir des talents de partout au Québec se présenter sur son plateau, le mercredi soir dès cet automne sur V, bientôt Noovo. Contrairement à la saison dernière où le vote durait une semaine, c'est en direct que les participants devront épater le public, qui pourra voter le soir même. Un vote gratuit, dont Julie donnera l'issue en direct. «On veut leur donner une vitrine, un tremplin, un élan, un rayonnement, mais aussi de l'argent», affirme Julie Snyder.

Contrairement à d'autres concours, celui de Julie a des règles très larges: aucun âge requis, les participants peuvent vivre ou pas de leur art, être membre ou non de l'Union des artistes, et ne seront liés par contrat d'aucune façon avec la production. Seule condition: préparer un numéro que ce soit en chant, danse, humour, magie, exploits physiques, acrobatie et arts du cirque. «Ça comprend les arts atypiques qui n'entrent dans aucune case. On veut voir ces gens-là aussi», ajoute la productrice Marie-Pier Gaudreault.

Durant 13 semaines, deux candidats de régions différentes s'affronteront chaque mercredi de l'automne, et on recommence pour 13 autres semaines à l'hiver. Deux grands gagnants seront élus lors d'émissions entièrement consacrées aux Talents bleus. La somme de 100 000 $ sera divisée entre les candidats, même si le grand gagnant repartira avec la plus grande part. «L'important pour nous, c'est que tout le monde puisse repartir avec un peu d'argent», explique Marie-Pier Gaudreault. La saison dernière, la victoire est allée à la chanteuse Billie Du Page, fille de la comédienne Julie Du Page, qui a interprété une composition originale.

L'initiative des Talents bleus n'est pas étrangère à la relance actuelle du milieu culturel. «S'il y a un temps où les artistes ont besoin qu'on les aide un peu, c'est bien en ce moment», croit Stéphane Laporte. «Ça vient aussi d'une volonté de montrer d'autres villes que Montréal et Québec dans nos écrans. On voulait montrer tout le Québec», poursuit Julie Snyder, une amoureuse des Îles de la Madeleine. Même s'ils viennent en studio, des portraits nous présenteront les candidats dans leur coin de pays. On peut déjà s'inscrire en envoyant une vidéo à l'adresse: julie.noovo.ca/talents.

En plus des Talents bleus, d'autres segments appréciés du public seront de retour à l'émission, dont la Roue humaine, le Karaoki et Êtes-vous plus intelligent que votre téléphone? «Je sais que Paul Houde veut à tout prix sa revanche cette année!», lance Stéphane Laporte à propos de cette dernière épreuve. De retour le lundi 14 septembre à 21h, La semaine des 4 Julie accueillera de nouveau des spectateurs en studio, en nombre réduit.

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Richard Therrien
Une chanson de Yann Perreau coûte cher à Télé-Québec

Télé

Une chanson de Yann Perreau coûte cher à Télé-Québec

CHRONIQUE / La direction de Télé-Québec était loin de se douter qu’une chanson de Yann Perreau lui porterait malheur. Il se trouve que toute sa campagne promotionnelle pour sa programmation d’automne était bâtie autour de la chanson Humains, et qu’elle a dû être retirée des ondes après la vague de dénonciations qui a emporté l’artiste. En plein été, on a dû concevoir une nouvelle campagne. Et au bout du compte, Yann Perreau a tout de même reçu la rémunération prévue au contrat.

Ce n’est que quelques jours avant la vague de dénonciations, le 30 juin dernier, que Télé-Québec annonçait son association avec l’auteur-compositeur-interprète «pour propulser en musique sa nouvelle campagne promotionnelle “Allons plus loin”». Le message de la chanson créée en 2013 collait tout autant à ce temps de pandémie qu’à la vocation de Télé-Québec : «Seul on peut aller vite. Ensemble, on ira plus loin. Interdépendants. Solidaires. Juste humains.» La campagne devait se poursuivre jusqu’en octobre.

Or, une dizaine de jours plus tard, Yann Perreau était la cible d’allégations d’inconduites sexuelles. Il aurait notamment harcelé une femme dans un bar et envoyé une photo de ses organes génitaux sans consentement à la chanteuse La Bronze. Il s’en est excusé en plus d’annoncer vouloir prendre du recul.

La direction de Télé-Québec n’a pas réfléchi longtemps avant de retirer les deux premiers messages publicitaires, un de 30 secondes, l’autre d’une minute, qui auront été diffusés en tout et partout une seule semaine, et qui devaient être suivis d’une série de nouveaux messages. «On a parlé avec son agent et sa maison de disques, et c’était suffisamment grave pour que les deux se dissocient de l’artiste. On a pris la décision en même temps qu’eux», m’explique la directrice générale des communications et de l’image de marque de Télé-Québec, Nicole Tardif.

Une nouvelle campagne, en ondes depuis quelques jours, a dû être orchestrée en catastrophe. Plutôt que de remplacer Humains par une autre chanson, on a plutôt créé un texte à l’interne, livré par une voix hors champ et accompagné par une mélodie achetée dans une banque musicale. «Les paroles de la chanson étaient la colonne vertébrale de la campagne. Il a fallu revoir le texte au complet. Claude Frigon, notre directeur artistique, qui a une très belle plume, a signé les nouvelles paroles.»

Les séquences où on voyait les vedettes de l’antenne reprendre les paroles de la chanson Humains ont dû être jetées au panier, mais on a choisi de ne pas retourner en studio pour en tourner de nouvelles. «Tout ce qui n’était pas lié à la chanson a été récupéré», assure Nicole Tardif. On a simplement ajouté plus d’images des émissions de la programmation automne-hiver.

Richard Therrien
Le Columbo de Winnipeg

Richard Therrien

Le Columbo de Winnipeg

CHRONIQUE / Ça frappe dès les premières images: un lieutenant à l’allure négligée, mal coiffé, un peu débonnaire, taciturne, maladroit, aux méthodes saugrenues, aimant les mots d’esprit, mais surtout dont on ne se méfie pas assez et qui devient rapidement envahissant. Ne manque qu’un chien et un imperméable. Non, je ne parle pas de Columbo, mais bien de l’antihéros de la série Edgar, disponible sur Crave depuis mercredi. 

Incarné par le Québécois Éric Robidoux (le crosseur de dindons Kevin Fontaine dans Faits divers), Edgar Aquin vit dans une roulotte, se fait regarder de travers par ses collègues, et relève davantage de la caricature que de la réalité. Ça donne une série policière sur le ton de la comédie, qui s’adresse à toute la famille. Lisse et sans malice.

Fait exceptionnel: la série a été tournée au Manitoba, une première pour une œuvre de fiction francophone au pays. Lancés au début d’août, mais appuyés par très peu de promotion, les quatre épisodes disponibles pour l’instant ont été tournés avant la pandémie en plein hiver, avant qu’on reprenne le tournage des quatre derniers le 13 août prochain.

Chaque épisode raconte une nouvelle enquête. Comme dans Columbo, tout commence par le crime, avant qu’Edgar Aquin s’en mêle pour trouver le coupable. Aucun détail ne lui échappe, et surtout, pas toujours besoin de preuves contre le tueur, juste des intuitions, pour lui faire cracher le morceau.

Sincèrement, ce n’est pas de la grande télé, mais je ne me suis pas emmerdé non plus. Tout est dans le plaisir de voir Aquin coincer le meurtrier. Heureusement qu’il peut se fier à son instinct, parce qu’on a des enquêtes bien minces ici, pour ne pas dire bâclées. Ça se résout un peu simplement à mon goût. Il faut dire que les criminels font des erreurs de juniors. Bref, la résolution des crimes n’a pas la subtilité d’un Columbo.

Dans le rôle-titre, Éric Robidoux sauve bien souvent la mise, et rend son personnage attachant. Au premier épisode, Denis Bouchard incarne Henri Douglas, ancien détenu qui reprend du service en dérobant des diamants précieux. Ses motivations sont louables : payer les traitements de chimio de son petit-fils adoré. Mais la manière d’y parvenir n’en demeure pas moins criminelle. J’ai préféré le second épisode, sur le monde du jeu. Dans le rôle d’une as de poker qui élimine le seul capable de la surpasser, Rachel Graton, comme toujours, est excellente. Comme dans Faits divers, elle incarne la folie meurtrière avec un sadisme irrésistible. Vous verrez aussi Paul Doucet jouer un aveugle, les yeux fermés, qui en voit beaucoup plus que ce qu’on pourrait croire.

Comme c’est souvent dans le cas dans les séries francophones produites hors Québec, le niveau de jeu des acteurs est inégal. Les comédiens québécois, qui héritent des rôles principaux, côtoient des collègues franco-manitobains, qui n’ont pas forcément l’expérience de la caméra. On le sent dans les accents, mais aussi dans la crédibilité de certaines répliques. Ça peut agacer. On se réjouit par contre de voir des contrées qu’on ne voit que dans les rares reportages des Prairies aux nouvelles.

Jim Donovan, qui a tourné Le siège et Le clan en Acadie, partage la réalisation avec Danielle Sturk, elle-même de Winnipeg. Alexandre Laferrière, de l’équipe d’auteurs de la série File d’attente, tournée à Québec, et scénariste du très beau film Félix et Meira, signe les textes d’Edgar, coproduite par Zone 3 au Québec et Manito Média au Manitoba.

Gros plan sur la basse-ville

C’est pas parce qu’on pense connaître une ville qu’on la connaît véritablement. Si vous aimez autant que moi la série Kebec à Télé-Québec, vous risquez de vous intéresser à Basse-ville, série documentaire de trois demi-heures que j’ai vu apparaître par hasard sur Fibe TV1, disponible uniquement sur Bell Télé Fibe. De fort beaux portraits pleins d’humanité, brossés par des amoureux des quartiers Saint-Sauveur, Limoilou et Saint-Roch.

Rien de didactique, mais une incursion réelle avec les propriétaires de commerces de proximité, bien ancrés dans leur quartier, des joueurs importants de la vie communautaire ou des rappeurs de Limoilou. Dans chacune des émissions, l’historien Réjean Lemoine retrace les origines des lieux et rappelle que Saint-Sauveur est né du déménagement des ouvriers de Saint-Roch, après le grand incendie de 1845. «Si vous voulez gagner une élection, si vous voulez gagner votre point de vue, vous devez avoir les gens de Saint-Sauveur de votre côté», affirme l’historien sur ce quartier historiquement grouillant d’activité sociale, économique et politique. Il rappelle aussi que le lieu ne payait pas de mine avant les années 80. «Entrer à Québec par le boulevard Charest, c’était entrer par le hangar, on voyait tout ce qu’il y avait de moins beau, de plus laid, de plus décrépi à Québec.» On fait aussi état du long passage à vide de Limoilou, quartier le plus multiethnique de Québec, avant sa réjouissante revitalisation.

Il se peut que les images de citoyens agglutinés, au marché ou dans les rues, vous donnent les bleus de cette période prépandémie. Ou alors vous donnent espoir qu’on y reviendra le plus tôt possible. Pour l’instant, seuls les deux premiers épisodes (Saint-Sauveur et Limoilou) sont disponibles – le troisième, sur Saint-Roch, sera disponible lundi. À souhaiter que les nombreuses fermetures de commerces n’en fassent pas trop vite une série périmée.

<em>Les francs-tireurs</em> feront leurs adieux en décembre

RICHARD THERRIEN

Les francs-tireurs feront leurs adieux en décembre

BLOGUE / L'émission Les francs-tireurs quittera l'antenne de Télé-Québec après 23 saisons. Richard Martineau, qui était là depuis les tout débuts, et Benoît Dutrizac, qui cumulait 15 saisons, feront donc leurs adieux en décembre prochain.

Plus de deux décennies en ondes pour ce titre majeur de la grille de Télé-Québec, c'est tout un exploit. Ce magazine d'affaires publiques qui se voulait provocateur et irrévérencieux avait pris l'antenne à l'automne 1998, brisant les conventions. Richard Martineau et Benoît Dutrizac coanimaient alors cette demi-heure hebdomadaire avec le journaliste Laurent Saulnier. Celui-ci quittera après deux saisons, pour être nommé à la programmation des Francos et du Festival international de jazz de Montréal.

En cours de route, Benoît Dutrizac avait été remercié en 2005 pour avoir tenu des propos controversés sur l'islam et sur ses patrons de Télé-Québec, et remplacé par Patrick Lagacé, qui y restera durant huit saisons. Dutrizac effectuera un retour par la grande porte en 2013.

Depuis 1998, Les francs-tireurs a confronté les grands acteurs de l'actualité, ici comme à l'étranger, des vedettes du spectacle aux politiciens, mais aussi de parfaits inconnus, abordant les sujets les plus délicats et ne craignant pas la controverse. En 2012, Le Devoir faisait état d'un climat de bisbille au sein de l'équipe de l'émission après la diffusion d'un reportage sur CHOI 91,9 FM, la nouvelle radio X de Montréal, qu'avait critiqué Richard Martineau sur les ondes de cette même antenne.

Ce ne sont pas les animateurs mais bien la direction de Télé-Québec qui a pris cette décision, invoquant «un choix de stratégie de programmation». Le diffuseur public se dit néanmoins très fier de ce que cette équipe a accompli. «Nous tenons à offrir aux Francs-tireurs et aux téléspectateurs l’opportunité d'un dernier tour de piste intéressant afin de boucler la boucle de belle façon», m'a-t-on fait savoir aux communications. Une autre émission qui sera dévoilée plus tard viendra remplacer Les francs-tireurs après cette dernière demi-saison, en janvier prochain. Ce choix important arrive quelques mois après la nomination de Richard Haddad, un ancien de TVA, à la direction générale des programmes de Télé-Québec.

Les francs-tireurs sera de retour le mercredi 9 septembre à 21h. Une autre émission de Télé-Québec, Zone franche, coanimée par Isabelle Maréchal et Raed Hammoud, est passée à la trappe après deux saisons. Ce dernier a également annoncé qu'il ne serait plus du panel de l'émission Dans les médias la saison prochaine.

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Julien Lacroix perd ses nominations aux Gémeaux

RICHARD THERRIEN

Julien Lacroix perd ses nominations aux Gémeaux

BLOGUE / L'Académie canadienne du cinéma et de la télévision a informé ses membres qu'elle retirait les quatre nominations de Julien Lacroix, en vue de la 35e édition des prix Gémeaux.

Son nom est donc rayé de la catégorie d'interprétation en médias numériques, et des trois catégories de textes et d'animation pour lesquelles il était finaliste.

«Les nominations pour ses partenaires sont toutefois maintenues», précise l'Académie dans la note envoyée à ses membres, obtenue par Le Soleil.

Le 27 juillet dernier, Le Devoir révélait les témoignages de neuf femmes alléguant des inconduites sexuelles de la part de l'humoriste, dont son ex-conjointe Geneviève Morin. Il a par la suite annoncé qu'il prenait une pause professionnelle pour «faire un travail d'introspection». Puis, Télé-Québec a retiré de sa plateforme numérique la websérie éducative On parle de sexe, dans laquelle il jouait avec Rosalie Vaillancourt. ICI Tou.tv a aussi retiré ses apparitions dans 1res fois et En audition avec Simon.

Maripier Morin a également perdu ses nominations aux Gémeaux de même qu'au Gala Artis, après avoir été la cible d'allégations de harcèlement sexuel.

Aux Gémeaux, Julien Lacroix était nommé entre autres pour la coanimation et les textes de Juste pour rire: Les soirées carte blanche.

Les 35es prix Gémeaux seront présentés le dimanche 20 septembre à 20h, en direct sur ICI Télé, dans une formule qui répondra aux normes de la Santé publique. Véronique Cloutier en sera l'animatrice, alors qu'Arnaud Soly sera l'hôte de L'avant-première en après-midi.

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Richard Therrien
<em>Clash</em>: on reprend les tournages

Arts et spectacles

Clash: on reprend les tournages

CHRONIQUE / Signe que ça se passe bien sur les plateaux de tournage de fictions: après District 31 et Toute la vie, Aetios Productions entreprendra celui de sa série Clash le 24 août prochain. Un marathon de cinq semaines pour compléter la troisième et dernière saison de la quotidienne de Martine D’Anjou, diffusée à Super Écran et VRAK.

Bell Média n’a toutefois pas confirmé de date de diffusion. V, qui devait d’abord offrir une nouvelle fenêtre à la première saison de Clash cet automne, a reporté cette diffusion à plus tard. On sait que l’entreprise souhaite ramener en masse la fiction québécoise sur sa chaîne généraliste, nouvellement acquise.

Richard Therrien
Les enfants de la téléréalité

Télévision

Les enfants de la téléréalité

CHRONIQUE / Cris stridents, rapprochements, français massacré, spa et gros bras... une mine d’or de malaises pour Les enfants de la télé. Les moments pas toujours glorieux d’Occupation double, de Loft Story et compagnie feront l’objet d’une spéciale téléréalité, enregistrée hier au studio 42 de Radio-Canada et diffusée cet automne sur ICI Télé. «Ça va être du bonheur!» prévient André Robitaille, qui entreprend sa septième saison avec sa complice Édith Cochrane.

On y verra deux gagnants de Loft Story, Mathieu Baron et Kim Rusk, capables d’autodérision et dont les carrières ont beaucoup mieux tourné que d’autres. Jay Du Temple, qui animera cet automne OD chez nous, et Marie-Eve Janvier, qui vient de quitter L’amour est dans le pré, seront là aussi. Mais quand on dit téléréalité, on ne parle pas que des émissions de rencontres: Danièle Henkel (Dans l’oeil du dragon), Marie-Mai (Star Académie) et Élyse Marquis (Les chefs!) y participent également.

Richard Therrien
Applaudissez, le public est de retour

Richard Therrien

Applaudissez, le public est de retour

CHRONIQUE / Est-ce que ces images de parterres vides dans les émissions de variétés ne resteront qu’un vague souvenir de pandémie? Il se pourrait bien que oui. Qu’on rappelle l’animateur de foule, parce que différentes productions testent actuellement des tournages devant publics restreints, et ça marche. Après tout, depuis hier, les rassemblements de 250 personnes sont désormais acceptés par la Santé publique, y compris dans les studios de télévision qui permettent le «deux mètres». 

Ainsi donc, des émissions de Bijoux de famille, la nouveauté de Charles Lafortune à TVA (tournée à l’extérieur), et Le prochain stand-up à V, ont été enregistrées devant un nombre réduit de spectateurs, distanciés à moins qu’ils habitent à la même adresse. Bien évidemment, ça fait un public clairsemé, mais c’est mieux que rien. Curieux de voir ce que ça donne visuellement. On regarde aussi les possibilités de recevoir des spectateurs à La semaine des 4 Julie cet automne, en respectant les règles les plus strictes.

Par contre, à Télé-Québec, on semble moins pressé puisqu’on a repris les enregistrements de Génial! sans public, et que l’église de Y’a du monde à messe restera fermée aux fidèles, du moins pour l’instant. On réévaluera cet automne pour Belle et Bum. Même prudence du côté d’ICI Télé, où André Robitaille et Édith Cochrane ont entrepris les tournages des Enfants de la télé lundi, sans public.

Le plus ironique, c’est qu’à mon grand étonnement, vous avez été très nombreux à m’écrire que vous préfériez les formules sans public au printemps; «enfin, on entend ce qu’ils disent», «à quoi ça sert de crier?» et «les invités se sentent moins obligés de performer», me disiez-vous. Ça me rappelle les louanges pour le hockey sans commentaires durant le lock-out à Radio-Canada.

Il est vrai qu’à Tout le monde en parle, l’absence de public durant le confinement imposait une certaine quiétude, plus de réflexion dans les réponses. Et les applaudissements ne nous ont pas manqués un seul instant au spectacle de la fête nationale à Trois-Rivières. Mais je crains que les réactions du public feront terriblement défaut aux Enfants de la télé, où les rires fusent de partout durant toute l’heure. Pensez juste à La Voix, qui s’alimente énormément des acclamations de l’assistance. Pour La fureur, je pense qu’on peut oublier ça...

Heureusement, il n’est pas venu le jour où on ramènera les «rires en canne» de Symphorien. À V, par exemple, Le prochain stand-up, qu’animera Marie-Lyne Joncas, avait absolument besoin du public. De l’humour sans véritables rires, on s’entend que ce serait mortel. Un gag, silence, un autre gag, silence... Paraît que les tournages de Ce soir on char! au Ciné-Parc Saint-Eustache ont été démentiels, tellement le public d’automobilistes était heureux de renouer avec l’humour sur scène, dans un concert de klaxons. Les deux émissions seront de la première grille du «nouveau» V.

En ce qui concerne les séries de fiction, on a cru un temps devoir se farcir des reprises ou uniquement des séries déjà vues sur les plateformes numériques cet automne. Maintenant que plusieurs tournages ont repris, quel portrait peut-on faire de la programmation d’automne sur les grands réseaux? Le producteur André Dupuy dresse un bilan très positif des deux premières semaines de tournage de L’Échappée, qui prendra l’antenne de TVA un peu plus tard qu’à l’habitude cet automne, après la diffusion des six épisodes de Mon fils, excellente série du Club illico. «Il y a un esprit collectif très fort, autant chez les comédiens que chez les techniciens», me dit M. Dupuy. Il admet du même coup que les choses se compliquent lors des scènes à plus de trois ou quatre personnages, qui nécessitent plus de temps et de prudence.

On le sait: une production dispose d’un quart d’heure par jour pour tourner des scènes plus rapprochées, «à moins d’un mètre, sans masque de procédure ni protection oculaire», précise la CNESST. La production de L’Échappée n’a pas encore profité de ce privilège, mais le fera assurément dans les semaines à venir. «Avant d’y avoir recours, il faut que ça vaille la peine, parce que c’est complexe et les règles sont très strictes», affirme André Dupuy. Il précise que seulement quelques comédiens ont été sollicités pour ces scènes particulières, de même qu’une équipe réduite entièrement dédiée à faire respecter les règles.

M. Dupuy ajoute que les téléspectateurs sentiront la pandémie surtout dans les scènes d’hôpital. «On ne veut pas voir trop de masques», précise-t-il. L’auteure Michelle Allen a dû réécrire plusieurs scènes afin de limiter les complications sur le plateau. Pour l’instant, on compte tourner les 24 épisodes prévus. Le producteur convient qu’une nouvelle interruption due à une possible deuxième vague ne fait pas partie des plans. «On avance comme si tout allait bien, on continue de se protéger et on souhaite être épargnés.»

Par ailleurs, alléluia, les tournages de District 31 ont repris, nous assurant des épisodes manqués de la dernière saison, réunis en quatre heures dans la semaine du 7 septembre. Aetios Productions a plus récemment reparti la machine pour Toute la vie, sans date de diffusion pour l’instant. Dans le cas d’Une autre histoire sur ICI Télé, dont les épisodes de l’automne avaient déjà été complétés avant la pandémie, on reprendra le tournage sous peu pour les épisodes de l’hiver. Parenthèse: sachez que le comédien Brandon St-Jacques Turpin, largué par son agence d’artistes après des allégations d’inconduites sexuelles, n’apparaîtra qu’à quelques reprises durant l’automne dans la série de Chantal Cadieux. «Son personnage [de Colin] ne se retrouve pas dans les textes du prochain bloc dont le tournage débute le 19 août, et compte tenu des circonstances, il ne reviendra pas dans la série», m’informe la production par courriel. Entre nous, c’était la meilleure décision à prendre. St-Jacques Turpin jouait aussi dans L’Échappée, mais il était déjà prévu que son rôle de Jérôme ne revienne pas.

Richard Therrien
L’amour qui fait mal

Télévision

L’amour qui fait mal

CHRONIQUE / Deux séries étrangères disponibles en ce moment trouvent leur base dans les méandres complexes de l’amour: l’américaine Love Life, plus légère et même drôle, et l’irlandaise Normal People, qui prend aux tripes. Pour des raisons différentes, les deux méritent votre attention, même si j’ai une légère préférence pour la première.

L’une et l’autre s’étalent sur plusieurs années, se permettant d’importants sauts dans le temps. On parle bien sûr ici de l’amour profond, intense, celui qui fait mal, mais aussi dans ce qu’il a de plus fort et de plus beau, ses malentendus, ses non-dits, qui peuvent bien souvent faire dérailler une relation, ou la faire piétiner durant des décennies.

Richard Therrien
L’étonnante renaissance des ciné-parcs

Richard Therrien

L’étonnante renaissance des ciné-parcs

CHRONIQUE / On a souvent annoncé la mort des ciné-parcs. On était loin de se douter que la pandémie les ramènerait dans l’actualité. Timing parfait : depuis le 5 juin, Historia diffuse le vendredi à 21h l’excellente série documentaire Une vue sous les étoiles, bourrée d’images d’archives, d’anecdotes savoureuses et d’avis d’experts et de maniaques du cinéma en plein air. Une œuvre en huit épisodes de la réalisatrice Joëlle Desjardins Paquette, aux accents nostalgiques bien sûr, mais aussi très ancrée dans le présent et tournée vers l’avenir.

La réouverture des ciné-parcs, accueillie avec beaucoup de cynisme par le milieu culturel, a ravi la clientèle, friande du cinéma dans la garnotte. Au Québec, n’en reste plus que cinq : Saint-­Hilaire, Saint-Eustache, Belle Neige à Val-Morin, Orford et Paradiso à Grande-Rivière. C’est dans les années 80 que les ciné-parcs ont vécu leur âge d’or, avec une quarantaine d’exploitants. Sept-Îles, Trois-Rivières, Saguenay, Val-d’Or, Bonaventure, Grand-Mère, Victoriaville, Saint-Félicien, Montmagny, Laval, Sainte-Luce, Gatineau, Joliette, Drummondville, Val-Bélair, Rivière-du-Loup, Châteauguay, Alma, La Pocatière, Matane et les Îles de la Madeleine, pour ne nommer que celles-là, ont toutes déjà eu leur ciné-parc.

La réouverture tardive des cinémas et des salles de spectacles a entraîné l’implantation de ciné-parcs temporaires, qui présentent des films, mais aussi des spectacles de chanteurs et d’humoristes. Citons le Royalmount sur l’île de Montréal, et d’autres à Vaudreuil-Dorion en Montérégie, Saint-David-de-Falardeau au Saguenay et Vallée du parc en Mauricie, entre autres. À Québec, l’idée a donné lieu à une empoignade entre distributeurs de films et le maire Labeaume, de sorte que les écrans prévus sur les terrains d’ExpoCité et de l’Aéroport international Jean-Lesage à partir du 2 juillet ne seront jamais érigés. La population de la capitale et des environs aurait pu renouer avec le genre, elle qui est privée de ciné-parcs depuis la fermeture du dernier à Saint-Nicolas il y a six ans. Tant pis.

Le Québec a longtemps résisté à l’implantation des ciné-parcs, pourtant créés dans les années 30 dans le New Jersey; le clergé y voyait une source de corruption de la jeunesse. Dans une province étouffée par le conservatisme de Maurice Duplessis, il faudra attendre jusqu’en 1970 pour voir apparaître le tout premier à Saint-Georges-de-Beauce. Il faut dire qu’encore aujourd’hui, certains n’y vont pas que pour voir le film; le propriétaire du Ciné-parc Saint-Hilaire, Kevin Patenaude, trouve toutes sortes d’effets personnels sur son terrain à la fin de la soirée. «On dirait qu’il y a beaucoup d’unijambistes au ciné-parc, parce qu’on retrouve vraiment beaucoup de «un soulier», «une sandale». On pourrait faire une garde-robe de sous-vêtements qu’on a trouvés, des pantalons, des fois des sous-vêtements plus les pantalons, on se demande les gens sont repartis comment chez eux!» raconte-t-il, amusé.

Richard Therrien
Retour des fictions québécoises à V en 2021

Télévision

Retour des fictions québécoises à V en 2021

CHRONIQUE / V s’apprêtait à l’annoncer : sa grille 2020-2021 devait marquer le retour en force des séries de fiction originales québécoises à son antenne, en plus de l’information. L’achat récent par Bell Média donne à la chaîne les moyens de ses ambitions. Or, la pandémie a réfréné ses ardeurs et l’a obligée à reporter à l’année prochaine le retour des fictions.

Jusqu’ici, V nous avait habitués à une série par-ci, par-là. Depuis la fin de Ces gars-là en 2016, plus rien; on disait mettre l’argent ailleurs. Or, le V de Bell Média proposera plusieurs fictions dans les prochaines années, parole de Suzane Landry, vice-présidente, développement de contenu et programmation de langue française. «On veut faire une place importante à la fiction, mais ça va arriver progressivement. On a de bonnes ambitions pour cette chaîne, pour qu’elle devienne une vraie généraliste, qui va rejoindre les intérêts des Québécois. On veut se rapprocher des gens», affirme celle qui a occupé des postes de direction durant plusieurs années à TVA et Québecor Contenu avant de passer chez Bell.

1,9 million pour le spectacle de la fête nationale

Richard Therrien

1,9 million pour le spectacle de la fête nationale

BLOGUE / Plus de 1,9 million de téléspectateurs ont regardé le Grand spectacle de la fête nationale du Québec 2020 sur un des quatre grands réseaux, mardi soir: 824 000 l'ont suivi à TVA, 684 000 sur ICI Télé, 209 000 à Télé-Québec et 193 000 à V.

L'an dernier, 631 000 téléspectateurs avaient vu le spectacle des Plaines à Télé-Québec le 23 juin, alors que 723 000 avaient regardé celui de Montréal sur ICI Télé le 24 juin. Présentée en différé de l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières devant un parterre vide en raison des normes sanitaires, l'édition 2020 bat manifestement tous les records.

Rarement un spectacle de la fête nationale a autant fait l'unanimité, si ce n'est de la faible présence de drapeaux et de fleurs de lys, qui a suscité une certaine controverse. Les organisateurs de la soirée ont reconnu leur erreur.

Il est toujours possible de le visionner sur les sites de Télé-Québec, V, ICI Télé et TVA.

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Richard Therrien
Fête nationale sans public: le party a levé! [PHOTOS]

RICHARD THERRIEN

Fête nationale sans public: le party a levé! [PHOTOS]

CHRONIQUE / On n'allait pas hériter d'un show de la Saint-Jean à rabais, oh non. La version distanciée de notre fête nationale a finalement donné lieu à un spectacle grandiose, Tout le Québec à l'unisson, à l'Amphithéâtre Cogeco de Trois-Rivières. Même sans les grands drapeaux qui flottent parmi la foule, les fêtards qui reprennent par cœur les paroles des chansons, les enfants sur les épaules de leurs parents. Il n'y a pas de doute, même sans tout ça, le party a levé!

«Ce soir, malgré le grand vide, on ressent une grande force, une grande présence, on vous sent ici avec nous», a lancé Ariane Moffatt, qui coanimait la soirée avec Pierre Lapointe. Un duo hors pair, qui avait déjà fait ses preuves l'année dernière. Dans ce spectacle diffusé mardi soir sur les quatre grands réseaux, et produit par Sylvain Parent-Bédard, la touche magique du metteur en scène, directeur artistique et réalisateur Jean-François Blais a opéré de façon magistrale. Je n'ai pas compté, mais il y en avait du monde. Des artistes heureux de prendre d'assaut une scène qui leur a tant manqué, pas du tout refroidis par l'absence de public, dans un judicieux alignement de chansons, des classiques aux succès récents. Oubliez les successions (trop souvent) ordinaires de chansons en solo ou en duo des précédents spectacles; on avait plutôt affaire à des numéros de grande envergure, tirant profit du visuel au maximum. Et on passait tout naturellement du spectacle sur scène aux séquences tournées à l'extérieur. À aucun moment, je n'ai véritablement senti la distanciation physique.

Dans le choix des chansons, on y est allé d'audace pour nous surprendre. Un Roch Voisine généreusement barbu, venu chanter Bobépine, oui, Bobépine, du grand Plume. Deux membres de Beau Dommage, Michel Rivard et Marie-Michèle Desrosiers (particulièrement en voix!), venus reprendre leurs vieux hits, quel bonheur. Repartir à zéro, du répertoire de Joe Bocan, prenait une tout autre dimension, reprise par toutes ces voix. Et cette mosaïque de choristes accompagnant virtuellement Lara Fabian dans Humana.

Richard Therrien
Note parfaite pour le <em>Bal Mammouth</em>

RICHARD THERRIEN

Note parfaite pour le Bal Mammouth

CHRONIQUE / Ça ne remplacera jamais un vrai bal. Mais il y avait quelque chose d'extrêmement réjouissant à regarder ce Bal Mammouth. Une heure pleinement réussie à Télé-Québec, qui arrivait comme un baume sur la déception des élèves de secondaire 5, privés de leur bal de finissants. Mais bon, l'opinion vient d'un grand ado de 48 ans.

Pour respecter les normes sanitaires, «y'aurait fallu faire un bal masqué», a blagué d'emblée Pier-Luc Funk, avant de faire place au meilleur numéro musical de la soirée. Qui aurait cru que Le bal masqué, succès de La Compagnie créole, pouvait sonner aussi actuel, repris par Bleu Jeans Bleu, Sarahmée, Marième, Fwonte et La Bronze? Clin d'oeil rapide de Clémence, du groupe original, qui s'est adressée aux finissants au générique de fin.

Tous les numéros musicaux étaient d'une incroyable qualité. De véritables clips léchés, notamment pour Ciel, le duo de Fouki et Alicia Moffet au parc Jean-Drapeau, jusqu'au numéro final, avec un quatuor formé de Marie-Mai, Claudia Bouvette, Roxane Bruneau et Reginald Bellamy pour Ta reine d'Angèle et Je ne vous oublie pas, du répertoire de Céline Dion.

«On ne peut pas se coller mais ça ne nous empêchera pas de danser!» a lancé Pier-Luc Funk, qui formait un duo parfait à l'animation avec Sarah-Jeanne Labrosse, encore une fois. Après une journée où on a vu défiler sur les réseaux sociaux des dizaines d'anciennes photos de finissants, pour ne pas dire des centaines, les deux animateurs se sont tirés la pipe sur leurs propres photos de l'époque (pas si lointaine!). «T'es déguisée en métaux précieux», s'est moqué Pier-Luc, parlant du «toupet argent» de Sarah-Jeanne et de son «terrible accident de bronzage». Faut croire que personne ne semble content de sa photo de finissant; même Jay Du Temple trouve à redire sur la sienne. Il n'a pas vu la mienne.

Le duo d'animateurs s'est plus tard prêté à un fort sympathique clin d'oeil météo à Rain On Me de Lady Gaga et Ariana Grande. Rosalie Vaillancourt a été hilarante avec son roast à l'intention des profs. «Le secondaire, ça a été les neuf meilleures années de ma vie», a dit l'humoriste, compatissante avec les élèves qui ont vu le décor de leurs profs sur Skype, apprenant du même coup que «ta prof de physique a un poster de Jay Du Temple». Moment émouvant de la soirée: quand l'animateur d'Occupation double est allé souligner les efforts de finissants directement chez eux, leur apportant un message dans un ballon et un montant de 1000$ à chacun d'eux. Bon, la commandite était tout sauf subtile, mais les émotions, elles, étaient vraies.

À peu près tout de ce Bal Mammouth était réussi; on était loin du style Skype qu'on a trop vu dans les derniers mois dans notre télé. La soirée regorgeait de petits moments rassurants: les salutations des grands-parents, les hommages aux profs, les bons mots de Khate Lessard, Laurent Duvernay-Tardif et Mariana Mazza aux finissants, et Phil Roy, qui s'est moqué de ce qu'on peut écrire dans l'album des finissants. Faisant référence à l'année scolaire qui s'achève, que Pier-Luc Funk a qualifiée de «cours de rattrapage intensif sur le vivre ensemble», on a bien sûr évoqué les manifs pour l'environnement et contre le racisme. Voilà d'ailleurs une soirée qui ne manquait pas de diversité, le plus naturellement du monde, à l'image du Québec d'aujourd'hui. À quand ce jour où nous n'aurons plus à saluer ce qui devrait être une évidence?

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Richard Therrien
Moins de fictions et plus de variétés à TVA

Télé

Moins de fictions et plus de variétés à TVA

CHRONIQUE / Après un printemps passablement chambardé dans la programmation, TVA se dit d’attaque pour l’automne. Bien sûr, il y a tout un monde entre la grille originalement prévue et celle qui aboutira en ondes en septembre, mais le diffuseur n’a pas de quoi avoir honte de sa programmation automne-hiver, bien garnie avec cinq nouvelles émissions de variétés. On y ferait même de la place pour le Gala Artis.

Parmi elles: Bijoux de famille avec Charles Lafortune et En studio avec Marc Dupré, déjà annoncées, et qui suivront les dernières émissions de La Voix les dimanches soirs. Dieu merci: au cours d’une rencontre virtuelle mercredi avec les journalistes, le vice-président contenus originaux chez Québecor Contenu, Denis Dubois, a confirmé qu’aucune des nouveautés n’inclura dans son concept des communications par Skype avec les invités, une formule qui a fini par taper sur les nerfs de bien des téléspectateurs. On continuera à en voir aux nouvelles et à Salut, bonjour!, dans des contextes tout de même plus tolérables.

Dans Sans rancune, des représentants d’un même groupe, que ce soit des coiffeuses, des fans du Canadien ou encore des milléniaux, seront l’objet de soirées d’humour, pilotées par un animateur et deux complices, qui n’ont pas encore été désignés. Marie-Ève Janvier aurait bien aimé poursuivre l’animation de L’amour est dans le pré à V tout en prenant la barre d’À tour de rôles, qui marque son arrivée à TVA. «C’était impossible», a confirmé la chanteuse animatrice mercredi au cours de la même rencontre. Il aurait été effectivement bien surprenant que TVA accepte qu’elle reste en lien avec la chaîne rivale de Bell Média.

Pour l’instant, le nouveau talk-show de Patrick Huard, La tour, est prévu à la grille en semaine à 19h, directement contre District 31. Mais je doute fort que TVA envoie son nouvel animateur vedette affronter la série dramatique la plus suivie à la télévision. «Ça pourrait peut-être changer», confirme la directrice principale, chaînes et programmation de Groupe TVA, Nathalie Fabien. La tour, dont l’action se situera dans le loft fictif de Patrick Huard, sera en réalité tourné en studio à TVA.

C’est pour les séries de fiction que ça fera plus mal. Bien que le tournage de L’Échappée ait été confirmé à temps pour une diffusion à partir d’octobre, ce n’est pas le cas pour les nouveautés Alertes et Nous, ni pour L’heure bleue, dont ce sera la dernière saison. «Vous dire le nombre de rapprochements qu’il y aura dans cette série-là. On dénaturerait l’oeuvre en imposant deux mètres de distance à cette production», explique Denis Dubois. La nouvelle production des Beaux malaises avait déjà été prévue pour l’automne. Le vice-président admet que le respect des normes sanitaires sur ces différentes productions entraînera des coûts supplémentaires.

On le sait: TVA a dû très tôt annuler son Gala Artis, d’abord prévu le 10 mai dernier. Mais alors qu’on a annoncé la tenue des Gémeaux en septembre sur ICI Télé, TVA travaille sur une formule du Gala Artis pour récompenser les artistes de la télévision, probablement cet automne. «Nous ferons des annonces plus tard à ce sujet», affirme Denis Dubois, qui ajoute que les sondages pour déterminer les gagnants ont été complétés avant le début du confinement. Alors que Studio G a été mise de côté, on a retardé Révolution à 2021, fort probablement après Star Académie, toujours prévue cet hiver. La grille finale 2020-2021 de TVA sera dévoilée à la presse le 1er septembre prochain.

V prépare son retour à l'information

Douze ans après la fermeture des salles de nouvelles de TQS, Bell Média s’affaire à doter V d’une nouvelle équipe de journalistes. Le dossier est confié à Jean-Philippe Pineault, nommé directeur général de l’information de la future salle de nouvelles. «Avec V, nous voulons devenir un acteur majeur en information dans le paysage télévisuel et numérique du Québec», a-t-il confié par voie de communiqué, conscient qu’il s’agit d’un événement rarissime dans le monde des médias. Jean-Philippe Pineault, qui a occupé des postes de direction à La Presse canadienne et chez TC Média, quitte par conséquent ses fonctions de directeur de l’information chez Cogeco Média. Cette nouvelle arrive deux mois et demi après que la vente de V à Bell Média par Groupe V Média ait été approuvée par le CRTC. Québecor Média s’était adressée au ministère du Patrimoine canadien pour faire annuler cette transaction, une demande qui a été rejetée en début de semaine.

Marie-Ève Janvier quitte <em>L'amour est dans le pré</em> pour TVA

RICHARD THERRIEN

Marie-Ève Janvier quitte L'amour est dans le pré pour TVA

BLOGUE / Marie-Ève Janvier fait son entrée à TVA, où elle animera le nouveau grand plateau de variétés À tour de rôles, dès l'automne.

Elle abandonne du même coup l'animation de L'amour est dans le pré, qu'elle présentait à V depuis 2012.

Dans À tour de rôles, Marie-Ève Janvier recevra chaque semaine deux comédiens qui ont joué ensemble au petit écran des rôles qui ont marqué les téléspectateurs. Ils pourront replonger avec le public dans cette période de leur carrière, à travers des images d'archives.

L'émission est produite par Attraction Images, qui produit également L'amour est dans le pré à V. De retour l'hiver prochain, l'émission devra trouver un nouvel animateur ou une nouvelle animatrice, en plus de nouveaux agriculteurs célibataires.

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Des Gémeaux en direct malgré tout

RICHARD THERRIEN

Des Gémeaux en direct malgré tout

BLOGUE / Les 35es Prix Gémeaux auront bel et bien lieu le dimanche 20 septembre comme prévu, sur ICI Télé, dans le respect des règles de distanciation physique. Et la grande fête de la télévision sera animée en direct par Véronique Cloutier, qui se dit «très excitée à l'idée de repenser la formule du gala dans le contexte actuel».

Ne vaudrait-il pas mieux tout enregistrer plutôt que de courir le risque d'additionner les pépins techniques en pleine télé? Ponctuée de multiples problèmes de communication avec les nommés, l'expérience en direct du Gala Québec Cinéma a été plutôt douloureuse mercredi dernier. Tenue en deux temps, d'abord sur le web, puis en direct à Bonsoir bonsoir!, la cérémonie aura été une interminable succession d'écrans qui gèlent, de propos inaudibles, quand ce n'était pas des délais de transmission. Pour une réunion Zoom, ça passe encore; pour une remise de prix de cinéma, c'est beaucoup plus gênant, même en temps de pandémie.

Prenant exemple sur le bon déroulement de plusieurs émissions de variétés dans les derniers mois, l'Académie canadienne du cinéma et de la télévision insiste pour une diffusion en direct, du moins pour l'instant. «Véronique aime beaucoup le direct et elle en a vu d'autres», explique la directrice générale de l'Académie au Québec, Patrice Lachance, qui cite notamment la spéciale fête des Mères d'En direct de l'univers, diffusée en direct avec succès. L'équipe de production observera sans doute ce que feront le gala des Prix Numix, qui souligne depuis hier l'excellence en créativité numérique québécoise en quatre rendez-vous virtuels, et les Daytime Emmy Awards, diffusés le 26 juin à CBS.

On ne sait pas encore si L'avant-première des Gémeaux, qui provient habituellement du Complexe Desjardins l'après-midi du grand gala, aura lieu comme prévu. Heureusement, la délibération des jurys, qui se tenait déjà en ligne, n'a accusé qu'un léger retard. Le dévoilement des nominations, qui aurait dû avoir lieu jeudi dernier, a été reporté au mois de juillet.

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Richard Therrien
<em>Les chefs!</em>: la victoire du grand guerrier

Télé

Les chefs!: la victoire du grand guerrier

CHRONIQUE / Un explosif. Un grand guerrier au coeur tendre. Un tigre! Les superlatifs fusaient lundi soir au terme d'une finale toute masculine des Chefs!, qui a couronné Camilo Nascimento-Lapointe. Celui qui a marqué cette 10e saison par ses tonitruants «Oui, cheeeeeef!», mais surtout par son immense audace culinaire, a ainsi devancé Guillaume Couture, deuxième, et Sébastien Rémillard, troisième. Et il ne l'a pas volé.

Quelle finale enlevante! Cette épreuve ultime fait figure d'olympiades de la gastronomie: les trois finalistes devaient préparer un menu gastronomique de quatre services pour six personnes en cinq heures, ce qui constituaient 24 plats au total. Aux trois juges habituels, Boulay, Laprise et Vari, se sont greffés trois juges invités, Martin Picard, Helena Loureiro et Baptiste Peupion, qui avaient eux aussi à évaluer les performances des finalistes.

«Je ne pensais pas finir», admet Camilo, qui n'a rien négligé pour impressionner les juges: entrée froide de pétoncles, entrée chaude d'esturgeon, magret de canard comme plat principal, et tartelette au citron. «Eh que j'aimerais pas être le citron», a blagué Martin Picard, devant la vigueur de l'aspirant-chef. Sauf pour les agrumes, tous les ingrédients étaient du pays. «Tu m'as bluffé avec le dessert», lui a dit Jean-Luc Boulay, jusque-là sceptique sur la méthode choisie. «Ça fait longtemps qu'on a eu une finale aussi serrée que ça», a convenu Pasquale Vari.

Sébastien, sous-chef à La Tanière à Québec, n'a pas eu l'occasion de compléter la compétition, éliminé après les entrées; son agneau cru n'avait pas «l'effet wow» recherché par les juges. De son côté, Guillaume venait de passer trois jours à cuisiner du riz – une cinquantaine de fois! –, mais son risotto à l'encre n'était pas assez cuit. Le choix des fraises congelées pour le dessert a irrité Normand Laprise. Somme toute, pas de faux pas majeur lundi soir, et aucun n'a véritablement déçu.

Les finalistes nous auront donné des sueurs froides en fin de parcours, mais n'en récoltaient pas moins les éloges des juges. «On pourrait tous les engager», a lancé la plus indulgente du jury, Helena Loureiro, qualifiant ainsi l'assiette de Guillaume, dont la présentation laissait à désirer: «C'est Picasso, c'est beau!» «Prends-le, mets-le dans l'assiette, on va être beaucoup plus calme», a dit calmement l'animatrice Élyse Marquis au sujet du canard de Camilo, un peu impatiente et surtout craintive de ne pas voir l'aspirant-chef finir à temps. Ce qui n'empêchera pas le jury de se délecter de ce plat.

À 45 minutes de la fin, Camilo n'avait pas encore entrepris son pithiviers, son seul plat qui a connu moins de succès chez les juges, particulièrement Martin Picard. En début d'émission, le propriétaire du restaurant Au Pied de Cochon l'avait qualifié d'«émotif et impatient», des caractéristiques inhabituelles chez lui, réplique le gagnant. «Il a fallu que je sorte le démon en moi, que je n'ai sorti que deux fois dans ma vie. Je ne suis pas tant impatient», se défend Camilo.

Hubert Gagnon, la voix d'Homer Simpson, est décédé

RICHARD THERRIEN

Hubert Gagnon, la voix d'Homer Simpson, est décédé

BLOGUE / Le comédien Hubert Gagnon, qui a été la voix québécoise d'Homer dans Les Simpson, de sa création jusqu'à 2017, est décédé du cancer à l'âge de 73 ans. Il était un personnage majeur de l'industrie du doublage au Québec. Ce sont ses collègues qui ont annoncé la nouvelle sur Facebook.

En 2017, il avait dû cesser le doublage des Simpson pour subir des traitements de chimiothérapie, après 27 ans à prêter sa voix à Homer J. Simpson. Il doublait également le grand-père Abe depuis le décès de Jean-Louis Millette. Le comédien Thiéry Dubé l'a remplacé depuis, dans les épisodes diffusés à Télétoon. «Un des acteurs les plus gentils que je connaisse. Toujours souriant, toujours aidant. Un grand bonhomme», nous a confié l'acteur.

Sa collègue des Simpson, Johanne Léveillé, qui fait la voix de Bart depuis les débuts de la série, écrit ceci sur Facebook: «Je suis très très triste. Le monde du doublage et particulièrement les Simpson vont l'être aussi. [...] Je garderai toujours dans mon coeur celui qui fut mon papa si longtemps. Pour toi Homer, D'OH!»

Hubert Gagnon a d'abord égayé toute une génération d'enfants en tenant le rôle de Picabo dans Les Oraliens, à Radio-Québec au début des années 70. On le verra par la suite au théâtre et dans quelques téléromans, dont Mont-Joye, La Petite Patrie, Monsieur le ministre et 4 et demi... Au cinéma, il est apparu dans le film Les beaux dimanches, de Richard Martin.

Depuis les années 90, il se consacrait presque entièrement au doublage, qu'il a enseigné. Au grand écran, il a été la voix de Robert De Niro, Mel Gibson, Christopher Walken, Nick Nolte, Richard Gere, Steven Seagal et Dennis Quaid, entre autres.

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Richard Therrien
Finale de TLMEP: ça a bien été

Télé

Finale de TLMEP: ça a bien été

CHRONIQUE / «Ça va bien aller.» De rassurante au début, cette devise arc-en-ciel finit par en irriter plusieurs, tout comme l'invitation à «se réinventer». Pendant que le pays se déconfine progressivement, Tout le monde en parle a conclu sa saison prolongée et en direct après avoir gâté son public de cinq émissions supplémentaires.

Martin Petit trouve très dur d'écrire en ce moment, dur de créer de l'humour quand on sent la détresse des gens autour. «Il y a aucun chef d'oeuvre qui s'est écrit avec deux enfants qui courent partout», a blagué l'humoriste, pourtant fort inspiré et drôle dimanche soir, et à qui je décerne l'étoile du match. La lecture de son journal de pandémie était hilarante. Sur le deux mètres de distance: «On dirait que le Québec a pogné la sentence d'Éric Salvail.» Martin Petit déteste quand on dit que «la culture doit se réinventer», une formule qu'il trouve insultante et qui «cache une intention qui n'est pas sincère». L'humoriste ne parle pas pour lui mais pour l'ensemble des artistes, qui l'ont appuyé en masse dans sa position. «Même Monique Miller!» s'est-il étonné. Il déplore une déconnexion entre les artistes qui chantent que «ça va bien aller» et les nombreux Québécois qui ont recours aux banques alimentaires. «J'aime pas qu'on se fasse croire que ça va bien quand ça ne va pas bien.»

C'est un Guy Laliberté barbu, au look aventurier, qui s'est présenté sur le plateau, une invitation négociée l'après-midi même. L'invité surprise venait annoncer officiellement vouloir racheter le Cirque du Soleil avec un groupe d'investisseurs. «Le Cirque m'a tellement donné, que de voir la situation dans laquelle il est, si je peux aider, on va être là», affirme le cofondateur de l'institution. «On a un bon plan, on pense qu'on est capable de ramener le feu sacré là-dedans», poursuit Guy Laliberté, qui ne regrette aucunement d'avoir vendu le Cirque. L'homme d'affaires et créateur, qui s'est contenté de hausser les épaules au sujet des intentions de Pierre Karl Péladeau, affirme que la transaction pourrait se faire avec ou sans une aide gouvernementale. Le processus de vente de ses actions du Cirque a été entrepris l'automne dernier, bien avant les rumeurs de pandémie, s'est-il défendu avant de quitter le plateau pour remplir son rôle de DJ.

La ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, veut dès maintenant mettre l'accent sur le maintien des aînés à domicile. «On est en deuil au Québec», dit-elle à propos de la situation tragique dans les CHSLD depuis le début de la pandémie. La ministre a souligné les ratés de la réforme Barrette, tant sur la communication dans le milieu de la santé que la pénurie de personnel. «Il n'y a pas de bois mort, il manque de bois», affirme-t-elle. Pour rattraper les retards importants des opérations dans la région de Montréal, la ministre compte recourir aux cliniques privées ou d'envoyer des patients à l'extérieur de la métropole. «On a fait en deux mois ce que normalement ça nous aurait pris deux ans à faire.» «Sentez-vous surtout pas obligée de faire une deuxième saison», a badiné Dany Turcotte sur les conférences de presse de 13h.

Habituée de l'émission, Chantal Hébert s'étonne particulièrement d'une chose durant cette pandémie: «c'est le plus grand moment d'harmonie entre le fédéral et le provincial, comme on n'en a jamais vu». L'analyste politique parle d'Andrew Scheer comme «l'exemple à ne pas suivre», au point que ce sera difficile pour le futur chef de reconstruire le parti. «C'est une question de ton», croit Chantal Hébert, qui a défendu le travail de The Gazette, pourfendu par le premier ministre François Legault. Mme Hébert, dont on a souligné les 45 ans de carrière, se demande si Justin Trudeau, plutôt que de déclencher des élections, ne voudra pas aller au bout de ses quatre ans d'un mandat minoritaire avant de se choisir de se retirer.

«La normalité n'existe plus», martèle François Audet. Le directeur général de l'Observatoire canadien sur les crises et l'action humanitaire considère qu'on fait une erreur quand on parle de «retour à la normalité». «Penser pouvoir retourner là n'existe pas», dit-il, avant de rappeler qu'on devra apprendre à cohabiter avec le coronavirus. Un rapport de son organisme établit que Taiwan a adopté le meilleur modèle de déconfinement, alors que la Suède ne devrait surtout pas servir de modèle pour le Québec. «La Suède a le plus haut taux de mortalité par habitant», observe-t-il, rappelant que la stratégie de ce pays était basée sur l'immunité collective. Le Canada et le Québec se situent dans la moyenne des pays occidentaux.

Le bal MAMMOUTH ne remplacera jamais les vrais bals de finissants, mais sera un baume sur la déception des élèves de secondaire 5, croient ses animateurs Pier-Luc Funk et Sarah-Jeanne Labrosse. Fouki, Marie Mai, Julien Lacroix, Roxanne Bruneau et Math Duff ont déjà confirmé leur présence à cette soirée, qui sera diffusée à Télé-Québec le 19 juin. Sarah-Jeanne Labrosse croit que les tournages de Révolution risquent de reprendre avant les séries de fiction, jugeant le format «potentiellement plus malléable» et l'équipe «ultra motivée».

L'avocat et entrepreneur social Fabrice Vil souligne le rôle essentiel des travailleurs issus de l'immigration dans des vidéos intitulées «Je me souviendrai» et «Marchons unis». Il souhaite que cette devise modifiée devienne un mouvement, pour qu'on n'oublie pas tous les travailleurs de première ligne, la pandémie nous ayant «ramené à l'essentiel», croit-il. Une motion proposée par la députée Catherine Fournier pour régulariser la situation des demandeurs d'asile qui ont travaillé durant cette crise a été rejetée par la CAQ. «Je suis furieux, je ne suis pas juste déçu», dit-il à propos de cette motion appuyée par tous les autres partis.

Richard Therrien
Les multiples vies de Catherine

Richard Therrien

Les multiples vies de Catherine

CHRONIQUE / Sylvie Moreau se fait encore régulièrement parler de Catherine. Le personnage lui a valu le Gémeaux du premier rôle féminin dans une comédie en 2001, mais surtout l’affection d’admirateurs assidus de Catherine, ici et à l’étranger. Le retour de la série sur Prise 2, lundi à 19h30, nous permet de la redécouvrir et de prendre des nouvelles de son interprète vedette, qui ressent beaucoup de fierté en repensant à ce personnage, qui l’a fait connaître au grand public. 

Dans la série, Catherine Beaulieu cohabitait avec Sophie Gaucher (Marie-Hélène Thibault), son véritable contraire, une femme aux règles strictes avec qui elle travaillait dans une agence de publicité. François Papineau, Brigitte Poupart, Martin Dion et, bien sûr, Dominique Michel complétaient le tableau. Catherine a eu plusieurs vies après sa diffusion originale à Radio-Canada de 1999 à 2003, puisqu’elle a été rediffusée à TQS, à ARTV, sur TV5MONDE partout sur la planète, sur Paris Première en France et maintenant sur Prise 2.

Si on retourne à l’origine, le personnage de Catherine Beaulieu a été créé dans la comédie Majeurs et vaccinés, coécrite par Marc Brunet et Stéphan Dubé. Malgré sa popularité, la série a été retirée de l’horaire après seulement 13 épisodes parce que «la direction des programmes de l’époque détestait l’émission, qu’elle trouvait vulgaire», se souvient Sylvie Moreau.

Richard Therrien
Arrêter d’avoir peur

Richard Therrien

Arrêter d’avoir peur

CHRONIQUE / «Il faut foncer, trouver des solutions et arrêter d’avoir peur.» Au téléphone, la réalisatrice québécoise Marie-Pascale Laurencelle, qui s’est installée en France il y a cinq ans, me tient ce discours beaucoup plus rassurant que ce qu’on entend ces jours-ci au Québec. Là-bas, les tournages des séries télévisées ont repris de plus belle, et tout semble bien aller.

«Ça va beaucoup mieux que ce que je croyais. J’appréhendais que ce soit l’enfer, qu’on soit dans les mesures de sécurité plus que dans le travail et ce n’est pas le cas. Tout s’est mis en place assez bien», affirme avec une voix sereine et enjouée la réalisatrice, qui a notamment travaillé sur plusieurs séries jeunesse au Québec comme Tactik, Subito texto, Les Argonautes, de même que des documentaires. Le 13 mai dernier, deux jours à peine après le début du déconfinement en France, elle reprenait le tournage du populaire feuilleton Les mystères de l’amour, diffusé sur TF1 et TMC.

Richard Therrien
TLMEP: un autre crochet sur la <em>Bucket List</em>

Télé

TLMEP: un autre crochet sur la Bucket List

CHRONIQUE / La première chose que Derek Aucoin aurait fait en arrivant sur le plateau de Tout le monde en parle, c'est de prendre Guy A. et Dany dans ses bras. Dimanche, les câlins étaient bien sûr impossibles, mais celui qui se définit lui-même comme un «Teddy Bear» avait mieux à nous donner: courage, persévérance et résilience.

Passer à Tout le monde en parle apparaissait sur sa «Bucket List» (liste de choses à faire avant de mourir). Eh bien, c'est coché; à défaut d'y être en personne, l'homme d'une gentillesse proverbiale a livré son entrevue par Skype. L'ancien joueur du baseball majeur converti en animateur de radio, à qui je décerne l'étoile du match, n'a jamais perdu le sourire ni ce positivisme qui le caractérise si bien. Il y a un an, le colosse a dû être transporté à l'hôpital à la suite d'étourdissements; sans le savoir, il venait de subir plusieurs petites crises d'épilepsie, résultats d'une tumeur au cerveau, incurable mais traitable. Presque un an plus tard, alors qu'il est soumis à un traitement expérimental, il parvient malgré tout à se dire «l'homme le plus chanceux sur la planète».

Son défi 30 jours consiste à téléphoner à deux personnes chaque jour, non pas pour lui emprunter de l'argent ou une tondeuse, mais pour lui dire merci. «Je garantis que ça change la vie des gens», affirme Derek Aucoin, qui nous a certainement offert le moment le plus émouvant de cette avant-dernière de la saison.

Le Dr Horacio Arruda admet avoir été heurté par la réaction sur les réseaux sociaux à sa fameuse danse. «J'ai appris ma leçon», promet le directeur de la Santé publique du Québec, avant d'ajouter: «Je sais comment Véronique Cloutier et Louis Morissette ont pu se sentir après un certain Bye Bye.» Il déplore que les prédictions de l'Institut national de santé publique pour Montréal soient sorties le 8 mai sans mise en contexte, créant un sentiment de panique dans la population. «La presse s'est emparée de la chose, les gens n'ont pas eu l'explication et ça a entraîné de l'inquiétude», analyse-t-il. Celui qui dit n'avoir aucune ambition politique, même s'il ne ferme pas la porte à tout jamais, dit entretenir une excellente relation avec le premier ministre. «Si on n'est pas d'accord, il tranchera, c'est lui l'élu», dit-il ajoutant n'avoir senti aucune pression politique. «Je suis comme je suis. Je vais demeurer un scientifique, qui n'aura pas nécessairement une langue de bois.» Dany avait cette carte pour le docteur: «Horacio, ignorez les constipés du bassin, la danse est un magnifique hommage à la vie.»

Vingt heures par semaine à la barre de Salut bonjour, Gino Chouinard avoue en avoir eu assez de la pandémie la semaine dernière. «Rapidement, je me suis ressaisi», dit-il, rappelant que l'émission est considérée par le gouvernement comme un service essentiel. Même si Salut bonjour commence une heure plus tard, il se lève à la même heure, en raison de la charge de travail, avec six à sept entrevues par jour, au lieu de trois ou quatre. «La survie n'est pas menacée, mais on a vraiment mangé une claque», dit-il au sujet de ses boutiques Chocolats Favoris, faisant référence aux loyers astronomiques. L'entreprise a tout de même su s'adapter en recourant aux ventes en ligne et à la livraison. Sentant qu'il éprouvait des regrets, il a dû justifier un tweet à propos de la danse du Dr Arruda, assis à deux mètres de lui. «Je me suis demandé si la vedettarisation de votre job ne vous avait pas tendu un piège», a admis l'animateur, avant de lui dire toute son admiration.

Une application sur notre téléphone pourrait très bientôt nous aider à prévenir la propagation de la COVID-19 et à calculer notre niveau de risque personnel. «Le processus de traçage manuel n'en viendra jamais à bout, ça va prendre la technologie», affirme la très convaincante Valérie Pisano, pdg du Mila, Institut québécois d'intelligence artificielle. «Ça peut faire peur et c'est normal», affirme le chercheur Yoshua Bengio au sujet du partage de nos données personnelles. Mais COVI, qui serait prête au début juin, respectera «les plus hauts standards de la protection de la vie privée». Ce n'est pas le seul projet sur les rangs, mais l'utilisation de plus d'une application pourrait créer de mauvaises interactions, juge le chercheur. «On a les moyens de changer le cours des choses, comme citoyens», croit Yoshua Bengio, élu à la Royal Society de Londres, tout comme Charles Darwin et Albert Einstein.

On n'a pour ainsi dire rien appris de l'entrevue avec la nouvelle cheffe du Parti libéral du Québec, Dominique Anglade, première femme et première personne noire à diriger ce parti. À Luc Ferrandez, qui l'a accusée d'être une politicienne de carrière faisant partie de l'étile libérale montréalaise, elle répond que sa mère était engagée et féministe, que son père a cofondé l'UQAM, et qu'elle a commencé à faire du porte à porte alors qu'elle n'avait que huit ans, à l'époque pour le NPD. Si elle considère que François Legault a fait un très bon travail, elle croit que des questions doivent lui être posées. Elle assume une partie de la responsabilité des libéraux dans la débâcle des CHSLD et reconnaît qu'«on ne sent pas qu'il y a un chef d'orchestre» pour coordonner les CIUSSS, machine créée par son parti. Regrette-t-elle d'avoir quitté la Coalition avenir Québec, maintenant au pouvoir? «Pas un jour de ma vie j'ai regretté cette décision […] basée sur mes valeurs», répond Mme Anglade.

Cri du cœur pour les détaillants de vêtements, au bord du précipice. Debbie Zakaib, directrice générale de la Grappe métropolitaine de la mode, prédit d'autres mauvaises nouvelles à ce sujet «dans les prochains jours». On sentait une certaine détresse chez François Roberge, pdg de La Vie en Rose, qui qualifie la situation d'«insoutenable». «On se fait intimider», dit-il au sujet des propriétaires de centres commerciaux, intraitables sur le paiement des loyers. Pour son entreprise, on parle d'une somme de 5 millions $ par mois. Mêmes exigences du côté de la Ville de Montréal, qui n'a pas donné de congé de taxes aux détaillants. «Je me demande où sont les villes pour nous aider en ce moment», dit-il, rappelant que ses employés ont accepté une baisse de salaire de 20 %. Alors que les Walmart et Costco sont toujours ouverts, M. Roberge comprend mal qu'on empêche les centres commerciaux, aux grands espaces aérés, de rouvrir leurs portes.

Tire le coyote ne souffre pas du confinement, lui dont la tournée prenait fin en décembre, et qui comptait de toute façon sur 2020 pour créer. «C'est comme si le monde entier s'était mis à mon rythme», affirme l'auteur-compositeur-interprète de Québec, qui nous a laissé avec sa magnifique Chanson d'eau douce, un cadeau de fin d'émission qui fait toujours du bien.

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Richard Therrien
Bienvenue dans l’après-vie

Richard Therrien

Bienvenue dans l’après-vie

CHRONIQUE / «Quelle est la récompense pour une vie bien vécue? Les meilleurs jours de votre vie pourraient être après votre mort. Vous avez tout bien fait : vous méritez Lakeview par Horizen», dit la publicité. 

Nous sommes en 2033. On ne parle plus d’aide médicale à mourir, mais de planification de l’«après-vie». Rien à voir avec le mysticisme ou la réincarnation, mais avec la possibilité de transporter votre personne, une fois décédé, dans «le seul environnement numérique de l’après-vie, inspiré des grands hôtels victoriens des États-Unis et du Canada». Moyennant bien sûr un très bon montant d’argent.

Les premières minutes d’Upload, la nouvelle série comique de science-fiction du service de vidéo sur demande Amazon Prime Video, laissent croire à une comédie des années 80 du genre d’Une créature de rêve, avec de bien meilleurs effets spéciaux. La suite révèle une série plutôt divertissante de 10 épisodes, qui se consomme comme un gros bol de bonbons. Surtout pas transcendant, mais un Black Mirror ultraléger, avec du rire, révélateur du narcissisme ambiant et de cette fausse vie qu’on expose en lui donnant l’apparence qu’on veut bien lui donner.

Créée par Greg Daniels (Parks and Recreation, la version américaine de The Office), Upload présente un monde beaucoup trop futuriste pour un avenir si rapproché. Mais après tout, on n’a finalement jamais vécu comme dans Cosmos 1999, et c’est de la fiction. En 2033, donc, on regarde des vidéos entre le pouce et l’index, et on roule dans des véhicules qui ressemblent un peu à des capsules spatiales, qui se conduisent tout seuls. Si vous entrez à l’épicerie, une voix vous rappelle que vous manquez de fer et que vous devriez acheter des épinards. À la pharmacie, c’est pour vous rappeler que votre taille de préservatif est medium. 

Retour de <em>Y'a du monde à messe</em> avec quatre invités au lieu de cinq

Richard Therrien

Retour de Y'a du monde à messe avec quatre invités au lieu de cinq

BLOGUE / Au tour de Christian Bégin de reprendre du service à Y'a du monde à messe, dans une version adaptée aux normes de la santé publique, sans public en studio. Avec quatre au lieu de cinq invités, le talk-show reprendra l'antenne de Télé-Québec, le vendredi 5 juin à 21h, pour sa quatrième saison.

L'émission devait reprendre le 3 avril dernier mais a dû être remplacée par des rediffusions, en raison de la pandémie. Comme l'année dernière, la saison se prolongera à l'automne.

Dans la nouvelle saison, les membres de la chorale occuperont tout l'espace du studio afin de respecter la distanciation sociale, toujours au Théâtre Paradoxe. Un cinquième invité offrira une prestation musicale, sans être à la table.

La liste des invités comprend notamment Jean-Luc Mongrain, Marina Orsini, Alexandre Barrette, Patrice Roy, Julie Le Breton, Maité Bouchard, Marthe Laverdière, Varda Etienne et Olivier Bernard.

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ICI RDI largue ses <em>Ex</em>

Richard Therrien

ICI RDI largue ses Ex

BLOGUE / L'émission Les ex ne sera pas de retour cet automne sur ICI RDI. Diffusée en fin d'après-midi depuis 2018, Mordus de politique avec Sébastien Bovet prendra la relève, de 12h30 à 14h.

Émission phare d'ICI RDI, Le club des ex avait commencé en 2007, durant la campagne électorale québécoise. Alors animée par Simon Durivage, l'émission réunissait Liza Frulla, Marie Grégoire et Jean-Pierre Charbonneau. Michel Viens a pris la relève à l'animation en 2015, puis Julie Drolet depuis 2017.

À travers les années, Christos Sirros, Rémy Trudel, Yves-François Blanchet et Hélène Daneault ont fait partie du trio de débatteurs politiques. Yolande James, Mathieu Traversy et Marie Grégoire étaient de la dernière version de l'émission, interrompue abruptement dès le début de la programmation spéciale sur la pandémie de la COVID-19, ce qui n'a pas permis à l'équipe de faire ses adieux au public. Depuis, les trois anciens parlementaires ont toutefois pu reprendre leurs interventions à l'émission RDI matin.

Dans la dernière année, l'émission avait perdu du terrain, passant de 96 000 téléspectateurs en 2018-19 à 75 000 en 2019-20. ICI RDI précisera dans quelques semaines à quelles tâches sera réaffectée l'animatrice Julie Drolet. Par ailleurs, j'ai appris que le magazine quotidien RDI économie, animé par Gérald Fillion, passera de 30 à 60 minutes dès l'automne, de 18h à 19h.

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Richard Therrien
Pas de <em>District 31</em>, à moins que...

Richard Therrien

Pas de District 31, à moins que...

CHRONIQUE / Lueur d'espoir pour les fans de District 31 et des séries de fiction, qui ne devront peut-être pas attendre un an avant de retrouver leurs personnages préférés. Il faudra alors que toutes les conditions soient réunies afin de ne mettre en danger la santé de personne.

En entrevue au Téléjournal mercredi, Fabienne Larouche évoquait la possibilité de devoir attendre une année complète avant la reprise. Au Soleil, elle précise qu'il s'agit du pire des scénarios, «à moins qu'on trouve un vaccin, un médicament ou que le coronavirus s'affaiblisse». La condition sine qua non pour que les tournages reprennent: «il faudra que les acteurs se sentent en sécurité, ce sont eux qui auront le dernier mot. Tout dépend du degré de risque qu'une personne soit prête à prendre», affirme la productrice de District 31, Toute la vie et de la nouvelle comédie Sans rendez-vous, mettant en vedette Magalie Lépine-Blondeau.

Aetios Productions, la boîte de Fabienne Larouche et Michel Trudeau, étudie plusieurs scénarios. Dans l'éventualité où les tournages reprendraient, il serait impératif d'isoler en trois différents silos les acteurs, l'équipe technique et les employés de bureau, de façon à réduire au minimum les risques de propagation. «Il faudra tourner chaque scène comme lorsqu'on tourne une scène de nudité et ne garder sur le plateau que les personnes essentielles», explique Fabienne Larouche. Aussi, les acteurs devraient porter un masque durant les répétitions, et il n'y aurait aucune retouche de coiffure et de maquillage entre les prises.

De plus, il y a moyen d'exiger des techniciens qu'ils portent des masques et des visières. Testés régulièrement, les acteurs devraient concéder à prêter leur visage à des maquilleuses portant une visière. Toutes ces précautions pourraient être considérées par les compagnies d'assurances, qui n'accepteront pas autrement d'offrir quelque dédommagement que ce soit.

La productrice précise tout de même qu'il y a des limites à ce qu'on peut faire pour organiser un plateau en conséquence, sans que le produit fini ne soit appauvri. «On ne peut pas revenir au temps de Marilyn, avec un seul lieu et trois personnages. Les téléspectateurs vont s'en rendre compte. On ne peut pas dénaturer ou travestir l'oeuvre d'un auteur», explique-t-elle. D'autre part, cela implique des coûts supplémentaires et peut-être moins d'épisodes. District 31 contient des arrestations musclées, des batailles, et occasionnellement des scènes d'amour, qui pourraient difficilement être biffées du scénario. La productrice ne voit pas comment on pourrait exiger des acteurs qu'ils se tiennent à deux mètres de distance. Il n'est pas question non plus d'inclure la pandémie aux scénarios, pour justifier leur éloignement.

Là où les choses se compliquent, c'est qu'une reprise des tournages pourrait impliquer que les acteurs se mettent en quarantaine deux semaines avant un tournage, puis durant les enregistrements, ce qui est pratiquement impossible à envisager. Autrement, si l'un d'eux devait contracter la COVID-19, il faudrait alors interrompre le tournage pour une période de 14 jours, ce qui entraînerait des retards et des coûts supplémentaires. À la limite, on peut modifier un scénario, mais on ne peut pas remplacer un acteur vedette quand bon nous semble. Tourner dans le désordre devient alors hasardeux, s'il fallait tout arrêter.

Le milieu de la production télévisuelle observe entre autres les options envisagées aux États-Unis, où on évoque l'utilisation de panneaux de plexiglas pour isoler les acteurs, qu'on retirerait au montage. Mais le Québec a-t-il les moyens financiers pour se permettre un tel procédé? Fabienne Larouche en doute fortement.

Comme dans toute la profession, la productrice observe chaque jour l'évolution de la situation, et se donne jusqu'au 15 juin pour décider d'une reprise des tournages en juillet ou août. «Mais quand on va avoir le go, on va être prêts à commencer», promet-elle. Dans le meilleur des scénarios, Aetios pourrait tourner toute la première saison de Sans rendez-vous en 25 jours, un premier bloc d'épisodes de District 31 de juillet à octobre, ce qui comblerait les fans jusqu'à Noël, de même que les 12 prochains épisodes de Toute la vie. Croisons-nous les doigts... sans trop gonfler nos attentes!

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