La technologie, notamment les écrans géants pour montrer cartes, plans et photos, permet de mieux informer les citoyens qui assistent à des assemblées de conseils municipaux.

Question de transparence

Transparence. C’est le mot fétiche de bien des candidats dans les présentes élections municipales. Ils l’utilisent à profusion sur leurs pancartes et dans leurs dépliants. Ceux qui sollicitent un autre mandat assurent qu’ils continueront d’en faire preuve alors que ceux qui tentent de se faire élire en promettent­ davantage.

Il n’est guère facile de cerner ce qu’est la transparence. C’est à la fois un concept tangible ainsi qu’une philosophie d’administration publique, mais perçu de façon différente selon qu’on occupe un poste électif ou qu’on soit citoyen. Le premier assure que la transparence guide ses faits et gestes dans sa prise de décision, tandis que le second, parfois ulcéré d’une décision, critique le manque de transparence­ des élus…

On peut d’emblée identifier deux éléments pour assurer une transparence minimale : un accès direct aux informations de base (budgets, programmes triennaux d’immobilisations, ordres du jour des assemblées, procès-verbaux de celles-ci) et un accès sans embûches pour toutes autres informations jugées pertinentes par les citoyens.

L’accès aux informations et documents est nécessaire afin que les citoyens puissent évaluer le travail de leur administration municipale. C’est un droit absolu.

La transparence est malheureusement à géométrie variable d’une municipalité à l’autre. Si elles ont toutes des sites Internet, plusieurs les utilisent mal pour informer leurs citoyens. Les ordres du jour sont souvent affichés moins de 24 heures avant la tenue d’une assemblée ordinaire et on doit souvent patienter plusieurs mois avant de voir apparaître en ligne les procès-verbaux après leur adoption par le conseil. Les budgets, PTI et listes des contrats accordés sont aussi introuvables sur maints sites municipaux.

C’est incompréhensible en 2017. Inacceptable. Insultant pour les citoyens.

D’autant plus que les techno­logies et les logiciels permettent de nos jours de mettre en ligne une grande quantité d’information et de documents. Nul besoin d’y consacrer de grandes ressources humaines ou financières pour s’occuper et nourrir ces sites.

L’absence d’information et de documents de base sur les sites des municipalités ou leur retard à s’y retrouver est un choix politique. D’où la colère des citoyens et les accusations, souvent fondées, d’un manque de transparence.

Les administrations municipales peuvent facilement améliorer leur bilan de transparence. D’abord, en mettant en ligne tous les documents cités plus haut. Ils devraient même inclure les procès-
verbaux de leur comité consultatif d’urbanisme ainsi que les documents techniques remis aux élus concernant les projets à adopter. Ensuite, elles peuvent doter leur salle du conseil d’écrans géants où les citoyens peuvent voir les cartes, plans et photos des projets discutés­ en temps réel par leurs élus.

Les assemblées du conseil, présentations du budget et consultations publiques peuvent également être diffusées en direct sur Internet. Nous ne sommes plus à l’ère d’équipements lourds, coûteux et nécessitant plusieurs personnes pour les opérer. Ici également, la nouvelle techno­logie a simplifié la captation et la diffusion de telles rencontres. Et les coûts sont très accessibles. On parle d’achat d’équipements de moins de 25 000 $.

Le recours à ces technologies permet de rendre accessibles les différentes rencontres publiques à l’hôtel de ville. C’est sans compter que ça leur assure un plus grand dynamisme aux yeux des citoyens. On peut penser qu’ils se sentiront mieux informés et plus intéressés à la conduite des affaires de leur municipalité.

La participation citoyenne, n’est-ce pas un autre terme fétiche de ces élections ? En parler ne suffit pas. Il faut donner le goût aux citoyens de s’engager. C’est aussi ça la transparence.