Plus légère...

CHRONIQUE/ Salut les girls. À lire. C’est touchant.

Dans son courriel, la collègue Marie-Ève nous invitait, Isabel-pas-de-L-E-à-la-fin et moi à découvrir le livre Faire oeuvre utile - Quand l’art répare des vies d’Émilie Perreault

Son engouement pour le petit bouquin était si grand qu’elle a vite fait de nous le partager... après l’avoir dévoré en moins de deux. 

Disons qu’elle maîtrise bien l’art du teaser.

Comme j’aime bien Émilie Perreault, qui partage le micro avec un Paul Arcand que j’admire tout autant, je suis tout de suite allée lire les (82) premières pages. 

La journaliste culturelle y raconte l’histoire de gens qui ont, un jour, été happés par une oeuvre artistique. Une pièce de théâtre, une toune, un texte humoristique, une toile, une phrase dans un livre, etc. Chaque personne exprime comment et à quel point une parcelle d’art est venue marquer sa vie. De leur côté, les auteurs, chanteurs et humoristes partagent leur réaction face à tous ces témoignages qui prouvent que ce qu’ils font dans la vie est — enrayant du coup tous leurs doutes — fort utile.

Ceux qui travaillent à divertir, émouvoir, faire réfléchir ou voyager les autres de quelconque façon ne resteront pas insensibles à tous ces témoignages qui viennent du coeur. 

Pourquoi? Parce qu’un jour ou l’autre, tous se demandent si ce qu’ils font sert vraiment à quelque chose. Comme si ce grand privilège n’était réservé qu’aux chirurgiens cardiaques...

Combien de fois, au moment d’écrire cette chronique au fil des ans, je me suis moi-même questionnée sur sa pertinence? 

«Ce n’est pas en faisant de l’humeur que je vais changer le monde?!». Cette réflexion, je me la suis repassée souvent. Parfois même en boucle. Et je me la rejoue encore de temps en temps. 

Et pourtant. Le nombre de courriels reçus au fil des années me prouve le contraire. Mes histoires, mes péripéties, mes réflexions semblent faire du bien. Il s’avère qu’elles font réfléchir.

«Votre article m’a réconciliée avec moi-même», m’écrivait Jocelyn en 2006. 

«Vous mettez du soleil dans la vie des gens», me disait Annie en 2008.

«Vous nous touchez beaucoup plus que vous ne pouvez l’imaginer, chère Isabelle», me confiait pour sa part Nancy, la même année.

«Je ne sais pas pourquoi, mais ça me fait du bien. Tu as les mots justes», m’a avoué Stéphanie pas plus tard que le mois passé.

«Tu réussis à nous faire travailler les méninges avec tes jeux de mots», m’a écrit Caroline la semaine dernière.

Quand même, ce n’est pas rien! 

Chaque fois, ça me fait chaud au coeur. Et, chaque fois, je m’arrête pour répondre à ces gens qui prennent le temps de m’écrire. C’est la moindre des choses. S’ils prennent deux minutes de leur journée pour me dire à quel point je les ai fait rire ou réfléchir, c’est que c’était réellement puissant.

À la fin de son amorce, Émilie Perreault demande à ses lecteurs de penser à l’oeuvre qui a pu être utile dans leur vie. Moi, c’est l’approche de l’humoriste André Sauvé. Avec son style existentialiste, ses mille et une questions, il me rejoint directement. «On est les seuls qu’on sait qu’on est. La vache, elle, n’est que brrrroutte. Quand a brrrroutte, elle ne sait même pas qu’elle est une vache. J’aimerrrrais ça moé avoirrrr de la vache en-d’dans! Mettrrrre ma conscience à off. Switcher à vache!»

«De la conscience, j’ai ai trrrrrrop. Je m’enfarrrge dedans!»

«La patience, c’est pas que j’en n’ai pas, c’est que je suis prrrrressé d’en avoirrrrr plus!»

C’est tellement moi! Ses affirmations m’ont permis de faire la paix avec moi-même. Ça allège de savoir qu’on n’est pas seule à être comme on est.