Patrick Duquette
J’ai lu qu’en France, des fourrières débordent d’animaux abandonnés ces jours-ci. La bêtise humaine pousse en effet certains propriétaire à se débarrasser de leur chien, de peur que la bête puisse transmettre le coronavirus.
J’ai lu qu’en France, des fourrières débordent d’animaux abandonnés ces jours-ci. La bêtise humaine pousse en effet certains propriétaire à se débarrasser de leur chien, de peur que la bête puisse transmettre le coronavirus.

Pensez-y avant d’adopter un husky

CHRONIQUE / Cette pandémie a des effets inattendus sur le comportement humain. Et je ne parle pas du soudain engouement pour le papier-cul.

J’ai lu qu’en France, des fourrières débordent d’animaux abandonnés ces jours-ci. La bêtise humaine pousse en effet certains propriétaire à se débarrasser de leur chien, de peur que la bête puisse transmettre le coronavirus.

Pour l’instant, le Québec semble épargné par cette épidémie d’abandons. À la SPCA de l’Outaouais, en tout cas, on n’a pas noté une recrudescence d’animaux abandonnés.

«Ce n’est pas du tout notre réalité. Nous n’avons rencontré personne qui voulait abandonner son animal pour cette raison. Ou même qui avait des craintes par rapport à cela», raconte le directeur adjoint du refuge, Maxime Daigle.

Est-ce la preuve, M. Daigle, que nous sommes plus intelligents que les Français?

Ma boutade l’a fait rire. Il pense plutôt que l’information divulguée par l’Ordre des vétérinaires du Québec, au début de l’épidémie, a calmé le jeu. En fait, une autre sorte de virus a gagné la SPCA de l’Outaouais: un boom de demandes d’adoptions. Coincés à la maison en raison de la pandémie, bien des gens songent à adopter un animal pour tromper l’ennui ou occuper les enfants.

«On remarque une hausse incroyable des demandes pour adoption, reprend Maxime Daigle. Même en temps normal, notre service d’adoption est très occupé. Mais là, on a beaucoup, beaucoup de demandes pour des chiens, des chiots, des chatons… Probablement que les gens s’ennuient ou se cherchent quelque chose à faire…»

Le hic?

La SPCA de l’Outaouais a très peu d’animaux à offrir en adoption ces jours-ci. À peine une dizaine. C’est que le refuge fonctionne avec un personnel réduit en raison de la pandémie. Il doit donc freiner l’entrée de nouveaux animaux. «On s’occupe sans problème des animaux présents. Mais il est impossible de les stériliser, micropucer, vacciner et vermifuger en grand volume comme à l’habitude», explique M. Daigle.

L’autre crainte de la SPCA de l’Outaouais, c’est que la vague d’adoption soit suivie d’un boom d’abandon.

La vie au ralenti, telle qu’on la connaît ces jours-ci, ne durera pas éternellement. Le quotidien chargé reviendra assez vite. Quand les gens retourneront travailler, la petite boule de poil habitué à recevoir toute l’attention de la maisonnée risque de s’ennuyer ferme. Voire de développer des problèmes de comportement.

«Il est vrai que le temps pour adopter est bon. L’introduction est plaisante avec tout le temps qu’on peut y consacrer. Mais adopter un animal doit être une décision réfléchie depuis plus longtemps que la dernière semaine», prévient Martin Daigle.

Au fait, M. Daigle, est-on bien certain que les animaux de compagnie ne peuvent transmettre le coronavirus?

«À ce jour, il n’existe aucune preuve que les animaux peuvent être infectés par le virus ou peuvent le transmettre à un humain», assure-t-il, en reprenant les avis émis par l’Ordre des vétérinaires du Québec et le MAPAQ.

En fait, un chien ou un chat exposé au virus s’assimile à n’importe quelle surface infectée.

Sauf que contrairement à une table ou à un comptoir, un gros chien poilu est plus difficile à désinfecter.

Surtout s’il s’enfuit en courant en voyant son maître arriver avec ses gros gants bleus et sa bouteille de désinfectant.

Pensez-y à deux fois avant d’adopter un husky ou un boston terrier…