Patrick Duquette
Le Droit
Patrick Duquette
Une éclosion de COVID-19 est survenue dans une «ligue de garage» à Aylmer, à la fin du mois de septembre.
Une éclosion de COVID-19 est survenue dans une «ligue de garage» à Aylmer, à la fin du mois de septembre.

Penser plus loin que son nez

CHRONIQUE / La nature humaine est ainsi faite: un malheur survient, il faut trouver des coupables.

Et quel plus grand malheur, ces jours-ci, que cette satanée COVID.

Quand la nouvelle est sortie, fin septembre, qu’une éclosion était survenue dans une «ligue de garage» à Aylmer, on a vite cherché des responsables.

Surtout quand on a appris que des entraîneurs de hockey mineur se trouvaient parmi la douzaine, voire la quinzaine de joueurs qui allaient finir par attraper le virus à la suite de leur fameuse game du mercredi soir…

Un malheur en attirant un autre, la présence d’entraîneurs parmi les joueurs touchés par l’éclosion a forcé à son tour la suspension des activités de l’Association de hockey mineur d’Aylmer. Plus de 1000 joueurs étaient ainsi privés de leur sport favori…

Et ce n’était encore rien. L’effet domino de la contagion commençait à peine à se déployer.

On a remarqué dans les jours qui ont suivi de nombreuses éclosions dans les écoles de l’ouest de Gatineau. La coïncidence est troublante, même si la Santé publique refuse de sauter aux conclusions. «Il y a plusieurs retraits de classes qui n’ont aucun lien avec la ligue de hockey d’Aylmer», m’a-t-on précisé.

N’empêche…

Dans d’autres régions, c’est un bingo, une chorale, un mariage qui a parti le bal des éclosions. Dans le secteur d’Aylmer, il se pourrait bien que ce soit une partie de hockey entre chums, un beau mercredi soir du mois de septembre…

Après la fameuse partie, le bruit a couru que des joueurs de la ligue avaient pris à la légère les consignes de la Santé publique. Que certains se seraient présentés à la partie du 23 septembre alors qu’ils étaient en attente de résultats de tests…

Vrai ou faux? Je l’ignore.

Mais comme souvent dans des cas pareils, tous les joueurs de la ligue de garage ont été montrés du doigt. Y compris ceux qui respectaient à la lettre les consignes de la santé publique.

Bref, l’un des joueurs a pris sur lui d’écrire un petit mot à tous les joueurs de la ligue.

Appelons-le Marc.

«De ce que je me souviens, personne ne présentait de symptômes le soir de la partie. Je crois que tout le monde était de bonne foi, dit Marc. Mais les conséquences négatives ont été tellement importantes sur la communauté que je voulais mettre les choses en perspective.»

«Le virus m’a cloué au lit pour 10 jours. Je suis chanceux de toucher mon plein salaire malgré mon absence au travail. Certains d’entre nous n’ont peut-être pas cette chance.

«Mon fils de 11 ans a également été testé positif. Je l’ai fort probablement contaminé. Et il est maintenant en quarantaine dans sa chambre. Pas facile pour un enfant de 11 ans de s’isoler pendant 10 jours!

«Sa classe a fermé (24 élèves doivent rester à la maison). Sans compter les 5-6 jeunes qui s’assoient près de lui dans l’autobus et qui doivent également s’absenter de l’école pour 14 jours.

«Mes deux autres enfants sont suspendus de l’école secondaire pour 14 jours afin d’éviter de propager le virus. Quant à ma conjointe, travailleuse autonome, elle a dû mettre son entreprise en pause pour une semaine.»

«Pour ma famille, c’est vraiment un paquet de troubles à gérer!», soupire Marc.

Un paquet de troubles que la réaction en chaîne du virus a dû multiplier par dix, par cent…

Son message aux autres joueurs de la ligue?

«Les gars, quand on va recommencer nos activités, faut se montrer sous notre meilleur jour et suivre les consignes à la lettre.»

Autrement dit, si t’as une petite toux le mercredi soir, laisse donc faire le hockey.

Tu rendras service à toute une communauté…