Vos déchets, fait remarquer l’entrepreneur Alexandre Daoust, ne sont pas plus beaux chez les autres. Mais, des citoyens qui se débarrassent d’un vieux fauteuil derrière un commerce, ça existera sans doute toujours.

Pelleter ses problèmes chez le voisin

CHRONIQUE / En voyant apparaître de vieux meubles près du conteneur à déchets installé derrière son commerce du boulevard Maloney, à Gatineau, Alexandre Daoust a poussé un soupir.

« C’est toujours plate de voir des résidents laisser leurs meubles derrière les commerces de Gatineau. Surtout que les commerçants doivent souvent payer une surcharge pour les faire enlever », a écrit le propriétaire de la boutique Mode Mobile sur son compte Facebook.

Des citoyens qui se débarrassent d’un vieux fauteuil ou d’un matelas moisi derrière un commerce, ça a toujours existé. 

Et ça existera sans doute toujours. 

Le phénomène n’a rien de nouveau et Alexandre Daoust est le premier à le reconnaître.

Sauf qu’avec la « crise » des encombrants qui fait les manchettes pour un deuxième été d’affilée à Gatineau, c’est comme si on les remarque davantage, raconte le jeune entrepreneur. 

Et il a raison. Ils nous sautent aux yeux, ces tas de déchets qui s’amoncellent derrière les commerces, le long des trottoirs, dans les terrains vagues ou près des conteneurs des organismes de charité.

C’est tellement plus facile de dumper en cachette son vieux canapé troué derrière le commerce voisin que de prendre ses responsabilités et aller le porter soi-même à l’écocentre municipal.

Et il suffit qu’un tas de poubelles s’accumulent quelque part pour inciter d’autres citoyens à faire la même chose.

Comme si les poubelles attiraient les poubelles…

« Vos déchets, remarque Alexandre Daoust, ils ne sont pas plus beaux en arrière de nos commerces qu’en arrière de chez vous. »

Bon point !

Il va s’en trouver pour blâmer la Ville de Gatineau. 

Pour dire que c’est sa faute si les encombrants s’accumulent un peu partout.

L’été dernier, vous auriez eu raison de dire une chose pareille. 

Gatineau venait de réduire d’un seul coup de 24 à 4 le nombre de ses collectes annuelles d’encombrant. 

Eh oui, ce fut le chaos. 

Gatineau a voulu aller trop vite. 

Des citoyens l’ont encore sur le cœur.

Mais la municipalité s’est rajustée depuis. 

Le nombre de collectes annuelles a été rehaussé à 8. 

Quant aux gens qui n’ont pas la patience d’attendre la prochaine collecte, ils peuvent se départir de leurs encombrants dans un écocentre. 

Tout à fait gratuitement en plus.

Je ne dis pas que tout fonctionne comme sur des roulettes. 

Il y a encore des ratés cet été. 

Mais pas pour les mêmes raisons que l’an dernier. 

Les collectes retardées dans l’est de Gatineau, c’est en raison du fournisseur qui éprouve des problèmes à honorer son contrat avec la municipalité.

De toute manière, il y a des limites à blâmer les uns et les autres pour la gestion de ses propres déchets.

Il faut rappeler que l’intention première de la Ville de Gatineau en réduisant ses collectes d’encombrants était de réduire la quantité d’ordures envoyées à l’enfouissement. 

Un objectif tout à fait dans l’air du temps. 

Le respect de l’environnement est sur toutes les lèvres, non ?

De toute façon, c’est à chaque citoyen de disposer des déchets qu’il produit d’une manière respectueuse de l’environnement et… de ses voisins. 

Donner au suivant, ce n’est pas pelleter ses problèmes dans la cour de l’autre !