Patrick Duquette
Comme plusieurs étudiantes en sciences infirmières de l’UQO, Justine Handfield subit tout un baptême du feu ces jours-ci.
Comme plusieurs étudiantes en sciences infirmières de l’UQO, Justine Handfield subit tout un baptême du feu ces jours-ci.

Dur baptême du feu

CHRONIQUE / Comme plusieurs étudiantes en sciences infirmières de l’UQO, Justine Handfield subit tout un baptême du feu ces jours-ci.

Jamais, au grand jamais, la jeune femme de 24 ans n’avait imaginé faire ses premiers pas dans la profession en plein coeur d’une pandémie mondiale.

Mais quand ses cours ont été interrompus, elle n’a pas hésité. Comme plusieurs camarades de classe, elle est allée prêter main-forte au milieu de la santé.

Après quelques semaines à travailler sur les étages de l’hôpital de Hull, la jeune infirmière de 24 ans recevait, lundi, sa première journée de formation à l’urgence du même hôpital.

Comment ça se passe?

«L’atmosphère est tendue, mais tout de même joviale, raconte-t-elle au bout du fil. On trouve encore le moyen d’avoir du fun à travailler!»

L’hôpital de Hull a aménagé une zone à pression négative, au troisième étage, pour accueillir les patients atteints de la COVID-19. Un genre d’hôpital dans l’hôpital. Une zone rouge qui fait l’objet de mille précautions et qui est séparée jalousement du reste de l’établissement.

Même si elle n’est pas elle-même affectée à cette «zone rouge», Justine Handfield vit dans la crainte permanente d’être infectée par un patient peu scrupuleux ou inconscient de son état. «La tension se fait sentir sur les étages aussi avec le manque d’équipement de protection individuelle», décrit-elle.

Alors oui, c’est tout un baptême du feu pour cette jeune étudiante en sciences infirmières.

Comme plusieurs étudiantes en sciences infirmières de l’UQO, Justine Handfield subit tout un baptême du feu ces jours-ci.

«Ça faisait peur au début, avoue-t-elle honnêtement. Mais à voir comment on a séparé l’urgence, c’est quand même rassurant. Il y a des chemins par terre que les patients suivent. Les pastilles rouges, c’est pour les patients suspects. Les pastilles vertes, pour les autres. Les deux chemins ne se croisent jamais. On a des ascenseurs spécialement dédiés pour les patients suspects. Lors des transferts, une équipe d’entretien ménager suit et nettoie tout…»

***

Et à l’urgence, comment ça se passe?

«De ce côté-là, c’est tranquille!», répond-elle du tac au tac.

C’est peut-être un des bons côtés de cette pandémie. Les urgences habituellement bondées de l’Outaouais n’ont jamais été si vides.

Il n’y avait, tenez-vous bien, que 6 patients à l’urgence de l’hôpital de Hull lundi midi. Six patients sur 25 civières! De mémoire de chroniqueur, c’est du jamais vu.

Les gens semblent avoir enfin compris qu’il fallait libérer les hôpitaux pour accueillir les grands malades. Et s’arranger autrement pour faire soigner un ongle incarné ou une bursite…

«La population a compris le message des autorités de santé publique, reprend Justine Handfield. Ceux qui sont à l’urgence ont vraiment besoin de soins. Même sur les étages, il y a moins de patients qu’à l’habitude. Beaucoup de médecins de famille font aussi des consultations par téléphone. Ça aide énormément.»

Après la pandémie, il faudra tirer des leçons de tout cela.

Dans le milieu de la santé, il y a longtemps qu’on le dit. La majorité des patients qui se pointent à l’urgence, en temps normal, n’ont pas d’affaire là.