Patrick Duquette
«Quand on porte un masque, ce n’est pas pour se protéger nous, c’est pour protéger les autres», a dit François Legault.
«Quand on porte un masque, ce n’est pas pour se protéger nous, c’est pour protéger les autres», a dit François Legault.

Aux masques, citoyens

CHRONIQUE / Porter le masque n’est pas dans notre culture, a dit François Legault.

Il a tellement raison.

Je me souviens d’avoir acheté des masques de protection à la pharmacie il y a quelques années. J’avais un sale rhume. Et j’espérais protéger ma fillette du virus en le portant en sa présence. L’intention était bonne…

Mais avec le recul, avec tout ce qu’on apprend ces jours-ci sur le port du masque, je réalise que ce n’était pas la meilleure idée du monde. Pourquoi?

Parce que ce satané masque était tellement… inconfortable. Il y avait une espèce d’agrafe en métal qu’on pouvait serrer pour le faire tenir sur le nez. Et ça ne marchait pas.

Je passais mon temps à me toucher le visage pour le replacer, le retirer à moitié, le remettre… J’avais toujours l’impression d’étouffer. Avez-vous déjà essayé de respirer, le nez bouché, avec un masque vissé sur le visage? Mission impossible.

C’est comme tenter de respirer sous l’eau.

En plus, je laissais traîner négligemment mon masque quand je ne l’avais plus sur le nez. Si je le nettoyais souvent? J’ignorais même que ça se nettoyait ces affaires-là. Je le changeais tous les deux jours.

Je voulais bien faire. Aujourd’hui, je me trouve tellement… ignorant.

Ça revient à ce que disait le premier ministre Legault.

Contrairement aux Asiatiques, les Nord-Américains ne sont pas habitués à porter le masque pour se préserver des virus ou de la pollution.

Ce n’est pas dans notre culture. Et quand ce n’est pas dans notre culture, ça veut dire, bien souvent, qu’on ne sait pas comment s’en servir.

Bien des gens pensent encore qu’on porte le masque pour se protéger des microbes des autres. Alors que c’est le contraire. «Quand on porte un masque, ce n’est pas pour se protéger nous, c’est pour protéger les autres», a dit François Legault.

Grâce à la pandémie, nous avons tous eu droit à un cours accéléré sur le port du masque ces dernières semaines. La majorité d’entre nous est désormais capable de différencier un masque N-95 d’un masque artisanal en coton.

Nous sommes aussi mieux informés sur ses avantages et inconvénients.

Dans le fond, peut-être que la population est prête à accueillir le changement de discours des autorités canadiennes et québécoises sur le port généralisé du masque. C’est désormais un moyen, comme un autre, d’éviter la propagation, a convenu le premier ministre Legault lors de son point de presse quotidien.

En autant, a-t-il précisé, que le port du masque artisanal ne remplace pas les autres consignes comme la distanciation sociale ou le lavage fréquent des mains. C’est là le danger. Le masque procure une illusion de sécurité. Le nez bien abrité derrière un morceau de tissu, on a l’impression d’être à l’abri. D’où le risque bien réel de relâcher notre vigilance.

Or il ne faut pas baisser la garde.

Pas au moment où la courbe de la pandémie semble enfin sur le point d’atteindre son apogée au Québec.

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Avec tout ça, je ne vous ai pas raconté la fin de mon histoire.

Est-ce que le port du masque a préservé ma fille de mon sale rhume?

Deux jours plus tard, elle morvait comme une bonne.