Patrick Duquette

Un affreux terrain vague

CHRONIQUE / C’est le syndrome du « pas dans ma cour » dans toute sa splendeur. Vingt-six citoyens pourraient bloquer, à eux seuls, un projet d’habitation de 100 millions à Gatineau.

Pourtant, toute la population du centre-ville de Gatineau devrait avoir le droit de se prononcer sur la valeur du projet Bloome, que le groupe Kevlar veut ériger au coin du boulevard Saint-Joseph et Montclair.

Patrick Duquette

Investir dans la beauté

CHRONIQUE / Le jeu en vaut-il la chandelle ?

Gatineau lancera un concours d’architecture de 2,6 millions pour la conception de la nouvelle bibliothèque Lucy-Faris dans le secteur Aylmer. Un exercice qui sera précédé d’un forum de réflexion destiné à mettre la population dans le coup.

Patrick Duquette

Les bons mots

CHRONIQUE / Marie-Claude Labrie a su trouver les bons mots. Les mots justes.

La médecin de famille de Gatineau a gagné le prix de la catégorie « écoute », la semaine dernière, au gala du CAVAC de l’Outaouais, un centre d’aide aux victimes d’actes criminels.

Patrick Duquette

Vidéo sexiste à l'UQO: au-delà des apparences

CHRONIQUE / Dans une vidéo controversée vite retirée du Web, l’Université du Québec en Outaouais recommande à son personnel d’éviter de porter des vêtements en « mode séduction » comme les décolletés plongeants, la bretelle spaghetti ou la minijupe.

Eh misère.

Quand on pense que cette vidéo de conseils vestimentaires s’inscrit dans un programme destiné à améliorer l’image de l’université… c’est à en pleurer. Il n’y a rien là-dedans pour redorer l’image d’une institution qui se cherche un second souffle depuis quelques années.

On ne fera pas longtemps le procès de la vidéo comme telle, une niaiserie sexiste, paternaliste et condescendante, dénoncée avec raison par les syndicats de professeurs et de chargés de cours. Qu’on ait pu financer la production d’une telle insignifiance avec des fonds publics — facture de 1100 $ — dépasse l’entendement.

Qu’on se rappelle que toutes les institutions d’enseignement postsecondaire du Québec viennent d’adopter une politique pour la prévention des violences à caractères sexuels. Et voilà que l’UQO diffuse cette vidéo perpétuant l’idée qu’une femme est en mode séduction si elle dévoile trop certaines parties de son corps.

Navrant et rétrograde.

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Éviter le «mode séduction»: conseils de mode mal reçus à l'UQO [VIDÉO]

En fait, on peut vraiment se demander à quoi rime la diffusion de cette vidéo où une « styliste de mode » sortie d’on ne sait où s’étend en long et en large sur la manière de se vêtir « lorsqu’on dessert une clientèle étudiante ». Elle proscrit les bermudas, les pantalons taille basse, les gougounes et les cotons ouatés. Seul le veston semble trouver grâce à ses yeux — pourvu qu’on le porte avec un jean propre, des souliers soignés ou une ceinture de qualité. Les accessoires « cheapettes » sont à éviter, précise-t-elle.

Cheapettes ? Quand on pense que bien des étudiants universitaires tirent le diable par la queue… 

Jusqu’à preuve du contraire, personne n’a signalé un problème flagrant de laisser-aller dans l’habillement des profs d’université. Et même à supposer que ce soit le cas : il y a bien d’autres problèmes à régler à l’UQO avant de s’attaquer aux vêtements du personnel. Le climat est tendu depuis plusieurs années entre la direction et les employés. Ce n’est certainement pas en leur faisant la leçon sur leur apparence, sujet délicat s’il en est un, qu’on va améliorer les relations de travail. Il y a plus urgent.

Les grands projets de développement de l’UQO ont de la misère à progresser. Pendant qu’on se chicane à l’interne, le train passe ailleurs. De passage à Gatineau vendredi, le premier ministre François Legault a annoncé des investissements de 17 M$ en cybersécurité, dont une partie profitera au cégep de l’Outaouais. Encore rien pour l’UQO qui attend toujours l’argent pour réunifier ses deux campus et bâtir un nouveau pavillon.

Dans un milieu de travail plus sain, une vidéo qui dit comment s’habiller au personnel de l’UQO ne se serait jamais rendue dans l’espace public. Quelque part au sein de l’organisation, un employé aurait appelé le recteur pour lui dire : avez-vous vu ça ? Retirez donc ça tout de suite, ça n’a aucun bon sens. » Au lieu de cela, la vidéo a été diffusée largement. Les syndicats sont tombés à bras raccourci sur la direction, qui n’a eu d’autres choix que de la retirer du Web, la tête entre les jambes. Triste.

Patrick Duquette

Pour que votre opinion compte

CHRONIQUE / C’est facile de dire qu’on « consulte » la population. De se donner une belle image d’ouverture et de démocratie.

Mais quand une consultation sur le plus gros projet d’infrastructure de toute l’histoire de Gatineau n’attire que 70 personnes aux deux premières séances d’information, des questions se posent.

Patrick Duquette

D’ici la prochaine tornade

CHRONIQUE / Cette fois, j’y ai cru.

Quand l’alerte de tornade a bipé sur mon téléphone intelligent, dimanche soir, je suis aussitôt sorti sur la terrasse pour m’assurer qu’un tourbillon de vent furieux ne s’approchait pas de ma maison.

Patrick Duquette

Pour une journée de plus avec Daniel

CHRONIQUE / Je peux seulement imaginer les efforts que Daniel Rousseau a dû consentir pour m’écrire un simple courriel. Le Gatinois de 53 ans est atteint de la maladie de Lou Gehrig.

Ça a commencé avec des raideurs dans les jambes en décembre 2017. Son état s’est détérioré assez vite. Il ne peut plus marcher que quelques pas, avec une marchette. Sinon, il se déplace en fauteuil motorisé. Ses doigts et ses avant-bras sont si raides qu’il peut difficilement tourner une page de journal ou agripper quoi que ce soit.

Patrick Duquette

Comment gérer le réseau routier?

CHRONIQUE / C’est l’enfer depuis quelques semaines sur les routes d’Ottawa-Gatineau.

Les politiciens nous proposent de bâtir un nouveau lien interprovincial ou de nouvelles routes. Ou encore d’investir des milliards dans de gros projets de transport en commun. Un peu tout le monde a sa solution pour réduire les embouteillages monstres qui se forment aux approches des ponts interprovinciaux.

Patrick Duquette

Train léger ou Rapibus?

CHRONIQUE / La question qui tue : a-t-on vraiment besoin d’un train léger pour désengorger l’ouest de Gatineau ? Est-ce qu’un service rapide par autobus ne ferait pas tout aussi bien le travail — peut-être à moindre coût ?

Je me posais sérieusement la question en lisant cette étude de la Société de transport de l’Outaouais sur le futur système de transport en commun rapide de l’ouest.

On y présente cinq scénarios pour décongestionner les secteurs du Plateau et d’Aylmer dont la population connaîtra une croissance de 33 % d’ici 2051. Les scénarios envisagés vont du tout au rail au tout au bus, en passant par des scénarios hybrides avec à la fois du transport par train léger et par autobus.

La STO consultera la population pour nourrir sa réflexion. Je plains le citoyen qui tentera de se faire une tête en lisant le document. Il reste vague sur les avantages et les désavantages d’un train léger par rapport à un service rapide par bus — ce qu’on appelle plus communément ici un Rapibus.

Je me suis mis à la place du citoyen qui se demande : c’est quoi le plus vite pour me transporter au centre-ville ? Le train léger ou l’autobus ? Il faut prendre le temps de bien lire les documents pour trouver une réponse. Les experts ont comparé des temps de parcours pour se rendre d’Aylmer jusqu’au centre-ville d’Ottawa, via le pont du Portage. Le service serait plus rapide par autobus. Mais par un poil. Le train léger n’est pas loin derrière, avec des différences de plus ou moins cinq minutes dépendant d’où tu pars. 

Si l’avantage du train léger n’est pas la vitesse, alors quoi ?

Au plan des gaz à effet de serre, on peut imaginer un match nul. Tant un service rapide par bus qu’un train léger seraient électrifiés. Match nul aussi en ce qui a à trait à l’emprise publique. Qu’on parle d’un Rapibus de l’ouest ou d’un train léger, l’espace requis pour faire passer les véhicules serait le même. 

Si bus et train léger se valent en matière de vitesse, d’emprise publique et d’empreinte écologique, la question des coûts pourrait faire la différence. Un Rapibus est présumé moins cher qu’un train léger. Est-ce vraiment le cas ? Encore ici, le citoyen restera sur sa faim. La STO n’a pas jugé bon de chiffrer les coûts associés à chacun des cinq scénarios.

J’ai parlé à Myriam Nadeau, présidente de la STO. À ses yeux, le train léger a un avantage déterminant sur un service rapide par bus : sa fiabilité.

Dans tous les scénarios, les train légers auraient une priorité absolue aux intersections. Ce ne serait pas le cas des autobus. Un jour de congestion monstre ou de tempête de neige, les autobus pourraient se retrouver coincés en file indienne sur leur voie dédiée. Pas les train légers qui continueraient de circuler sans entrave.

Autre avantage du train léger : sa capacité. Un autobus peut transporter entre 55 et 90 passagers (et même plus, en comptant les gens debout). Un train léger ? Jusqu’à 300 personnes. En d’autres termes, si la STO a besoin d’augmenter la capacité de son réseau, c’est plus facile de le faire en ajoutant un train léger que plusieurs autobus. Surtout que trop d’autobus sur la route finiront par contribuer à la congestion au lieu de la soulager.

Le maire Maxime Pedneaud-Jobin a déjà fait son nid et milite pour une conversion rapide au rail. 

C’est pour mieux s’arrimer avec Ottawa, sa voisine. Mais aussi pour préparer l’avenir. Avec la croissance de sa population, Gatineau devra se convertir au rail d’ici 20 ou 30 ans. Or tant le gouvernement fédéral que provincial se disent prêts à financer dès maintenant la transition. Il y a là une occasion à saisir. 

C’est la bataille politique que mène le maire de Gatineau.

Patrick Duquette

La stratégie du buffle

CHRONIQUE / Infiltrer un ordinateur personnel ? Trop facile. Un jeu d’enfant !

« La première fois, ça m’a fait peur tellement c’était simple », raconte Maxim Nicastro, un jeune programmeur en informatique de Gatineau.