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Patrick Duquette

Un rêve brisé par un test de français

CHRONIQUE / Un échec à l’examen de français de l’Université d’Ottawa a brisé net le rêve de Michelle Frenette.

À 42 ans, cette mère de trois enfants souhaitait réorienter sa carrière dans le domaine de l’enseignement en Ontario. Ça tombe bien, il y a une pénurie de profs dans la province de Doug Ford.

Patrick Duquette

Les écrans : une question de bon sens

CHRONIQUE / J’en conviens, c’est une excellente chose que le gouvernement Legault cherche des moyens de réduire le temps d’écran chez les jeunes.

Même si la recherche scientifique en est encore à ses balbutiements dans ce domaine, on sait déjà que trop de temps passé devant les écrans est dommageable à bien des égards.

Patrick Duquette

Et nos enfants?

CHRONIQUE / Et nos enfants dans tout ça ?

Vont-ils bénéficier de l’abolition des commissions scolaires ou en payer le prix ?

C’est la question que je me pose face au projet de loi 40 adopté sous le bâillon par le gouvernement Legault.

Un projet de loi que beaucoup comparent à la réforme Barrette dans le domaine de la santé. On y retrouve la même volonté de centraliser les pouvoirs à Québec. Le même acharnement à éliminer des contre-pouvoirs jugés gênants ou superflus.

À l’annonce de la réforme Barrette, j’avais écrit une chronique où je me demandais : et les patients dans tout cela ? J’ai envie de poser la même question devant cette réforme du ministre Jean-François Roberge : et les élèves dans tout cela ?

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Loi 40 et cession d’immeubles: le monde municipal condamne le gouvernement

Je m’inquiète pour l’allocation des ressources aux enfants en difficulté. Avant, c’était le conseil des commissaires qui s’assurait que la répartition se faisait de manière équitable. Eux qui veillaient, en tout dernier recours, à ce que les plus démunis ne tombent pas entre les craques du système.

Désormais, qui fera cet arbitrage ?

Autre aspect du projet de loi qui soulève des questions : les parents pourront désormais choisir leur école. Qu’est-ce que ça veut dire pour nos écoles du Pontiac, de la Petite-Nation ou de la Haute-Gatineau ?

Que se passe-t-il si les parents de Maniwaki, Fort-Coulonge ou Papineauville décident d’inscrire leurs enfants dans une école de Gatineau, près de leur lieu de travail ? Ne risque-t-on pas de dévitaliser les petits milieux ? De créer des écoles de riches et des écoles de pauvres ? Le gouvernement Legault, qui se proclame pourtant le champion des régions, passe vite sur cet aspect de son projet de loi.

Le projet de loi 40 en met aussi beaucoup sur les épaules des directions d’école. Oui, elles sont bien placées pour déterminer les besoins des élèves. En même temps, leurs nouvelles responsabilités viendront avec de la reddition de compte, de la paperasse à remplir. On a déjà des enseignants à bout de souffle. Aura-t-on aussi des directions avec la langue à terre ?

Oui, le taux de participation aux élections scolaires était famélique. Il reste qu’en Outaouais, les commissaires scolaires jouaient un rôle clé au moment de revendiquer une nouvelle école ou de négocier le choix d’un terrain pour l’accueillir.

Qui jouera désormais ce rôle hautement politique ?

Apparemment, la réponse se trouve au beau milieu de l’immense projet de loi adopté sous le bâillon. Au grand dam des maires, l’article 114 force désormais les municipalités à céder gratuitement un terrain pour la construction ou l’agrandissement d’une école.

« C’est nous qui allons augmenter les taxes pour payer les écoles du Québec ! », s’insurge le maire de Gatineau, Maxime Pedneaud-Jobin. Il déplore, du même souffle, que cet article lourd de conséquences n’ait pas été discuté avec les municipalités.

Tout cela donne l’impression que le ministre Roberge a brûlé des étapes en faisant adopter sous le bâillon un projet de loi volumineux — dont 36 des 37 blocs ne touchent même pas les élections scolaires.

Comme la réforme Barrette, le projet de loi 40 risque de créer beaucoup d’incertitude. Tout ça au moment où le réseau devrait consacrer son énergie à régler des problèmes urgents comme la pénurie d’enseignants ou le décrochage chez les garçons. D’où ma question de départ : et nos enfants ? Ils y gagnent quoi ?

Patrick Duquette

Pour gagner dix secondes... [VIDÉO]

CHRONIQUE / Le conseiller d’Ottawa Jeff Leiper a diffusé une vidéo à donner froid dans le dos. Les images montrent une voiture sortie de nulle part qui dépasse un autobus scolaire par la droite… au moment même où des enfants s’apprêtent à en débarquer.

Si ce n’était de la présence d’esprit du chauffeur d’autobus, qui a retenu les écoliers juste à temps, c’était la tragédie assurée. Faut-il préciser que la voiture a emprunté une piste cyclable pour dépasser l’autobus par la droite ? Oui, monsieur. Empruter une piste cyclable pour dépasser un autobus scolaire à l’arrêt. Faut le faire !

Patrick Duquette

Détresse agricole

CHRONIQUE / Les gens du village ont deviné ce qui s’était produit. Même si l’avis de nécrologie disait simplement : c’est avec tristesse que nous vous faisons part du décès de M. X, à l’âge de 65 ans.

Le mot s’est passé dans la communauté. M. X, un producteur agricole de l’Outaouais, s’était suicidé. Son décès a causé une onde de choc dans ce petit milieu où tout le monde se connaît.

Patrick Duquette

Le virus de la peur

CHRONIQUE / L’inquiétude se propage plus vite que n’importe quel microbe, disait la semaine dernière Horacio Arruda, le directeur de la Santé publique du Québec.

Justement, je jouais dans un tournoi de squash ce week-end à Ottawa. Près du vestiaire, une télé passait en boucle des images de Chinois avec des masques sur le visage. On nous montrait aussi les rues désertées de Wuhan, épicentre de l’épidémie.

Patrick Duquette

Cool, la biblio de l’école

CHRONIQUE / Oui, ça peut être « cool » de fréquenter la bibliothèque de son école secondaire. À condition d’en faire autre chose qu’un austère entrepôt de livres, où le silence absolu est de rigueur.

Le Collège Saint-Alexandre vient d’investir un million dans la sienne. Un million provenant essentiellement de dons privés. Depuis, c’est devenu « the place to be ». L’endroit le plus couru de l’école. Des jeunes qui n’y avaient jamais mis les pieds la fréquentent régulièrement.

Patrick Duquette

À la merci d’une roue plate

CHRONIQUE / Les déboires du train léger d’Ottawa n’en finissent plus de faire les manchettes. Seul côté réjouissant de l’affaire : nous avons tous droit à un cours accéléré de technologie ferroviaire.

Dernier problème en date du train léger : les roues s’aplatissent. Une déformation d’usure tout à fait normale… sauf quand elle survient 5 mois à peine après l’entrée en service des trains roulant sur la ligne de la Confédération.

Patrick Duquette

La «route» 50

CHRONIQUE / Encore un accident mortel sur l’autoroute 50 mercredi matin.

Si on fait le compte, ça fait six accidents mortels en 16 mois sur le tronçon compris entre Gatineau et Grenville-sur-la-Rouge. C’est presque un mort tous les trois mois.

Patrick Duquette

Vieillir gaiement

CHRONIQUE / Henri-Paul Lalonde et Michel Charron ont baptisé leur projet Vieillir gaiement en Outaouais.

Et c’est bien de ce dont il s’agit : un programme d’accompagnement pour les aînés, qu’ils soient gais, lesbiennes ou trans. Une première dans la région.

Patrick Duquette

Zone franche pour la haine

CHRONIQUE / L’homme de Granby faisait l’apologie du nazisme et d’Adolf Hitler sur les médias sociaux.

Sur VK, l’équivalent russe de Facebook, il laissait libre cours à sa haine des noirs, des Juifs et des Arabes.

Il allait jusqu’à affirmer que le « camp de concentration est la plus grande innovation nazie » et souhaite que 2020 soit l’avènement de la civilisation aryenne.

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Bref, ce monsieur de 38 ans, qui répandait prétendument son fiel raciste, homophobe et anti-immigration sur le Web, a finalement été arrêté par la police lundi. Il fait face à des accusations d’incitation à la haine et au génocide. Il subira aussi une évaluation psychiatrique.

Tout est bien qui finit bien, alors ? Non, justement.

Parce que ce n’est pas à la suite d’une enquête serrée de la police que ce présumé néonazi s’est retrouvé devant un tribunal. L’homme a plutôt été débusqué par un prof du collégial, Xavier Camus, qui s’intéresse de près aux groupes haineux depuis l’attentat de la mosquée de Québec.

C’est lui qui a présenté l’individu sur son blogue comme un suprémaciste blanc, sympathisant de Hitler, et nourrissant des fantasmes terroristes. Le tout avec de nombreuses captures d’écran à l’appui.

À ma collègue Marie-Ève Martel de la Voix de l’Est qui a écrit un excellent article sur le sujet, M. Camus a confié avoir approché les autorités avec le résultat de ses recherches.

Et c’est là qu’il faut se poser des questions.

Car la police lui aurait expliqué qu’« une plainte a beaucoup plus de poids si elle est formulée par une personne visée par les menaces ».

Je veux bien.

Mais faut-il en comprendre que tant que tu insultes les juifs, les noirs ou les Arabes en général, sans viser personne en particulier, tu ne risques rien ? Tu peux libérer ton fiel en toute impunité, au nom de la liberté d’expression, comme le faisait ce monsieur ?

J’espère que non.

Sur sa page Facebook, l’auteur jeunesse Nicolas Paquin y voit une « banalisation assumée », au Québec, des courants de pensée qui mèneraient directement en cour du côté de la France.

« Notre insouciance, écrit-il, nous fait prendre à la légère une haine latente dont on ne peut pas comprendre l’impact réel, car on n’a pas vu le sang des nôtres gicler sur nos parquets, car on n’a pas senti s’abattre sur soi la matraque de l’ordre et vu partir nos voisins vers des lieux d’où ils ne revinrent jamais sous prétexte qu’ils n’avaient pas une prétendue pureté raciale. »

Il a raison. Le Québec a été relativement épargné par les grands conflits mondiaux. On ne réalise pas que répandre des horreurs contre un groupe en particulier, c’est la recette employée par Goebbels pour démoniser les juifs dans l’Allemagne nazie. C’était la recette de la radio des Milles-Collines qui incitait, dans les années 1990, à « tuer tous les cafards » au Rwanda.

Si le monsieur de Granby avait exprimé ses opinions racistes et antisémites sur la place publique — au conseil municipal par exemple — il aurait été arrêté sur-le-champ. Mais il a fallu l’intervention d’un prof de cégep et d’une journaliste pour que la police s’en mêle. Une nouvelle preuve que des propos intolérables sur la place publique peuvent être répercutés en toute impunité sur les médias sociaux.

Patrick Duquette

Drôle de façon de redonner au prochain

CHRONIQUE / Six mois que la boîte de dons de la Saint-Vincent-de-Paul a été retirée. Six mois ! Et pourtant, des gens continuent de déverser leurs sacs de vêtements usagés directement sur le parterre, à l’endroit où elle se trouvait jadis. Comme si la boîte de dons existait toujours. Comme si rien n’avait changé, dans une sorte de pèlerinage complètement absurde. Ça me dépasse.

Je vous parle de la boîte de dons qui était située près du magasin Rona du Plateau. La Saint-Vincent-de-Paul l’a retirée dans la foulée de la fameuse saga sur la collecte des déchets encombrants à Gatineau. Six mois après le retrait de la boîte de dons, les gens auraient dû s’habituer. Mais non. Encore cette fin de semaine, le petit bout du stationnement où elle se trouvait jadis était parsemé de sacs remplis à craquer de bottes, de tuques, de gants, de manteaux d’hiver… J’ai même repéré un sac à main en tissu léopard.

Patrick Duquette

Au-delà des slogans écolos

CHRONIQUE / C’est bien beau de sortir dans les rues pour manifester avec Greta Thunberg contre les changements climatiques.

Mais un moment donné, il ne suffit plus de scander des slogans écolos et de faire de son mieux, chacun dans son petit coin, pour réduire son empreinte écologique.

Patrick Duquette

La Force est avec nous, fiston

CHRONIQUE / Je me souviens du tout premier jour où j’ai parlé de la Guerre des étoiles à mon fils. J’ignorais alors à quel point la Force allait nous connecter à travers les années.

C’était après le dîner, à l’heure du dessert, dans ce petit appartement que je louais en célibataire sur la rue des Noisetiers. Fiston n’avait que trois ans, il adorait que je lui raconte des histoires. Et j’adorais lui en inventer.

Patrick Duquette

Le plus beau cadeau de Noël

CHRONIQUE / La porte de l’appartement s’est ouverte sur les frimousses rieuses de deux fillettes aux grands yeux noirs, Shana et Heyleen.

Puis leur grand frère Hussein est arrivé sur le pas de la porte. Suivi par l’autre grand-frère Ayass, et par le père, Blind Alsino.

Patrick Duquette

Courageuses allumettières

CHRONIQUE / J’aime cette photo des allumettières publiée dans «Le Droit», lundi. Une vieille photo en noir et blanc prise devant la fabrique d’allumettes de la E.B. Eddy, dans le vieux parc industriel de Hull.

Je ne me lasse pas de les contempler, ces jeunes travailleuses d’une autre époque. Cordées en rang serré devant leur lieu de travail, comme pour une photo de famille. Elles s’appelaient Lydia, Donalda, Alzire, Georgina ou Laura…

Patrick Duquette

Vilaines antennes

CHRONIQUE / À une époque pas si lointaine, accrocher des antennes de télécommunications à l’une des plus belles églises de l’Outaouais aurait été perçu comme un sacrilège. Mais les temps ont changé !

Un ami lecteur nous a signalé l’apparition d’une antenne sur le clocher de l’église Saint-François-de-Sales à Gatineau. Au premier coup d’œil, ces grosses boîtes rectangulaires sont aussi gracieuses… qu’un bouton sur le nez.

Les antennes ont été peintes dans le même gris que le bâtiment. Leur présence n’en gâche pas moins les lignes pures du clocher. Pour notre ami lecteur, accrocher de telles horreurs à l’une des plus magnifiques églises de la région, une église historique citée par le gouvernement du Québec, relève quasiment de la profanation.

Bref, je me suis arrêté au presbytère, mardi matin. Le curé Lévis Martel était à moitié surpris de me voir. « Un voisin s’est plaint des antennes, c’est lui qui vous envoie ? », m’a-t-il demandé. Non, monsieur le curé, ce n’est pas lui. J’ai été alerté par un lecteur de passage qui se désolait de l’apparence du clocher.

Le curé a soupiré. « Pour tout vous dire, je pensais que les antennes seraient installées plus haut. Oui, ça étonne au premier coup d’œil. Mais comme elles ont été peintes du même gris que le clocher, on finit par s’y habituer. »

La paroisse a obtenu toutes les autorisations avant d’installer les antennes, m’a-t-il assuré.

L’autorisation du fédéral qui gère les télécoms. Du diocèse. Du ministère de la Culture puisque la vénérable église Saint-François-de-Sales, construite entre 1886 et 1903, est protégée par une citation historique. Une citation qui ne la préserve pas des antennes, dirait-on !

Même la Ville de Gatineau serait en voie de délivrer un permis bien que l’antenne ne soit pas installée sur une emprise terrestre.

Bref, la paroisse est en règle, dit le curé.

Quant au contrat avec Rogers, il s’agit d’un bail de 35 ans qui rapporte 900 $ par mois. Pour cette paroisse qui ne roule pas sur l’or, c’est la promesse d’un revenu stable et récurrent. Avec sa nef surélevée, l’église coûte une fortune en chauffage. Sans compter les frais pour entretenir un bâtiment historique. La quête et la dîme ne rapportent plus comme à la belle époque, dit le curé Martel. « Les gens ont vieilli, il y a moins de monde à la messe… »

Le curé m’a jasé de sa paroisse, fondée en 1840. La plus ancienne de Gatineau. L’église Saint-François-de-Sales est apparue peu après, en même temps que les églises St-Stephen’s de Chelsea, Saint-Grégoire-de-Naziance à Buckingham, et Saint-Paul d’Aylmer.

Je lisais que les clochers des églises étaient, au Moyen-Âge, une manière pour les paroisses de marquer leur richesse et leur prestige. La hauteur de la flèche, la finesse des ornements témoignaient de leur toute-puissance. Nous voilà à louer ces clochers à des géants des télécoms pour payer la facture de chauffage.

Une autre église de Gatineau, Sainte-Rose-de-Lima, a aussi installé des antennes. Est-ce un sacrilège ou un signe des temps ? Si on veut garder nos églises, surtout les plus belles comme Saint-François-de-Sales, ces vilaines antennes sont-elles un passage obligé ?

Patrick Duquette

Le fantasme du 6e pont

CHRONIQUE / Désolé de vous faire de la peine, mais construire un nouveau pont entre Ottawa et Gatineau ne réduira pas la congestion routière.

Je répète : construire un 6e pont n’améliorera pas les temps de déplacement. Sauf au début. Et seulement pour une brève période de temps.

Patrick Duquette

Chercher le coupable

CHRONIQUE / Bien des sinistrés du Québec se demandent encore si la gestion des barrages a joué un rôle dans les inondations monstres du printemps dernier.

Malgré les appels du pied répétés de certaines municipalités, le gouvernement Legault n’a jamais voulu lancer une commission d’enquête indépendante pour élucider la question.

Patrick Duquette

À bout de bras!

CHRONIQUE / Les enseignants nous disent qu’ils tiennent le système d’éducation à bout de bras. Qu’ils n’en peuvent plus. Que le système craque. Et que ce sont nos enfants, surtout les plus fragiles, qui en paient le prix.

L’autobus rouge de la Fédération autonome de l’enseignement s’est arrêté à la polyvalente de l’Érablière de Gatineau, mardi matin, à l’aube d’une nouvelle négo pour renouveler leur convention collective.

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Avec leurs tuques rouges et leurs fanions, ils ont rappelé que les enseignants québécois sont les moins bien payés au Canada avec un salaire annuel variant entre 42 000 et 83 000 $.

Une injustice qui les achale, bien sûr, mais pas autant que la dévalorisation de la profession. Pas autant que ce projet de loi 40 du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, qui leur retirerait le peu de pouvoirs qu’ils ont au profit des directions d’école.

Pas autant non plus que la lourdeur de leur tâche quotidienne qui les fait tomber au combat, décourage la relève et pousse des enseignants d’expérience vers une retraite prématurée. « Vingt-cinq pour cent des nouveaux enseignants quitteront la profession avant la 5e année de pratique », s’inquiète Sylvain Mallette, le président de la FAE.

Une tuque rouge vissée sur la tête, François Tremblay agitait son fanion en compagnie de ses collègues mardi matin. D’aussi loin qu’il se souvienne, ce professeur d’histoire en 4e secondaire, à la polyvalente de l’Érablière, n’a jamais cumulé une tâche aussi lourde. Ni fait face à des classes aussi complexes. 

« Je travaille plus fort maintenant, après 24 ans de carrière, que lorsque j’ai commencé comme jeune prof », témoigne-t-il.

Même constat de la part de sa collègue Geneviève Senécal, enseignante de français en 5e secondaire.

« En 15 ans, j’ai vu un changement énorme au niveau des conditions de travail. Surtout sur le plan de la composition de la classe. Deux mondes ! Moi, j’ai trois groupes considérés comme réguliers. Dans deux des trois groupes, le tiers des élèves a un plan d’intervention. Dans le troisième, c’est la moitié ! C’est donc énormément d’énergie pour gérer et adapter. Tout cela retombe sur mes épaules. Avec des groupes de 32 élèves, parfois plus, ce n’est pas évident de donner l’attention à tous. On fait ce qu’on peut. C’est-à-dire le maximum. Toujours ! »

La lourdeur de la charge de travail à un prix. La détresse psychologique des enseignants serait à l’origine de 13 % des congés d’invalidité courte durée en Outaouais, note Suzanne Tremblay, présidente du Syndicat de l’enseignement de l’Outaouais.

Une réalité inquiétante que connaît trop bien François Tremblay. « À notre école l’an dernier, 26 personnes sur 150 sont parties en congé de maladie. C’est énorme ! Et ce ne sont pas des nouveaux, mais des profs avec une vingtaine d’années d’expérience qui se sont brûlés au travail. »

Tout cela alors que le réseau scolaire ne s’est pas encore remis des coupes de 1,5 milliard effectuées sous le précédent règne libéral, soutient Sylvain Mallette de la FAE.

« Sur le terrain, ça veut dire qu’il y a encore des profs qui se font dire par les directions d’école : choisis parmi tes élèves ceux qui auront du service, je n’ai pas suffisamment de ressources. C’est dramatique. On a donné à l’école publique la mission d’accueillir tous les élèves sans discrimination et on ne lui en donne pas les moyens. »

L’école en est-elle vraiment rendue là ? À choisir quels élèves sauver du naufrage ?

« Il y a tellement peu de ressources que c’est quasiment une réalité, répond François Tremblay, de la polyvalente de l’Érablière. Les élèves qui n’ont pas eu la chance d’avoir un plan d’intervention sont un peu laissés pour compte. Ça me révolte. Alors je consacre de mon propre temps, le midi, à essayer de les aider.

«Mais encore une fois, ce sont les enseignants qui portent le système à bout de bras. C’est ça que je trouve révoltant. Parce que c’est un métier de passion, un métier de cœur. Pour nous, ce qui est important, c’est la réussite de nos élèves. Alors on va ambitionner là-dessus. On va demander aux enseignants d’en faire toujours plus. Un moment donné, ça ne peut plus fonctionner !»

Patrick Duquette

Combattre les préjugés sexistes

CHRONIQUE / Ce jour-là, Camilla Teixeira Cazelais, une étudiante universitaire de 24 ans, s’est choquée. « Voyons, c’est donc bien sexiste cette théorie-là ! », a-t-elle réalisé en écoutant le professeur.

Ce n’était pourtant pas la première fois que Camilla entendait parler de la théorie des dimensions culturelles de Hofstede dans ses cours à l’Université d’Ottawa.

Patrick Duquette

Tramway: la fiabilité avant tout!

CHRONIQUE / On apprenait cette semaine que la Société de transport de l’Outaouais embauchera un consultant en « acceptabilité sociale » pour vendre son projet de tramway à la population.

C’est une bonne idée de se faire accompagner dans un projet d’une telle envergure.

Patrick Duquette

Courir après sa queue

CHRONIQUE / Expliquez-moi quelqu’un ! Je n’arrive pas à comprendre.

Comment se fait-il qu’on soit incapable de prévoir l’emplacement des nouvelles écoles primaires et secondaires à Gatineau ?

Patrick Duquette

Nous sommes des cyborgs

CHRONIQUE / Un cyborg ? L’image qu’on s’en fait se rapproche plus d’Iron Man, Robocop ou Darth Vader que d’une femme de 46 ans portant une frange de cheveux roses.

Pourtant, Tamara Banbury se définit comme un cyborg, créature à mi-chemin entre l’humain et la machine. Un cyborg « volontaire », précise cette candidate au doctorat de l’Université Carleton, qui se distingue ainsi des « cyborgs médicaux », porteurs de prothèse ou autres.

Patrick Duquette

Voir plus loin que le nid-de-poule

CHRONIQUE / Peut-on voir plus loin que le prochain nid-de-poule à Gatineau ?

C’est la même chose chaque année lors de la préparation du budget municipal. Voilà quelques années, on s’est enfermé dans un débat ridicule opposant les défenseurs des bibliothèques aux partisans de l’asphalte. Comme s’il fallait choisir entre l’un OU l’autre. Comme s’il n’y avait pas moyen d’investir à la fois dans l’un et dans l’autre !

Cette année, on a droit à une variation sur le même thème, gracieuseté de la conseillère Louise Boudrias : l’asphalte avant le plein air urbain, prône-t-elle.

Car imaginez-vous que Gatineau se voit devenir la capitale du plein air urbain au Québec, rien de moins ! Il faut admettre qu’avec la présence du parc de la Gatineau, de la rivière des Outaouais et de ses nombreux parcs et boisés, elle a tous les atouts pour y parvenir.

Mais voilà, les partisans de l’asphalte, Louise Boudrias en tête, poussent les hauts cris. C’est bien beau le plein air urbain, clament-ils, mais il faut d’abord renflouer le budget de pavage.

Et Mme Boudrias de proposer qu’on retarde d’un an le projet de plein air urbain. Ce qui permettrait d’ajouter un demi-million de dollars de plus dans le pavage. De quoi asphalter, quoi ? Un petit bout de rue supplémentaire de 500 m ? Ça ne vaut même pas la peine d’en parler.

S’il faut parler des avantages économiques à développer le plein air urbain, je soumets à Mme Boudrias l’exemple de la ville américaine de Denver, au Colorado, qui compte un impressionnant réseau de parcs et d’espaces verts.

Dès sa création au début des années 1900, ce réseau de parcs était en partie destiné à devenir un outil de développement économique qui allait faire rayonner Denver bien au-delà des frontières de l’État.

Au départ, des parcs et des promenades historiques ont été aménagés par l’urbaniste George Kessler, sous la houlette du célèbre maire Robert Speer. Les efforts se sont poursuivis tout au long du dernier siècle avec le design « City Beautiful » du Civic Center, en passant par le verdissement de l’ancien aéroport de Stapleton.

Bref, aujourd’hui Denver compte 6200 acres d’espaces verts, 29 centres récréatifs, 309 terrains sportifs et de superbes sentiers aménagés en bordure des cours d’eau.

La beauté de l’affaire ?

Les gens de Denver ont mesuré la valeur économique réelle de ces espaces verts en 2010. Les chiffres parlent d’eux-mêmes.

Ainsi, la proximité des parcs a fait augmenter la valeur des résidences, permettant à la Ville de Denver d’empocher 4,1 millions $US en taxes supplémentaires par année. Les revenus nets provenant des dépenses touristiques s’élevaient, quant à elle, à 18 millions $US.

Avantage collatéral d’avoir des espaces verts partout dans une ville : la population est plus active, et donc, plus en santé. La fréquentation des parcs de Denver s’est traduite par une économie de près de 65 millions $US en soins de santé.

Les espaces verts d’une ville contribuent également à la cohésion sociale. Ils permettent aux gens de connaître leurs voisins. Si les gens se mobilisent pour préserver ou améliorer leurs parcs, cela contribue même à prévenir des problèmes sociaux et la criminalité. Au bout du compte, les économies pour le système de justice se chiffrent à environ 2,7 millions $US, évalue l’étude. 

Payant le développement des espaces verts ? En devenant la capitale du plein air urbain au Québec, Gatineau se donnerait le potentiel de générer assez de richesse pour combler tous les nids-de-poule dont peut rêver Louise Boudrias

Patrick Duquette

Vaccination : trop facile d’être contre !

CHRONIQUE / Quand j’étais petit, il me semble qu’on écoutait le médecin.

Le doc nous disait de prendre telle pilule ? On prenait telle pilule. Il nous disait d’aller nous faire vacciner ? On allait se faire vacciner. Même si, comme moi, on avait une peur bleue des piqûres.

Patrick Duquette

Jour du Souvenir: profitez de la paix, les jeunes

CHRONIQUE / La guerre ? Elle a fait irruption dans la vie d’Albert Kahrel, en mai 1940, sous la forme d’une rafale de mitraillette allemande. Tacatac !

Il n’avait que 12 ans, et son village de Hollande venait d’être envahi par les soldats de Hitler. La guerre allait tout changer dans la vie d’Albert, un garçon aux yeux bleus vifs et à l’abondante tignasse blonde.