Le bac à déchets organiques que ma MRC m’a gracieusement remis il y a six mois a aussitôt été abandonné sous la galerie, où il sert de refuge temporaire aux lièvres sans-abri.

Matières (organiques) à réflexion

CHRONIQUE / Pour être franc, je ne fais pas grand-chose pour lutter contre les changements climatiques (qu’entends-je ? Est-ce une mise en demeure de mon collègue Michel Laliberté, surnommé le pourfendeur des pollueurs, qui atterrit sur mon bureau ?).

Je recycle, je marche autant que je peux, j’achète mes arachides au barbecue en vrac, mais c’est à peu près tout. 

Et le bac à déchets organiques que ma MRC m’a gracieusement remis il y a six mois a aussitôt été abandonné sous la galerie, où il sert de refuge temporaire aux lièvres sans-abri.

Je sais, c’est mal. Je ne dis pas que je ne l’utiliserai jamais, mais… D’abord, il commence à manquer de place sur le côté de ma maison pour les bacs. Et en été, je crains les odeurs, les rongeurs et les malfaiteurs. Oui oui, les malfaiteurs qui voudraient voler mon compost. Qui sait s’il n’y aura pas un jour un trafic de compost de gens connus ?

Ensuite, il y a la question du ti-bac qu’on garde dans la cuisine pour déposer nos restes de table (et de réfrigérateurs pour ceux qui, comme moi, oublient les restants de tourtière au fond du frigo pour se rendre compte, trois semaines plus tard, que c’est devenu de la ratatouille). 

Je le mets où, ce ti-bac-là ? Sur le comptoir ? Ha ! La petitesse de mes comptoirs de cuisine, aggravée par la prolifération de biberons, suces, séchoirs, stérilisateurs, bavettes, téterelles, pots de purée, fruits en fermentation et l’occasionnelle paire de bas qui n’a pas d’affaire, ne permet pas qu’on accueille, en plus, une boîte qui pue.

Je n’ose imaginer, non plus, le dégât monumental que causerait Jojoba, âgée de deux ans, en mettant la main sur cette enclave à enzymes pour en faire la matière première des fondations de son prochain château de princesse.

Je sais que je ne fais que repousser l’inévitable. Que c’est logique de réduire nos enfouissements d’ordures ménagères (l’utilisation du bac à matières organiques doit permettre de les réduire de 40 %, selon ma MRC). Que les vidanges passeront moins souvent cet été, pour nous forcer à utiliser le bac brun… 

Mais une tâche ménagère de plus, c’est comme une énième émission de vedettes québécoises qui interview d’autres vedettes québécoises ; ça ne me tentait pas vraiment.

Oui, la planète se réchauffe et provoque des extrêmes de température. Il faut faire notre part. Quoique… Quelles que soient les bonnes intentions écologiques que j’adopte, m’est avis qu’elles seront annihilées par la quantité astronomique de couches usagées qui sont évacuées de chez moi chaque jour.

Et ne me parlez pas des couches lavables. Je ne les ai même pas essayées. Le concept même me répugne, tout comme il devrait vous répugner aussi.

La guerre s’étiole

Parlons des choses sérieuses, maintenant. Le dernier Star Wars. Que j’ai vu au cinéma. Et détesté presque du début à la fin.

Tout est bien fait, le jeu des acteurs, les décors, les scènes d’action, les effets spéciaux… Mais on a l’impression de regarder un film écrit par 12 scénaristes remplis de bonnes intentions, adeptes de compromis et avec des commandes bien précises : chaque personnage principal doit avoir une quête, aussi inutile soit-elle, l’un d’eux doit mourir, il faut de nouvelles planètes et de nouvelles bibittes, etc.

Bref, un film conçu pour plaire à tout le monde et à personne en même temps. Sans âme, trop long, avec des détours inutiles, des invraisemblances dérangeantes, des motivations toujours aussi floues et des aptitudes nouvelles et inconnues dont les héros sont soudainement greffés.

Apprêtées à la sauce Disney, même les sombres et abracadabrantes histoires de guerre spatiale deviennent fades tout d’un coup, et c’est bien dommage.