Le compostage n’a pas encore la cote au domicile de notre chroniqueur.

Matières (organiques) à réflexion 2

CHRONIQUE / « Tu vas voir, tu vas recevoir plein de courriels d’environnementalistes engagés », m’avait averti Désirée après avoir lu, en exclusivité comme le prévoit notre clause de concubinage (et pour s’assurer que je parle en bien d’elle) ma dernière chronique où je confessais que je ne composte pas (encore), bien que la MRC de Rouville m’ait aimablement fourni un bac brun.

Encore une fois, elle avait raison. En fait, elle a toujours raison, mais je ne lui dis pas pour ne pas qu’elle fasse sa fraîche.

Or donc, ma boîte de courriel a été envahie de courriels me traitant de tous les noms : arriéré, inconscient, irresponsable, égocentrique, bachi-bouzouk — ah non, celle-là vient du capitaine Haddock, désolé.

Pourtant, je précisais que j’étais sur le bord de composter, mais que je résistais (encore) à cause d’une certaine paresse, bien sûr, mais aussi des bébés qui nous incitent à vouloir gagner du temps dans toutes les tâches ménagères. Et si je me fie au nombre limité de bacs bruns qui ornent ma rue le lundi soir, nous ne sommes pas les seuls.

Environnementalistes
Bernard Valiquette, chargé de projet à la fondation pour la Sauvegarde des écosystèmes du territoire de la Haute-Yamaska, m’écrit : « M. Pascal Faucher, votre comportement est non seulement dommageable pour l’environnement, mais irresponsable devant votre enfant. Au rythme où nous allons avec les changements climatiques, votre petite Jojoba, quand elle aura votre âge, vivra dans un monde de plus en plus chaotique, généré par un “jemenfoutisme” (sic) comme le vôtre : événements climatiques extrêmes, perte irréparable et massive de biodiversité, flux migratoire de centaines de réfugiés climatiques, etc. »

« Comme vous êtes minimalement informé sur les torts que vous causez, je ne peux que conclure soit à votre égocentrisme, votre cynisme ou un peu des deux. De grâce, ne transmettez pas ces attitudes et ces comportements à votre petite (N.B. : il oublie Anastasia, mais bon) : faites au moins semblant que croyez (re-sic) à un monde vivable pour elle et pour vos éventuels petits-enfants en faisant quelques efforts en dehors de votre grande zone de confort. »

Les autres courriels reçus sont de la même eau (de la Yamaska ?). Et ils m’ont rappelé pourquoi je n’aime pas les environnementalistes engagés : si tu ne penses pas comme eux, tu es forcément un irresponsable et le monde court à sa perte par ta faute.

Pour faire évoluer les mentalités, le tact, les conseils et le renforcement positif ne sont-ils pas plus appropriés ? En tout cas, ça fonctionne quand je tente de convaincre Jojoba de ne pas gaspiller les mouchoirs en papier.

Oups ! Je viens d’écrire que j’utilise (encore) des mouchoirs en papier… À moi d’autres courriels vindicatifs !

Ça va, ça vient
La coordonnatrice de l’hebdo Le Plus Isabelle Gaboriault, une jeune journaliste pleine de potentiel, a chroniqué cette semaine sur le désarroi de son ancienne voisine déçue d’avoir constaté qu’elle l’avait abandonnée sur Facebook (elles ont renoué depuis).

Je compatis avec l’ex-voisine en question. Il m’est arrivé de constater qu’une personne que j’appréciais — mais que je n’avais pas vue depuis longtemps — avait coupé le lien virtuel qui subsistait entre nous sur le populaire réseau social qui, par ailleurs, est en train de tuer les médias écrits à petit feu en aguichant les annonceurs (nous y reviendrons).

Ça m’avait frappé de plein fouet. Pourquoi ? POURQUOI ? Qu’avais-je fait ? Écrit ? Partagé ? Et pourquoi est-elle encore amie avec LUI ? HEIN ?

Finalement, j’ai lâché prise. L’amitié, c’est comme l’amour, disait l’autre : ça va, ça vient. Certaines sont plus durables que d’autres. Tenez, Bernard Valiquette et moi, je suis convaincu qu’on sera copains comme cochons dans 20 ans.