À loisir

« Pascal, pourquoi je ne peux plus faire de yoga avec les loisirs de la Ville ? »
Depuis le temps que j'y pense, j'ai posé la question directement au maire de Granby. Qui est très accessible, en passant. Musclé et accessible. C'est comme ça que j'aime les maires.
Car la chicane est pognée. Granby a haussé les frais que doivent payer les municipalités environnantes pour que leurs citoyens aient accès à la fameuse carte-loisir, sorte de talisman qui ouvre les portes de toutes les activités offertes par la ville-centre.
Plusieurs villes (dont la mienne) ont dit non à la nouvelle entente-loisir proposée, faisant en sorte que leurs habitants ne peuvent plus faire d'escrime, jouer au Scrabble duplicata ou emprunter des livres à la bibliothèque de Granby.
Mais qu'importent les ententes-loisir ! Pourquoi je ne peux tout simplement pas payer plus cher pour continuer de faire des « aaah-ooouuum... » avec Amélie, la prêtresse zen à la souplesse exemplaire ?
Granby refuse de gérer chaque cas à la pièce, m'a répondu Pascal Bonin. Ce type de gestion coûte cher, et c'est pour ça que les frais ont monté pour les autres villes. 
Il assure que ces frais sont au prix coûtant et que Granby ne fait pas de profit avec les nouvelles ententes-loisir signées avec les municipalités. Et pour ces citoyens, le coût revient au même que pour ceux de Granby. Ce sont les villes qui refusent de payer pour les frais de gestion majorés.
« Elles ont été habituées à ne pas payer ce que ça coûtait, se défend Pascal Bonin. À chaque municipalité de voir le niveau de service qu'elle veut donner. »
Il ajoute que « c'est une décision (NB : hausser les frais) qui prenait du courage ». (Ah, ce Pascal ! Il a plein de qualités, mais l'humilité n'en fait pas partie.)
« Moi aussi, ça m'attriste quand des gens me disent qu'ils sont déçus de ne pas plus pouvoir faire de loisirs à Granby*, ajoute-t-il. J'aimerais que tout le monde puisse venir, mais je ne peux pas forcer la main aux autres villes. »
Il ajoute que les Granbyens forment 87 % des utilisateurs de la carte-loisirs et que, par conséquent, la baisse d'inscriptions constatée n'est « pas drastique ». 
Reste donc aux mécontents de faire pression sur leurs municipalités pour qu'elles signent l'entente - dont les montants ne sont « pas astronomiques », dit le maire de Granby - afin de permettre à leurs citoyens d'acheter une carte-loisir.
Ou de ne rien faire. C'est au choix.
(* Sauf pour la piscine Miner, dont le coût d'entrée a quand même été doublé pour les « non-Granbyens ».)
Les fautes
On a beaucoup parlé des mauvais résultats au test de français universitaire des étudiants en enseignement, cette semaine. On a trouvé ça révoltant et tout et tout...
Je me demande ce que seraient les notes si on faisait passer ce même test à tous les Québécois en âge d'écrire. Probablement pires !
Quel rapport ? Voici mon opinion et en cela, je rejoins celle d'autres chroniqueurs : le grand responsable du français médiocre des étudiants en enseignement au Québec, c'est nous. C'est le Québec au complet. Nous qui, globalement, n'accordons qu'une importance minime à l'éducation en général et au français en particulier. 
Le Québec a livré des batailles mémorables pour la sauvegarde de sa langue, mais en même temps il se complaît à la parler et l'écrire n'importe comment (et faire des reproches à quelqu'un à ce sujet équivaut presque automatiquement à se faire traiter de snob). 
Alors, que des jeunes hommes et femmes arrivent à l'université avec une connaissance limitée de la grammaire et de l'orthographe n'a rien d'étonnant. Le jour où nous accorderons de l'importance à bien parler et écrire, nos enfants feront de même.