Papa et fiston à un premier match des ligues majeures de baseball ensemble. J’avais hâte, il avait hâte.

Y’a de ces soirées spéciales...

Je ne me souviens pas au juste du premier match des Expos auquel j’ai assisté avec mon père. Comme il y a eu plusieurs de ces soirées au baseball avec papa, j’ai un tas de souvenirs, mais pas précisément de la première fois.

Mardi soir, j’ai amené Éliott, mon fils de huit ans, au match opposant les Blue Jays aux Cards de St. Louis au Stade olympique. Avant, on avait vu ensemble des rencontres de baseball professionnel à Burlington et à Portland et il m’a bien sûr accompagné plusieurs fois aux Guerriers, notre équipe junior à Granby. Mais à un match des ligues majeures, c’était la première, première fois.

J’avais hâte, il avait hâte. Pour lui, il y avait aussi l’attrait du Stade olympique, qu’il trouvait déjà tellement gros et tellement fascinant de l’extérieur.

Éli (c’est comme ça qu’on l’appelle) est un fier porte-couleurs des Phénix de Granby, niveau atome, et il adore le baseball. Et mardi, il allait voir les Jays, qu’on regarde souvent à la télé, il allait voir les meilleurs joueurs au monde, ceux des grandes ligues. C’était gros. Pas sûr d’ailleurs que sa concentration était à son top à l’école pendant la journée. Je m’en excuse en passant à monsieur Guillaume, son prof. Comme je m’excuse si fiston cognait des clous en classe au lendemain de cette grande sortie.

Bien sûr, il a posé 1000 questions. Il est comme ça, Éli. Sur les joueurs, sur le jeu, sur le pourquoi du comment les Expos ne sont plus là, sur le Stade olympique, sur Youppi !, sur tout ! Sur TOUT, TOUT, TOUT !

Vladimir Guerrero Jr a fait lever le toit du Stade olympique avec son circuit frappé en fin de neuvième manche.

Et il a mangé. Des hot-dogs, des chips et de la barbe à papa. Il aurait aussi voulu avoir une casquette des Jays, mais maman, celle grâce à qui on avait eu les précieux billets (encore merci Chérie !), nous avait dit qu’il fallait tout de même faire attention aux dépenses. N’Amour, on t’écoute des fois !

Moi qui craignais qu’il trouve ça un peu long, il a insisté pour rester jusqu’à la fin. Il ne voulait rien rater. D’autant plus qu’il trouvait ça « ridicule » que ce soit encore 0-0 en neuvième manche. Il faut dire qu’il y a toujours au moins 20 points par match à ses parties de balle à lui !

Puis, Vladimir Guerrero Jr a frappé un circuit avec deux retraits, le toit du Stade a levé et les Jays se sont sauvés avec la victoire. Tout le monde l’a dit, tout le monde l’a écrit, c’était un véritable scénario digne d’Hollywood. Je vous en parle et j’en ai encore des frissons. Pas de farces, comment trouver que le baseball n’est pas un sport extraordinairement extraordinaire après un moment comme celui-là ?

On a quitté le stade heureux d’une très belle soirée, d’une soirée très spéciale. Je regardais mon garçon, qui avait le sourire fendu jusqu’aux oreilles, et je me revoyais avec mon père au même âge. Papa, papi pour mon petit Éli, qui nous a quittés il y a exactement quatre ans. La vie nous fait parfois de ces clins d’œil...

Vers 23 h 15, à la hauteur de Marieville sur l’autoroute des Cantons-de-l’Est, Éliott m’a dit : « Papa, je vais me souvenir de cette soirée toute, toute ma vie ! »

J’ai braillé le reste du voyage...