Bianca Andreescu lors de sa dernière participation au Challenger de Granby. Une autre athlète qui est passée par chez nous et dont les succès peuvent rendre fiers les gens d’ici.

Souvenirs de Bianca

CHRONIQUE / Petit texto d’Alain Faucher­ dimanche. « Je suis en train de regarder le match de Bianca Andreescu à la télé présentement et je suis fier. Voilà la raison d’être des tournois comme le nôtre… », m’a écrit le président et directeur général du Challenger de tennis de Granby.

Depuis dimanche, le nom d’Andreescu est connu de tous les amateurs de tennis du monde entier. Indian Wells, c’est gros. Et elle l’a gagné. Face à une ancienne numéro au monde par-dessus le marché.

Son triomphe en Californie lui permet de se retrouver cette semaine au 24e rang mondial. Dans le top 25. Non, y’a pas un million de Canadiens qui ont fait le top 25 du tennis au fil des ans.

À Granby, chaque fois qu’un ancien du Challenger s’illustre dans les grands tournois, on est fiers. Et les raisons de bomber le torse au cours des dernières années ont été nombreuses avec les succès des Milos Raonic­, Eugenie Bouchard, Vasek Pospisil­, Denis Shapovalov et Félix Auger-Aliassime. Et là, on ne parle que des Canadiens et on oublie, par exemple, que l’actuelle numéro un au monde, la Japonaise Naomi Osaka, est aussi passée par chez nous.

Andreescu a participé aux trois derniers Challenger. Elle a connu sa meilleure semaine (du moins au niveau des résultats) l’été passé alors qu’elle a atteint le carré d’as. On se souviendra que des maux de dos l’avaient toutefois empêché de disputer son match de demi-finale devant l’Israélienne Julia Glushko, éventuelle championne du tournoi.

Mais au-delà de ses performances sur le court, je retiens un moment précis des passages d’Andreescu à Granby. C’était en 2017, avant qu’elle n’entreprenne sa deuxième participation au Challenger.

C’était un dimanche. Parce que ma fille Anaïs s’ennuyait à la maison, je l’avais amenée sur le site du tournoi. Un peu gêné, j’avais demandé à Bianca si ça posait problème qu’elle assiste à l’entrevue. « Pas de trouble ! », avait-elle répondu dans son français limité.

Et avant que l’on commence à jaser tennis, elle avait posé des questions à ma fille. Si elle avait déjà joué au tennis, si elle venait souvent au Challenger, etc. Elle lui avait aussi signé un autographe et pris une photo avec elle. Comme on dit, elle avait été super sweet.

Ça avait été une bonne entrevue aussi. À la suite d’un long entraînement, elle s’était montrée disponible et généreuse. Entre autres, elle m’avait dit qu’elle voulait devenir numéro un au monde, gagner des tournois du Grand Chelem et aider le Canada à remporter de grandes victoires en Fed Cup. Elle était alors classée 156e au monde, elle qui était débarquée à Granby en tant que favorite du tableau féminin.

Andreescu n’avait toutefois pas connu une semaine extraordinaire en s’inclinant au deuxième tour. Et elle s’était montrée moins disponible après sa défaite, mon collègue Jonathan Gagnon n’ayant jamais été capable de lui parler !

L’été dernier, on s’est inquiété pour elle puisqu’elle avait régressé au classement au moment de se pointer à Granby. Mais elle a bien fait les choses chez nous et les performances qui ont suivi ont démontré qu’une année plus difficile ne fait pas une carrière.

Pas du hasard

Au cours des derniers mois, Andreescu a battu plusieurs des meilleures joueuses au monde. Clairement, elle a ce qu’il faut pour aller loin, très loin. On le savait un peu, nous, à Granby. Et on ne gagne pas un tournoi comme celui d’Indian Wells par hasard.

Non, elle ne sera pas du Challenger dans quelques mois. Mais nul ne peut prédire l’avenir. Une carrière au tennis est faite de hauts et de bas et ce n’est pas parce que tu es 25e au monde aujourd’hui que tu n’auras pas besoin de refaire ton classement un jour. Ce qu’on ne souhaite pas à Bianca, on s’entend.

Depuis dimanche soir, j’ai lu plusieurs commentaires sur les réseaux sociaux comparant Andreescu à Eugenie Bouchard. Du genre : « En espérant qu’elle ne finisse pas comme Eugenie ! » Rappelons tout de même que, malgré ses déboires des dernières années, Bouchard s’est hissée au cinquième rang mondial et qu’elle a fait la finale à Wimbledon. Et il faudra toujours la respecter pour ça.

Mais dimanche, j’ai demandé à ma fille si elle se souvenait de Bianca. Elle s’en rappelait très bien. Et elle a ressorti son autographe. Elle était fière quand je lui ai dit qu’elle venait de remporter un tournoi très important.

Sérieusement, on est chanceux à Granby…