Les Cobras viennent de l'emporter. C'est l'heure de la traditionnelle poignée de mains. Les Inouk ont mal.

Pas une équipe championne, mais une équipe spéciale

CHRONIQUE / J’ai vraiment cru aux chances de l’édition 2018-2019 des Inouk de ramener la Coupe Napa à Granby. À défaut d’être parfaite, elle m’apparaissait avoir ce qu’il fallait pour aller jusqu’au bout.

Mais voilà, les Cobras de Terrebonne, qui forment eux-mêmes une superbe équipe, en ont décidé autrement. Lors du septième match, en prolongation. Impossible de subir une élimination plus crève-cœur, impossible de subir une élimination qui fait plus mal.

Ça fait quelques années que je pratique ce métier et je n’avais encore jamais vu un vestiaire aussi triste que celui des Inouk à la suite du match de vendredi soir à la Cité du sport de Terrebonne. Jamais. Non, jamais vu autant de pleurs après une défaite. Ça prenait directement au cœur.

Et du cœur et de la résilience, justement, les Inouk de 2018-2019 en avaient. Il fallait en avoir pour revenir plus fort après s’être fait retirer trois victoires en début de saison en raison de la présence de joueurs inadmissibles dans l’alignement et il en fallait pour maintenir le rythme malgré toutes les blessures subies à des joueurs clés en cours de saison.

Patrice Bosch et ses joueurs y ont cru aussi. Ils se sont avoués vaincus au match ultime, en prolongation, d’une grande série. Même Robert Dubuc, qui entretient une vieille rivalité avec les Inouk, a avoué que les deux équipes avaient été nez à nez pendant sept matches et qu’il n’avait jamais vu une aussi belle série dans la Ligue junior AAA. L’entraîneur des Cobras était heureux après le duel de vendredi mais il savait très bien que, dans le fond, ça aurait pu aller d’un bord comme de l’autre, comme on dit.

Les Inouk de 2018-2019 étaient bons, mais ceux qui gravitent dans l’entourage de l’équipe savent qu’ils étaient plus que ça. C’était un groupe de bons kids, de bonnes personnes, comme on n’en voit pas souvent. Un groupe attachant même. Même l’auteur de ces lignes, qu’on accuse souvent d’être dur envers l’organisation, a eu un pincement au cœur l’autre soir.

Vrai qu’ils n’auront pas été couronnés champions, les Inouk de 2018-2019. Mais à défaut d’être une équipe championne, ils formaient une équipe spéciale. Très spéciale même. Pour toutes les raisons énumérées plus haut.

Les Inouk ont perdu en demi-finale. C’est la troisième fois de suite qu’ils s’inclinent à l’intérieur du carré d’as. Si ça devient frustrant pour les partisans, ceux-ci peuvent néanmoins se consoler en pensant que leur équipe est compétitive année après année. D’ailleurs, une analyse sommaire de ce que devrait être l’alignement du club en 2019-2020 nous permet déjà d’affirmer que la troupe granbyenne comptera encore parmi les puissances de la LHJAAAQ.

Mais pour l'heure, je sais, ça n'efface pas la douleur.