Si les arts martiaux mixtes ont maintenant quelque chose de noble chez nous, c’est grâce à Georges St-Pierre.

Pas la plus grande victoire de GSP

CHRONIQUE / Georges St-Pierre est le nouveau champion des poids moyens de l’UFC. Il a livré une performance impressionnante l’autre soir face à Michael Bisping.

Certains ont dit qu’il s’agissait de sa plus grande victoire en carrière. Je ne suis pas d’accord.

Je ne suis pas d’accord parce que j’ai vu des choses en fin de semaine qui me permettent d’affirmer que sa plus grande victoire n’est pas celle qu’il a remportée face à l’Anglais. 

Dimanche après-midi, alors que tout le monde se préparait pour la soirée des élections à La Voix de l’Est, ça jasait de GSP. Max et Joe, qui travaillent à la section sportive, mais aussi Anne et Valérie, qui ne sont pas réputées pour s’intéresser beaucoup au sport en général... et encore moins aux arts martiaux mixtes.

Quelques heures plus tôt, ma voisine m’avait aussi abordé pour me parler de St-Pierre. « Quel athlète ! », m’a-t-elle lancé, elle qui ne m’avait jamais, mais alors là jamais, parlé de sport avant.

La plus grande victoire de St-Pierre, c’est celle-là. Le bonhomme a réussi à faire en sorte que le Québécois moyen a maintenant de l’intérêt pour un sport qu’il considérait, il n’y a pas si longtemps encore, comme de la barbarie pure et simple.

Les arts martiaux mixtes ont maintenant quelque chose de noble chez nous. Et c’est grâce au grand champion qu’est St-Pierre, dont les performances piquent la curiosité des gens et donnent le goût à monsieur et madame Tout-le-Monde de voir de quoi il en retourne.

Juste ça, c’est énorme. En fait, c’est encore plus gros qu’une remarquable victoire après avoir passé quatre longues années loin de l’octogone.

«Pourquoi pas moi?»

Comme je l’ai déjà écrit, j’aime la boxe depuis longtemps. Quant aux arts martiaux mixtes, je découvre le sport au contact d’Adam Dyczka, Dimitri Waardenburg et Yan Pellerin, nos trois professionnels granbyens dont je couvre les activités. Je le découvre... et je l’apprécie de plus en plus, je l’avoue.

À l’exception peut-être de Pellerin, qui monte dans l’octogone depuis aussi longtemps que St-Pierre, sinon même plus, les deux autres ont été influencés par GSP, dont les succès sont inspirants. Les gars le regardent et se disent : « Pourquoi pas moi ? Pourquoi pas nous ? »

Georges St-Pierre est aux arts martiaux mixtes au Québec ce que Maurice Richard a été au hockey : le premier grand. Et il y en a même qui se demandent s’il n’est pas le plus grand athlète de l’histoire du Québec, point. C’est pas rien.

À nos plus vieux lecteurs, une question pour vous : le hockey a-t-il déjà été considéré comme de la barbarie pure et simple ?