Michel Tassé
«On a gagné la saison dernière et on veut encore gagner, explique Nick Majeau, qui prend beaucoup de place au sein des Sportifs de Joliette. Car quand tu as gagné, tout gagné, tu veux y goûter à nouveau.»
«On a gagné la saison dernière et on veut encore gagner, explique Nick Majeau, qui prend beaucoup de place au sein des Sportifs de Joliette. Car quand tu as gagné, tout gagné, tu veux y goûter à nouveau.»

Nick Majeau et ses Sportifs ont encore faim

CHRONIQUE / Les Sportifs de Joliette sont les champions en titre de la Ligue de hockey senior AAA du Québec. Et foi de Nick Majeau, ils ont encore faim.

À Granby, samedi, les Sportifs ont démontré qu’ils n’avaient pas l’intention de regarder passer la parade. Ils ont joué un gros match contre les Bisons, qui n’avaient certainement pas leur équipe A, mais qui demeurent une des bonnes équipes du circuit.

« On a gagné la saison dernière et on veut encore gagner, explique Majeau. Car quand tu as gagné, tout gagné, tu veux y goûter à nouveau. La ligue n’a jamais été aussi compétitive, c’est vrai, mais on va vendre chèrement notre peau, je vous le garantis. »

Les Sportifs (7-4-2) ont rejoint les Bisons (8-6) au quatrième rang du classement de la LHSAAAQ, mais ils ont un match en main. Les quatre premières équipes au classement final auront l’avantage de la glace au deuxième tour des séries éliminatoires.

« On a une équipe bâtie pour notre petite patinoire et quand on remporte un gros match sur la route comme ça, on est contents », reprend Majeau, qui est propriétaire, directeur général adjoint et coentraîneur des Sportifs en compagnie de Gaby Roch.

Sans vouloir narguer les Bisons, Majeau se félicite de l’acquisition d’Alexis Guilbault (un but et une passe samedi) et de Sébastien Gauthier.

« Ce sont deux joueurs qui répondent à des besoins très précis et qui vont nous aider énormément. »

« Frédéric est bien meilleur que moi »

Jusqu’à la saison dernière, Nick Majeau gardait aussi les buts des Sportifs. Celui qui a défendu les couleurs du Collège Français de Longueuil et des Cobras de Terrebonne, dans la Ligue junior AAA, et des Patriotes de l’Université du Québec à Trois-Rivières a cependant laissé toute la place à l’excellent Frédéric Piché, première étoile en fin de semaine au Centre sportif Léonard-Grondin.

« J’ai 34 ans, j’ai trois jeunes enfants et je me brasse de bonnes affaires avec ma ferme laitière et ma cabane à sucre, lance-t-il. Et entre vous et moi, Frédéric est un bien meilleur gardien que moi. À ce stade-ci, je me sens plus à ma place derrière le banc. »

Majeau est celui qui a amené les Sportifs à Joliette en 2015 en compagnie de deux partenaires, qui ne sont plus dans le décor aujourd’hui. La concession est l’une des plus solides de la LHSAAAQ.

« On a de bonnes foules et on a une bonne entente avec les gens de la Ville, qu’il a toutefois fallu convaincre de notre sérieux à l’époque. Il y a des gens dans le coin qui veulent ramener du hockey junior AAA à Joliette et les autorités municipales nous tiennent au courant des démarches. Je trouve ça respectueux de leur part. »

Joliette est une bonne ville de hockey. En séries, la saison dernière, les Sportifs ont rempli le Centre récréatif Marcel-Bonin plus d’une fois.

« Le hockey senior, on va se le dire, c’est du hockey-spectacle. Le niveau de jeu de la LHSAAAQ est de plus en plus élevé et c’est cette qualité de jeu ainsi que cette belle intensité qu’il faut d’abord vendre au public. En même temps, on sait très bien qu’une partie des amateurs aiment la bagarre. Chez nous, on a des gars pour faire le travail, mais on n’est pas l’équipe qui mise le plus là-dessus. »

Mais à lire tout ce qui s’écrit, ils sont nombreux à ne plus vouloir de bagarres au hockey. La LHJMQ songe sérieusement, paraît-il, à les abolir.

« Au hockey junior, je trouve que ça se défend parce qu’on parle de jeunes de 16 à 20 ans. Dans le senior, c’est autre chose, car on parle d’hommes consentants. Il ne faut pas mêler les affaires. »

Un loisir… très prenant

Au moment de l’entrevue, Nick Majeau sortait d’un rendez-vous médical avec ses enfants et il se préparait à retourner à la ferme. Non, il n’y a pas que le hockey dans sa vie. Comme pour la plupart des intervenants au hockey senior, remarquez bien.

« Les Sportifs, c’est un loisir, dit-il. Un loisir très prenant, on s’entend, et celui qui fait en sorte que je me retrouve dans les médias. Au Québec, c’est difficile de faire du hockey à moitié. »

En effet. Mais quand son équipe a du succès, c’est plus facile.

Cette chronique reprendra le 14 janvier.