Les Pirates de Pittsburgh, champions de la Série mondiale de 1979. Les Pirates et les Orioles avaient fait du bien à un certain petit bonhomme…

Mes Séries mondiales

CHRONIQUE / Vous le savez, j’adore le baseball. En fait, il n’y a pas grand-chose qui me rend plus de bonne humeur que de m’asseoir devant une partie de balle, que je sois au stade ou que je la regarde à la télé.

J’ai une tonne de souvenirs reliés à ma jeunesse et au baseball. J’ai joué, mais j’ai aussi vu des centaines de matchs (et je n’exagère même pas) au Stade olympique à l’époque des Expos. Puisque j’habitais Longueuil, c’était facile. Des étés à 20 et 25 voyages au Stade avec le gros Christian, il y en a eu plusieurs. 

Encore aujourd’hui, la Série mondiale représente un moment fort de la saison à mes yeux. J’essaie de ne rien rater, mais j’avoue que j’ai de la misère à me coucher passé minuit avec le p’tit dernier qui se fout bien du baseball et qui ne se lève jamais plus tard que 6 h… 

« Ma » première Série mondiale, c’était celle opposant les Yankees aux Dodgers en 1977. À l’époque, les séries éliminatoires du baseball ne s’éternisaient pas. Le champion de l’Est se mesurait à celui de l’Ouest, dans la Ligue nationale comme dans la Ligue américaine, et les deux gagnants s’affrontaient lors de la Classique d’automne. Jamais on ne se rendait à la fin d’octobre ou même au début novembre comme c’est le cas maintenant. 

Les Yankees ont battu les Dodgers en 1977 et moi, je tripais sur Reggie Jackson, « Monsieur octobre » en personne. Il frappait des circuits à la pelle, son élan était spectaculaire, je l’adorais ! 

En 1978, les Yankees ont encore vaincu les Dodgers et Reggie a encore fait des ravages. Vous vous souvenez de sa légendaire confrontation avec feu Bob Welch ?

J’avais 10 ans, mais mes parents m’avaient laissé regarder les six matchs de cette série jusqu’à la fin… ce que je ne permettrais jamais à mes enfants de faire ! Et je me souviens qu’au lendemain du triomphe des Yankees, j’avais « organisé » un défilé des champions dans le salon à la maison. J’étais le seul participant… et le seul spectateur ! 

Le trophée des champions, c’était celui que j’avais reçu quelques semaines plus tôt après ma saison de baseball moustique ou pee-wee. Je me promenais avec dans le salon, je me prenais pour Reggie Jackson, et je saluais les amateurs imaginaires qui assistaient au défilé. Je sais, ça a l’air weird… 

En 1979, les Pirates ont battu les Orioles en sept matchs. Méchante série. Pittsburgh était mené par Willie Stargell et les partisans des Pirates entonnaient We Are Family, une toune de Sister Sledge, après chaque victoire. Ça, vous vous en souvenez ? 

Cette Série mondiale est celle qui m’a le plus marqué. Pas à cause de la qualité du baseball présentée, mais en raison de ce qui était arrivé quelques jours plus tôt à notre famille. 

L’idée n’est pas de vous faire brailler ce matin. Mais début octobre 1979, deux bandits étaient rentrés chez nous, un bas de nylon dans la face. On appelait ça un « hold-up » dans le temps, on appelle ça une violation de domicile aujourd’hui. Mes parents, ma sœur et moi, on s’était fait brasser. Sur mon lit de mort, je vais encore m’en rappeler. 

Mais quelques jours après, la Série mondiale commençait. J’étais encore sous le choc, je tremblais encore de peur, mais les Pirates et les Orioles m’ont fait du bien. Quand le baseball débutait, je me sentais mieux. J’étais avec mon toutou « Boubou » et je réussissais à penser à autre chose qu’aux maudits bas de nylon le temps de quelques heures. 

Le baseball et la Série mondiale, ça a aussi été ça pour moi. Le sport peut servir à bien des choses et même, parfois, à réconforter un enfant qui a peur. Merci le baseball, merci le sport. 

Il y a d’autres Séries mondiales qui m’ont fait triper après. Celle de l’année passée, alors que les Cubs ont triomphé pour la première fois en 1000 ans, m’a donné des frissons. Il faut savoir que les Cubs, c’était l’équipe de mon enfance. Moi, je préférais prendre pour eux quand ils perdaient 100 matchs par année...

Qui a gagné mardi soir ? Les Astros ou les Dodgers ? J’écris cette chronique avant de passer l’Halloween avec les enfants. Tant mieux si la série nécessite un septième match. Ça fera juste davantage de beaux souvenirs pour les jeunes, pour les moins jeunes, et peut-être même pour ceux qui ont besoin de réconfort…