Le match opposant les étoiles de la LHJAAAQ aux Cadets de l’Université Norwich aurait dû susciter pas mal plus d’intérêt.

L’occasion ratée de la LHJAAAQ

CHRONIQUE / Patrice Bosch a eu une bonne idée : celle d’organiser un match opposant les étoiles de la Ligue de hockey junior AAA du Québec aux Cadets de l’Université Norwich du Vermont. Un événement qui, pour une foule de raisons, intéressait grandement les gens de la section des sports de La Voix de l’Est, comme en a fait foi le nombre de textes que nous avons écrit sur le sujet.

D’abord, c’est plutôt rare que Granby ait eu l’occasion de recevoir la crème de la LHJAAAQ au fil des ans. Puis, ce n’est pas à tous les jours non plus qu’une équipe de la NCAA (même de troisième division) débarque chez nous. La présence de deux anciens Inouk au sein des Cadets (Maxime Borduas n’a finalement pas joué, on le sait) avait aussi de quoi nous exciter. Même chose pour la participation de sept joueurs de l’édition actuelle de l’équipe.

Mais voilà, une maigre foule de 352 spectateurs a assisté au match. Trois cent cinquante-deux ! La veille, face au totalement inintéressant Arctic de Montréal-Nord, les Inouk avaient attiré 505 personnes.

Mais qu’est-ce qui s’est passé ? Comment expliquer cette foule ridicule ? La question mérite certainement d’être posée devant un tel désastre. Car il s’agit bel et bien d’un désastre.

Bien sûr, pas moins de 33 000 personnes ont assisté au défilé du père Noël au centre-ville. Ça a enlevé de la clientèle potentielle au hockey, on s’entend. Mais les Inouk ont ce noyau dur de quelque 300 partisans qui seraient là même si la guerre faisait rage dehors. Partant de ce principe, ça veut dire que 52 personnes des autres villes de la LHJAAAQ sont venues faire leur tour à Granby. Seulement !

Le responsable du marketing des Inouk, Richard Gariépy, affirme n’avoir reçu aucune demande de la part du bureau de la LHJAAAQ pour promouvoir le match. Et il a dû présumer que c’est l’équipe de marketing du circuit Laporte qui allait s’occuper de « vendre » la rencontre aux amateurs québécois puisqu’il s’agissait d’un événement présenté par la ligue.

Ah non, c’est vrai, la LHJAAAQ n’a aucune équipe de marketing !

Il y a deux ou trois ans, j’avais signé une chronique où je disais qu’on se contentait de peu dans la LHJAAAQ. Et j’avais reçu des tomates de partout à travers la ligue. Mais quand on a la bonne idée d’organiser un match mettant aux prises ses meilleurs joueurs à un club représentant la NCAA et qu’on attire à peine 350 personnes, ça prouve encore une fois que oui, on se contente bel et bien de peu dans cette ligue.

Bien sûr, on dira que l’objectif premier était de permettre aux étoiles de la LHJAAAQ d’évoluer sous l’œil des recruteurs et des gens du hockey universitaire américain comme canadien. Mais il n’y aurait rien eu de mal non plus à ce qu’il y ait du monde dans les estrades afin de faire vivre une expérience plus intéressante encore à ces athlètes, qui auraient mérité d’être mis en valeur convenablement.

L’idée de Pat Bosch, je le répète, était excellente. Et il est à souhaiter que l’expérience soit renouvelée. Et pourquoi pas contre l’UQTR ou McGill la prochaine fois ? Mais il faudrait que la LHJAAAQ fasse les choses correctement et s’arrange pour que le match ressemble à un véritable événement, à autre chose qu’à un p’tite game ordinaire du mois de novembre.

Car en fin de semaine, elle a royalement raté son coup !