Les Maroons ne reprendront vie que dans… sept mois. C’est une éternité.

Les Maroons laissent (encore) toute la place aux Inouk

Au Québec, lorsque la saison de hockey de votre équipe se termine au mois de février, ça signifie que c’est un échec. Et la saison des Maroons s’est terminée en février… pour la deuxième année de suite.

Encore cette saison, les Maroons s’éteignent alors qu’il fait encore froid et que nous sommes encore dans la neige par-dessus la tête. Et puisque les premiers matchs préparatoires du hockey senior ont lieu seulement à la mi-septembre, ça veut dire que l’équipe reprendra vie dans… sept mois!

Sept mois, c’est une éternité. Ça donne en masse le temps aux partisans d’aller voir ailleurs, de découvrir autre chose, de faire autre chose. Autrement dit, ça leur donne le temps de quitter le navire.

Encore une fois, les Maroons vont laisser toute la place aux Inouk qui représentent, qu’on le veuille ou non, leurs principaux adversaires dans la bataille pour l’obtention du dollar-loisir des amateurs de hockey de la région. Tant mieux pour les Inouk, remarquez bien, qui connaissent encore une très belle saison et qui méritent mieux que les maigres foules qu’ils ont eues plus souvent qu’autrement depuis le début de la saison.

Mais voilà, le hockey senior, ce n’est pas du hockey de développement. Et deux ans d’insuccès, dans le senior, c’est inacceptable. Dans la grande majorité des marchés de la Ligue de hockey senior AAA du Québec, le personnel d’entraîneurs des Maroons aurait été congédié dès le lendemain de la deuxième élimination hâtive de suite de l’équipe.

Mais l’analytique Christian Roy, grand patron des Maroons, ne fonctionne pas comme ça. Et c’est tant mieux pour Miguel Fortin et cie, qui auront le temps de préparer un bon plan de match en vue de la prochaine saison et ainsi, peut-être, de sauver leur job.

N’empêche que les gens des Maroons doivent se regarder dans le miroir. Vrai que des joueurs importants ont été blessés, mais cette équipe a clairement été surévaluée. Blessés pas blessés, il y avait encore de gros trous à la ligne bleue et le club n’était pas non plus parmi les meilleurs devant le filet, bien que François Lacerte n’ait pas été vilain en séries.

Face au Cap-de-la-Madeleine, les Maroons n’avaient aucune chance. Une défaite en cinq matchs leur aurait probablement rendu davantage justice, mais en bout de ligne, ils n’étaient pas dans la même ligue que le Climatisation Cloutier.

Au niveau organisationnel, par ailleurs, la transition entre les anciens et les nouveaux propriétaires ne s’est pas faite sans heurt. David Godbout n’a pas manqué de bonne volonté, mais il sera le premier à admettre qu’il a connu une saison très difficile à la présidence. À sa défense, il a été un peu (pas mal) jeté dans la gueule du loup, sans préparation aucune.

Où?

Mais où joueront les Maroons la saison prochaine? C’est LA question qui intéresse leurs partisans et les amateurs de hockey de la région en général.

Je n’ai pas d’informations privilégiées à ce sujet. Et honnêtement, je suis convaincu que, à l’heure où on se parle, Christian Roy, celui qui décidera de l’avenir des Maroons, ne sait pas où son équipe évoluera en 2019-2020. Je le crois sincère quand il dit que Waterloo demeure le plan A parce qu’il sait fort bien que Waterloo est clairement la meilleure ville de hockey senior de la région. Mais en même temps, il a l’impression que la municipalité ne traite pas son club avec le respect (ou l’amour, pour reprendre son expression) qu’il mérite. Et ça l’agace pour la peine.

C’est à Waterloo que cette concession est née, qu’elle a grandi et qu’elle est devenue quelque chose de très important dans le paysage sportif de la région. Et c’est là qu’elle devrait rester. De l’autre côté — et au-delà même des simples considérations financières —, il est absolument vrai qu’elle mérite plus d’égard de la part de la Ville.

Si tout le monde fait son bout de chemin…

N’eût été trois défaites qui leur ont été ajoutées à la suite de l’affaire des joueurs inéligibles, les Inouk auraient battu un record d’équipe pour le plus petit nombre de revers en une saison.

LA MEILLEURE MOTIVATION DU MONDE!

Les Inouk ont terminé au quatrième rang du classement de la Ligue junior AAA du Québec. Un quatrième rang au goût amer… parce que ce n’est pas une vraie quatrième place.

Les joueurs de Patrice Bosch ont fini à six points de la tête et des Cobras de Terrebonne. Redonnez-leur les six points qu’ils ont perdus à la suite de l’affaire des joueurs inéligibles et enlevez aux Cobras les deux points qu’ils ont obtenus gratuitement dans l’histoire et les Granbyens se retrouvent champions du calendrier régulier. Rien de moins.

Un autre point : les Inouk ont terminé avec un total de 11 défaites à la régulière. Enlevez-leur trois revers, toujours pour les mêmes raisons, et voilà qu’ils se retrouvent avec le plus petit nombre de défaites de l’histoire de la concession, même si on ajoute les deux défaites en bris d’égalité qu’ils ont subies. Encore une fois, rien de moins!

Pat Bosch n’aime pas revenir sur cette histoire. Peut-être, diront certains, parce qu’il sait que son organisation en a échappé une. N’empêche que le championnat et le record perdus ainsi que la soif de vengeance peuvent constituer la meilleure motivation du monde en vue des prochaines séries.