Les Inouk ont beau avoir déjà été plus populaires, les amateurs ont beau avoir déjà été plus nombreux dans les gradins, ils demeurent quelque chose d’important à Granby.

Les Inouk reviendront à Granby

CHRONIQUE / Avec la confirmation que les Maroons de la Ligue senior AAA vont évoluer à Granby et qu’il y aura du hockey de la Ligue senior A Richelieu à Waterloo, les choses se précisent au sujet de la prochaine saison de hockey dans la région.

Bien sûr, il reste les Inouk, dont le statut est nébuleux, sinon incertain. Mais voilà, une source très proche de l’équipe m’a certifié en fin de semaine que le club junior AAA jouera encore au centre sportif Léonard-Grondin à l’automne. Mais la source en question ne pouvait d’aucune façon en dire plus…

Les partisans des Inouk sont inquiets. Mais ont-ils vraiment raison de l’être ? Personnellement, je suis convaincu que, si jamais les dirigeants en place décidaient de lancer la serviette, il y aura du monde en ville pour lever la main et s’assurer que l’équipe reste à Granby. Sans compter que, même s’il a fait preuve d’un certain détachement vendredi en entrevue à La Voix de l’Est, le commissaire de la LHJAAAQ, Jacques Laporte, ne voudra pas perdre une de ses concessions les plus importantes et celle qui apporte à son circuit la plus grande visibilité.

Les Inouk ont beau avoir déjà été plus populaires, les amateurs ont beau avoir déjà été plus nombreux dans les gradins, ils demeurent quelque chose d’important à Granby. Ils représentent le hockey chez nous depuis 15 ans, ils ont offert une coupe à la ville en 2014 et ils sont compétitifs année après année. Ce sont tous des points qui font en sorte que les Granbyens ne les laisseront pas aller sans rien dire.

Oui, les Inouk reviendront à Granby. Peut-être sous forme d’un OSBL, peut-être avec de nouveaux dirigeants, mais ils reviendront. Du moins la saison prochaine.

Non, les Inouk ne sont pas contents de l’arrivée des Maroons dans « leur » aréna. Mais ils savaient depuis un an que les autorités municipales étaient prêtes à ouvrir la porte à une deuxième équipe majeure. En soit, donc, l’arrivée des Maroons (ça aurait pu être un club de la Ligue nord-américaine aussi) ne devrait pas les surprendre et ils auraient dû mieux s’y préparer.

Les Inouk ne sont pas contents parce qu’ils sont convaincus de l’échec d’une cohabitation avec une autre équipe. Et aussi, je pense, parce qu’ils ont l’impression qu’on leur manque de respect.

Un défi

Pourtant, les gens de la Ville, à mon avis, agissent plutôt correctement dans ce dossier. Je le répète, ils avaient avisé les Inouk il y a un an de ce qui s’en venait et, dans la proposition qu’ils ont déposée il y a une dizaine de jours, ils garantissent à l’équipe la priorité du calendrier et ils leur garantissent qu’ils n’auront pas à partager leur vestiaire et leurs bureaux avec personne. Aussi, selon ce que j’ai appris, le partage des commandites à l’intérieur de l’aréna sera équitable pour les deux clubs et les Inouk ne perdront rien par rapport à ce qu’ils ont actuellement.

Les foules ? La présence des Maroons au centre sportif Léonard-Grondin va sortir les Inouk de la zone de confort dans laquelle ils sont installés. Et quand une personne ou une organisation est mise au défi, ça lui permet souvent de se dépasser. À la limite, les Inouk ont peut-être besoin de ça pour avancer.

Ceci dit, personne ne dit que les Maroons vont attirer de grosses foules au centre sportif Léonard-Grondin non plus. Il est loin d’être assuré que les gens de Waterloo vont suivre à Granby, d’autant plus qu’ils n’auront même pas à sortir de chez eux pour aller voir du hockey senior avec l’arrivée d’une équipe de la Ligue Richelieu. Par contre, les Maroons vont peut-être ramener à l’aréna ceux qui rêvent à la Ligue nord-américaine et ceux que le junior AAA ne branche tout simplement pas. Car il y en a.

Autrement dit, faudra voir.

Bref, Inouk et Maroons auront, chacun de leur côté, des défis à relever.

En passant, je suis de ceux qui pensent que les Maroons devraient changer de nom à Granby. Le nom Maroons, effectivement, appartient à l’histoire de Waterloo. Il n’y a peut-être pas de copyright, mais quand même. On imagine mal, par exemple, une ville américaine hériter d’un club des ligues majeures de baseball et l’appeler les Expos. Vous me suivez ?

Il commence à faire beau, il commence à faire chaud, mais le hockey fait encore intensément partie des discussions dans la région.