Les Bisons ont bien fait les choses lors de leur premier rendez-vous avec les amateurs de hockey de Granby.

Les Bisons ont saisi leur chance

CHRONIQUE / Pour reprendre les mots de David Lapierre, le centre sportif Léonard-Grondin a vibré samedi soir alors que les Bisons ont disputé leur tout premier match à domicile. Et ça faisait du bien de voir ça.

Si on exclut le match Foule plein des Inouk de l’an dernier, ça faisait un bout qu’on n’avait pas vu autant de monde à l’aréna. Il y avait du monde, il y avait de l’ambiance et tous les gens que j’ai croisés, à l’exception des joueurs du Formule Fitness de Bécancour, sont repartis avec le sourire.

Évidemment, il y avait de la curiosité. Une nouvelle équipe, une nouvelle ligue et un nouveau produit, ça attire l’attention. Mais les Bisons, les joueurs comme l’organisation, ont bien fait les choses et devraient revoir une bonne partie des partisans qui s’étaient déplacés en fin de semaine.

Ils ont bien fait les choses en l’emportant, en offrant un bon spectacle et en offrant — un élément très important — un emballage de qualité. On n’a qu’une seule chance de faire une bonne première impression et les Bisons ont su la saisir.

Il n’y aura pas 1200 spectateurs à chaque match, c’est clair. Mais les 600 partisans des matchs préparatoires et les 1200 du match d’ouverture laissent croire que l’équipe pourrait attirer de façon régulière un bon 800 personnes, assurément plus de 1000 lors des gros matchs et des événements spéciaux et plus encore lors des séries éliminatoires.

J’ai beaucoup aimé les propos du propriétaire Christian Roy, qui a mentionné: «Ce que j’ai hâte de voir, c’est combien il y aura de spectateurs à la fin de la saison. On pourra vraiment dire si on a fait du bon travail ou non selon le nombre de spectateurs qu’il y aura dans les gradins à la fin de l’hiver».

Autrement dit, il ne tient rien pour acquis et il a l’intention de poursuivre ses efforts afin de faire connaître son équipe et le produit qu’elle a à offrir. J’aime ça.

Clairement, les amateurs de hockey de Granby étaient mûrs pour quelque chose de nouveau. Et le hockey senior, on le sait, leur tente depuis un bon moment déjà.

Les Inouk

Mais voilà, ce n’est pas parce que les Bisons arrivent et qu’ils semblent partis pour avoir du succès que les Inouk n’ont plus leur place. En bout de ligne, Granby est simplement privilégiée d’avoir deux équipes de bons calibres. C’est une chance d’avoir de la diversité et les gens n’ont pas à choisir entre les deux clubs.

D’ailleurs, je ne suis pas d’accord avec ceux qui croient que les Bisons ont déjà commencé à faire mal aux Inouk, qui connaissent un départ désastreux au chapitre des assistances.

La glissade des Inouk au niveau des foules a commencé il y a trois ans. La saison dernière, les gradins étaient vides plus souvent qu’autrement malgré la présence, sur la patinoire, d’une magnifique équipe de hockey. Je ne sais plus le nombre de fois où j’ai écrit que le club méritait un bien meilleur appui.

Et les Inouk ne se sont pas aidés cet été en confirmant leur retour à Granby aussi tard qu’à la toute fin du mois de juin. Ce niaisage, si vous me permettez l’expression, a mis en colère de nombreux amateurs, qui ne leur ont peut-être pas encore pardonné.

Mais les gens qui siègent sur le conseil d’administration de l’OSBL, le président Richard Morasse en tête, ont de bonnes idées et ils ont confiance en l’avenir. Ils ont manqué de temps cet été, mais ils multiplient présentement les ententes commerciales, ce qui laisse présager des jours meilleurs pour l’équipe.

La Ligue senior AAA, ce n’est pas la Ligue nord-américaine, et la Ligue junior AAA, ce n’est pas la LHJMQ. Autrement dit, ni les Bisons ni les Inouk n’ont besoin de prendre tout l’espace disponible en ville pour vivre convenablement. Si les deux organisations travaillent bien, elles peuvent cohabiter en prenant chacune la place qui leur revient.