La mêlée générale est survenue vers la 50e minute de jeu, après que Bisons et Loups aient offert un excellent spectacle de hockey pendant deux périodes et demie.

Le dilemme des Bisons

CHRONIQUE / La scène était particulière. Samedi soir, alors qu’une bonne partie des 1063 spectateurs étaient debout afin de ne rien rater de la mêlée générale qui se déroulait sous leurs yeux, le grand patron des Bisons, Christian Roy, était collé à sa chaise, sur la galerie de presse du centre sportif Léonard-Grondin, l’air très, très sérieux.

Roy n’aimait pas ce qu’il voyait. Même si la bagarre et ce genre de spectacle font partie de la culture du hockey senior, ce n’est pas ce qu’il veut vendre aux Granbyens. Clairement, il était mal à l’aise face à ce qui se passait sur la patinoire.

On a senti l’entraîneur David Lapierre tout aussi mal à l’aise lorsqu’il discutait avec les journalistes après le match.

Mais dans les gradins, il y en a plusieurs qui tripaient. Selon certains, la mêlée générale survenue en fin de semaine garantit une excellente foule au prochain match, qui aura lieu samedi face au Métal Pless de Plessisville.

Faudra voir. Car de mon côté, j’ai reçu plusieurs courriels d’amateurs qui n’ont pas apprécié ce qu’ils ont vu. Au moins, on ne peut accuser les Bisons d’avoir déclenché la foire.

La mêlée générale est survenue vers la 50e minute de jeu, après que les Bisons et les Loups aient offert un excellent spectacle de hockey pendant deux périodes et demie. Et j’insiste sur le mot excellent. Ça patinait, l’exécution était à point et c’était intense.

Sur la galerie de presse, samedi, un observateur suggérait que la qualité de hockey offerte par les Bisons est peut-être la meilleure qu’on a vue à Granby depuis l’époque de la LHJMQ. D’autres diront depuis l’ère du Blitz, dans la Ligue semi-pro. Tout ça se discute.

Chose certaine, c’est du bon hockey. Et je parle ici uniquement de hockey, j’exclus l’élément bagarre et ce qui vient avec le hockey senior.

Pression

Mais toujours est-il que les gens des Bisons étaient mal à l’aise, l’autre soir, à la suite de la mêlée générale.

Les Bisons, en bout de ligne, sont pris dans un dilemme. Ils veulent amener le hockey senior à un autre niveau, mais il leur est difficile d’ignorer la pression imposée par un public (certainement pas une majorité d’amateurs, on s’entend) qui veut de la bataille et même une belle mêlée générale de temps en temps. Qui veut un show de hockey senior, bref !

L’acquisition de Martin Trempe a fait plaisir à bien des gens et il y en avait certainement plusieurs qui se sont pointés au centre sportif Léonard-Grondin, samedi, spécifiquement pour le voir en action. Les hommes de hockey des Bisons ont beau nous dire qu’ils veulent que leurs meilleurs joueurs soient protégés, ils sont aussi allés chercher Trempe pour le spectacle.

À son premier match, Trempe a fait quelques présences sur la patinoire sans nuire à son équipe (le gars a joué dans la LHJMQ, quand même), il s’est battu, il a fait partir la vague depuis le banc des punitions (je n’en reviens toujours pas!) et il a «animé» la mêlée générale.

Mais personne ne peut dire qu’il a dépassé les bornes, qu’il a posé un geste dangereux ou quoi que ce soit. Il a été… Martin Trempe version 2019, ni plus ni moins.

Trempe est un amuseur public. Son acquisition a toutefois donné de la matière à ceux qui, en ville, ne veulent rien savoir du hockey senior. Car il y en a.

Les Bisons devront maintenant gérer le personnage, faire en sorte qu’il ne nuise pas à l’équipe et à la crédibilité qu’ils tentent de donner à l’organisation.

Pour le meilleur…

Les dirigeants des Bisons sont pleins de bonnes intentions. Je crois qu’ils sont sincères quand ils disent qu’ils veulent d’abord et avant tout vendre du bon hockey aux amateurs d’ici.

David Lapierre, qui n’a fait que du hockey de développement dans sa vie, ne serait pas embarqué dans l’aventure autrement. Mais les Bisons font du hockey senior. Et le hockey senior, c’est parfois pour le meilleur… et parfois pour le pire.

On a eu droit à un peu des deux, samedi. Et des soirées du genre, il risque fort d’y en avoir d’autres. En même temps, une fois n’est pas coutume et il serait de mauvaise foi de condamner les Bisons sur une première soirée qui a mal tourné.