Michel Tassé
À mon tour de tenir le flambeau bien haut !
À mon tour de tenir le flambeau bien haut !

La tradition se poursuit

CHRONIQUE / C’était le 29 mai 1995. Ce jour-là, ma vie a changé. Ce jour-là, j’ai joint les rangs d’une institution.

J’étais fier, tellement fier. J’avais beau venir de Longueuil, je savais que La Voix de l’Est prenait énormément de place dans son milieu. Et en faisant mon entrée dans un quotidien, je réalisais rien de moins qu’un rêve.

Directeur de l’information du journal de Granby, le grand Dany Doucet est celui qui m’a donné ma chance. Il avait besoin de forces fraîches à la section des sports. Une section des sports déjà très solide avec Fernand Bélanger à ce moment-là à la direction, et les journalistes Gaétan Roy, André Bilodeau et Barclay Fortin de même que le statisticien Martin Messier.

Bélanger, Roy et Bilodeau étaient des vedettes dans la région. La Voix de l’Est ne manquait rien des événements sportifs présentés sur son territoire et les gars avaient de l’influence. À mes yeux, quand je suis débarqué dans la salle de rédaction, ils étaient des géants.

Gaétan Roy : il faut être prêt lorsqu’on arrive à l’aréna.

D’autres journalistes sportifs ont marqué l’histoire des 85 ans de La Voix de l’Est. Il y a eu Bernard Brodeur, il y a eu Ben Gaudreau, il y en a eu d’autres qui ont bâti, texte par texte, la section que vous lisez. Mais je ne les ai pas côtoyés. Je salue toutefois leur mémoire avec grand respect.

Aujourd’hui, la tradition se poursuit. Après un séjour au défunt site internet Canoë et à La Presse et un long détour par la section des arts à mon retour, c’est moi qui est à la tête du département des sports. Les temps sont durs pour les médias et on a moins de bras qu’à l’époque où j’ai fait mon entrée à La Voix de l’Est, mais le désir de vous informer de ce qui se passe d’important dans notre milieu est aussi fort qu’avant, croyez-moi.

Fernand Bélanger et le football : un homme et sa passion.

Mon université à moi

Gaétan Roy, Fernand Bélanger et André Bilodeau sont aujourd’hui tous à la retraite. Vous croisez encore le premier si vous êtes un habitué du Centre sportif Léonard-Grondin et du Stade Napoléon-Fontaine, alors que les deux autres se font plus discrets.

J’ai appris énormément au contact de ces trois messieurs. Il y a tellement de choses à savoir lorsque vous entamez une carrière de journaliste sportif dans un quotidien que ça fait peur !

Gaétan m’a appris qu’il fallait toujours être prêt lorsqu’on se présente sur les lieux d’un événement sportif. Il faut en savoir le plus possible sur les athlètes que l’on couvre et le plus possible sur l’enjeu du match ou de la compétition. Gate m’a aussi fait comprendre que dans ce milieu, tu n’es rien sans une solide liste de contacts.

Fernand, lui, m’a appris qu’il n’y a pas de « petites nouvelles », seulement des nouvelles. Pour lui, la victoire d’un nageur de chez nous à une compétition régionale tenue à Magog était aussi importante que celle de notre gros club de hockey à l’aréna le vendredi soir. Même si on a moins de temps et de bras pour couvrir tous nos athlètes, je te garantis que je m’en souviens, Fern.

André, pour sa part, m’a tout appris de l’art de la mise en page et de l’importance de respecter l’heure de tombée. Une des meilleures personnes que je connaisse sur cette planète, Bill m’a aussi fait rendre compte qu’il y a de la place pour les bons gars au sein de ce milieu très compétitif.

André Bilodeau : le respect des heures de tombée.

Gaétan, Fernand et André m’ont marqué. J’ai longtemps travaillé dans leur ombre, mais cette période m’a permis de prendre une quantité de notes qui me servent encore à tous les jours aujourd’hui. Sans même le savoir, ils ont été de brillants professeurs. Je ne suis pas allé à l’université, mais ils ont été mon université à moi.

J’ai une pensée toute spéciale à l’heure où j’écris ces lignes pour Fernand. Fern a récemment été victime d’un ACV, il est actuellement en réadaptation à Sherbrooke et il vient tout juste de perdre son frère. Je lui souhaite la plus douce des retraites pour la suite, lui qui était toujours le premier de l’équipe des sports à arriver au bureau et toujours le dernier à partir. Travailler sans compter ses heures pour le bénéfice de nos lecteurs, même si ça magane son homme, j’ai aussi appris ça de lui.

Oui, la tradition se poursuit. La Voix de l’Est est encore là pour vous dire ce qui se passe dans le monde du sport de notre région, elle est encore là pour vous raconter les plus belles histoires de nos athlètes. Et avec votre appui, on va être là encore longtemps.

Bon 85e, mon journal !