Le hockey est un sport qui rassemble, mais qui divise aussi. Même quand on parle simplement de hockey mineur.

Juste au hockey !

CHRONIQUE / Je venais à peine d’arriver au bureau quand le téléphone a sonné. C’était un bénévole du hockey mineur de la région. Il disait vouloir discuter de la dure réalité de la vie de bénévole au hockey.

On a jasé. Une bonne quinzaine de minutes. Évidemment, son appel était en lien avec les textes que j’ai écrits au sujet du petit Michael Champagne, de Bromont. Je vais prendre pour acquis que vous avez lu les textes parce que ça ne me tente juste pas de réexpliquer cette histoire très complexe !

Donc, mon bénévole, appelons-le Jean-Marie, me disait que l’histoire avait été le sujet de conversation no 1 dans les arénas du coin le week-end dernier. « Ça parlait juste de ça ! Et les bénévoles, on en mangeait souvent une maudite ! C’était pas l’fun… »

Jean-Marie, qui a une famille et une job à temps plein, dit mettre entre 20 et 30 heures par semaine dans le hockey. C’est beaucoup. Et il encaisse mal le coup lorsque le travail des bénévoles est durement critiqué. « Ça fait mal et c’est franchement démotivant. On ne fait pas ça pour la gloire, on fait ça pour les jeunes », m’a-t-il dit.

Mais ça, c’est le hockey au Québec. Un rien fait jaser, un rien entraîne des discussions animées. Et quand on se retrouve avec une histoire comme celle du petit Michael, qui pose la fameuse question du surclassement, les passions se déchaînent carrément.

Le père de Michael, Pat Champagne, ne l’a pas facile non plus sur les réseaux sociaux depuis la parution du premier texte, samedi. Ils sont nombreux à être en désaccord avec lui et à lui faire savoir de façon pas toujours très polie. Bravo à l’homme, qui semble toujours garder son calme, du moins selon ce que j’ai lu.

Le hockey qui divise

Mon travail m’amène à être dans le monde du sport à la journée longue, à la semaine longue, à l’année longue. Je parle de hockey, mais aussi de baseball, de football, de course automobile, de tennis, de sports de combat, de natation, alouette ! Si le hockey est rassembleur au Québec, il est en même temps le sport qui divise le plus.

À chaque année, j’ai des appels au sujet d’une histoire d’arbitre qui a mal fait son travail ou qui a « volé » une équipe, d’un coach qui n’aime pas la face d’un jeune joueur et qui l’a retranché ou d’une histoire — ben oui ! — de surclassement. Ça aboutit rarement en un texte dans le journal parce que les gens impliqués sont souvent très émotifs, trop émotifs, et que je juge que ça ne mérite tout simplement pas un article.

Le cas du jeune Champagne est d’intérêt parce qu’il comporte plusieurs éléments, dont évidemment celui du surclassement. Qu’on soit d’accord ou non avec la façon de voir de la famille, les très nombreuses réactions que les textes ont suscitées prouvent qu’il valait la peine d’en parler.

Des histoires de surclassement, il y en a dans d’autres sports aussi. Mais pas une seule ne s’est encore rendue jusqu’à mon bureau de La Voix de l’Est. Pas une !

Mais voilà, le hockey, c’est du sérieux au Québec et tout le monde a l’impression qu’il connaît ça. Et comme mon voisin me le disait en fin de semaine : « Au baseball et au football, ce sont les exceptions qui atteignent les ligues majeures. Au hockey, y’a plein de Québécois qui le font et qui deviennent millionnaires. Ça fait rêver et ça change la façon de penser de gens ».

Dans le dossier du petit Michael, personne ne semble de mauvaise foi. Mais ça accroche. D’un côté, il y a un p’tit bonhomme qui est malheureux. Et de l’autre, des bénévoles qui se sentent dévalorisés.

C’est plate. Parce que, en bout de ligne, ça reste que c’est juste du hockey.