Adam Dyczka a probablement plus mal qu’après les pires coups qu’il a assenés à ses adversaires.

Dyczka: tomber… puis se relever

Adam Dyczka a remporté chacun de ses sept premiers combats chez les professionnels en arts martiaux mixtes. Les sept fois, il a triomphé par arrêt de l’arbitre.

Aujourd’hui, c’est lui qui est au tapis, c’est lui qui est à terre. Et il a probablement plus mal qu’après les pires coups qu’il a assenés à ses adversaires. 

Dyczka a gaffé et il va en payer le prix. Il a avoué ses fautes et il sait ce qui l’attend. 

Mercredi, j’ai reçu une trentaine de courriels d’amateurs d’arts martiaux mixtes et de sport en général. Là-dessus, les deux tiers étaient prêts à pardonner à Dyczka alors que les autres le jugeaient durement. On m’a parlé d’un geste irréfléchi, d’un athlète irresponsable, etc. Mais que 66% des gens pardonnent au Granbyen a de quoi le réconforter.

Parmi les commentaires qui n’étaient pas favorables à Dyczka, un est revenu souvent : s’il a fumé un joint deux semaines avant son combat le plus important en carrière, c’est qu’il doit consommer régulièrement. « Êtes-vous au courant de quelque chose, M. Tassé ? », m’a-t-on demandé une couple de fois. 

Honnêtement, non. J’ai établi une bonne relation professionnelle avec Dyczka depuis deux ans, mais je ne le fréquente pas à l’extérieur des gymnases et des endroits où il se bat. Ce qu’il fait chez lui, dans son salon, à quoi ressemble son hygiène de vie, je ne le sais pas. 

Comme le disait son agent Patrick Côté, la consommation de cannabis sera bientôt légale au Canada, mais elle ne sera (probablement) jamais tolérée dans le monde du sport. Si jamais Dyczka fume un joint régulièrement, qu’il se soit fait prendre est probablement la meilleure chose qui pouvait lui arriver. 

Le bonhomme a de l’avenir dans son sport. Et sa carrière n’est pas finie, comme le disait encore Côté. Son talent et le fait que les bons poids lourds comme lui fascinent le public font en sorte qu’il est peut-être assis sur beaucoup, beaucoup d’argent. S’il ne le sait pas encore, ça nous fait plaisir de le lui apprendre ! 

Comme il me le racontait en entrevue mardi, Dyczka a un « passé ». Il a déjà fait parler de lui dans La Voix de l’Est ailleurs que dans les pages sportives. Il en discutera publiquement un jour s’il le veut bien. Mais il a fait un grand pas en avant depuis deux ans ; il était même devenu un modèle pour certains. 

Il n’a pas tué personne, c’est vrai. Et des anges, il n’y en a pas beaucoup dans le monde des arts martiaux mixtes et de la boxe. Mais il a commis une erreur de jugement. Et il doit apprendre de ses erreurs, comme il le dit lui-même. 

Une image forte 

J’ai encore tellement frais en mémoire la soirée du 8 décembre alors que Dyczka a remporté la ceinture des lourds de TKO MMA au Centre Bell. Le gros Adam était heureux, il était fier de lui, il était beau à voir et ça nous a fait une belle manchette à La Voix de l’Est. L’image était très forte. 

Cinq semaines plus tard, il est à terre. Et il fait face à un beau défi : se relever. Tomber est humain, se relever est divin, dit-on. La balle est dans son camp. À lui de démontrer qu’il est un véritable champion.