Michel Tassé
La Voix de l'Est
Michel Tassé
Les gens craindront-ils les grands rassemblements comme on en retrouve dans le monde du sport?
Les gens craindront-ils les grands rassemblements comme on en retrouve dans le monde du sport?

Des lendemains difficiles pour le monde du sport?

CHRONIQUE / Et puis, comment se déroule votre vie sans sport? Vous passez à travers? 

Ça fait maintenant trois semaines qu’on est là-dedans. Trois semaines sans pouvoir se pointer dans les arénas, trois semaines à se contenter de regarder de vieux matchs du Canadien à RDS et à TVA Sports. Mais on s’entend que c’est mieux que rien.

Mais voilà, la santé des gens est infiniment plus importante que tout le reste présentement. Y compris, bien sûr, les exploits de nos athlètes. Tout le monde le dit, ce n’est pas original, mais c’est vrai pareil.

À La Voix de l’Est, tel que promis, on vous donne du sport à tous les jours… même s’il n’y a pas de sport. Il y a des matins où on se creuse un peu la tête en faisant notre plan de match, mais on a jusqu’ici toujours réussi à atteindre notre objectif et à respecter notre promesse.

La journée de mercredi a encore été difficile pour nous, sportifs de salon, avec l’annulation de Wimbledon. Et ça regarde mal pour le Challenger alors que Tennis Canada a annoncé l’annulation de ses tournois jusqu’au 12 juillet. Le tournoi de Granby est prévu du 18 au 26 juillet et il passera à son tour dans le tordeur la prochaine fois que de mauvaises nouvelles seront annoncées.

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L’été, si bien sûr on peut en profiter, s’annonce très tranquille. Car ne gagez pas sur une grosse saison de baseball, ni de soccer ni même de course automobile.

La bonne nouvelle de la semaine est venue de l’Autodrome Granby, qui proposera des courses virtuelles sur le web à compter de vendredi. Comme dirait mon voisin, ça nous fera toujours ben ça.

Et après ?

Mais moi, je me questionne surtout sur «l’après». Car il y aura un après. En fait, j’imagine. Quand? Dieu seul le sait. Et Docteur Arruda s’en doute probablement.

Il est impossible que notre société reste la même après avoir été bouleversée de la sorte. Le décès de milliers de personnes des suites du coronavirus aura des conséquences, il ne peut en être autrement.

Pendant un temps, les gens auront peur. Et le sport pourrait être le premier à écoper.

D’abord, parce que les gens feront attention à leurs sous et qu’ils réaliseront qu’assister à une game de hockey, ce n’est peut-être pas un must dans la vie. Dans la même veine, les dirigeants d’entreprises se laisseront convaincre beaucoup plus difficilement de commanditer telle équipe ou tel événement.

Mais aussi, on peut penser que les gens craindront les grands rassemblements comme on en retrouve dans le monde du sport. Une bonne connaissance à moi, un monsieur d’un certain âge, me disait cette semaine qu’il n’est pas à la veille de retourner voir un match de hockey ou de football «avec plein de monde autour».

Les millionnaires du sport risquent d’écoper. Ce qui, remarquez bien, pourrait simplement contribuer à remettre un peu d’équilibre dans notre société. Mais nos équipes locales et les athlètes de chez nous vont peut-être en payer le prix aussi.

J’aimerais avoir une boule de cristal. Pour voir dans six mois, dans un an, dans deux ans. Je ne sais pas, peut-être que je me compte des peurs, peut-être que je suis pessimiste.

Peut-être aussi que le sport me manque juste trop.