À Granby, ne cherchez pas, il n’y a pas d’événements sportifs qui attirent autant les foules que les courses à l’Autodrome.

Combien d’autres Alan Labrosse ?

CHRONIQUE / En quittant le bureau d’Alan Labrosse, samedi soir à l’Autodrome Saint-Eustache­, je me suis posé une question : combien y’aura-t-il d’autres promoteurs de sport motorisé qui, tannés de se battre comme lui, vont finir par baisser les bras ?

Labrosse, qui a vendu son complexe à la Ville de Saint-Eustache, a raconté des choses très intéressantes en fin de semaine. Entre autres celle-ci : « Les moteurs, les courses, le bruit, ce n’est pas dans l’air du temps et la pression se fait de plus en plus forte ».

Si l’air du temps n’est pas favorable aux courses, il n’en reste pas moins que c’était archi plein au NASCAR à Saint-Eustache l’autre soir. Et depuis le mois de juillet, on a plus souvent qu’autrement compté des foules de quelque 4000 spectateurs à l’Autodrome Granby le vendredi. Selon ce qu’on me raconte, l’été a été bon aussi à l’Autodrome Drummond et au RPM Speedway de Saint-Marcel.

Mais même si la popularité du sport motorisé ne se dément pas, il y a plus de pistes de course qui ferment que d’autres qui ouvrent. La tendance est claire.

Personne n’est contre la vertu et, dans un monde parfait, il n’y aurait jamais de bruit, il n’y aurait jamais de poussière et tout serait vert. Mais voilà, ce n’est pas la vraie vie.

À Granby, Dominic Lussier sait que la Ville ne touchera pas à ses droits acquis, mais il se bute à un petit groupe de citoyens qui l’empêche de mettre ses projets de l’avant. À Saint-Marcel, c’est la Commission de protection du territoire agricole du Québec (CPTAQ) qui met sérieusement en péril l’avenir de son complexe. À Saint-Pie, les gens de Sanair ont eu maille à partir avec la municipalité cet été.

Le lobby de ceux qui en ont contre les courses, ou du moins qui en ont contre le bruit, la poussière (quand on parle de terre battue) et la circulation que ça amène, est puissant. Et les municipalités, parce qu’il est de bon ton de mettre l’environnement en haut de la liste des priorités, ont du mal à trancher et à voir que le sport motorisé fait rouler pour la peine l’économie locale en raison des emplois qu’il génère et du tourisme qu’il attire.

À Granby, ne cherchez pas, il n’y a pas d’événements sportifs qui attirent autant les foules que les courses à l’Autodrome. Pas un. Pas même les Inouk, pas même le Challenger de tennis, pas même le tournoi de hockey bantam. En fait, cherchez les événements, qu’ils soient sportifs, culturels ou autres, qui attirent régulièrement plus de 2000 personnes chez nous. Vous n’en trouverez pas beaucoup.

La saison de course est courte au Québec. Ça commence à la mi-mai et à la mi-septembre, tout est fini. À Granby, on parle d’une soirée par semaine pendant quatre mois… quand il fait beau. Peut-on parler d’exagération ?

À Saint-Eustache, Alan Labrosse était fatigué de se battre. Dans la région, Dominic Lussier, identifié par Labrosse comme un leader qui peut faire la différence en faveur du sport motorisé, semble avoir encore de l’énergie en masse. S’il en aura besoin pour renverser la tendance actuelle, il ne pourra tout faire seul non plus.

Car autrement, il y aura d’autres Alain Labrosse.