Jason Larochelle (no 44) ne portera plus l’uniforme des Maroons.

C’est le bordel chez les Maroons!

Le congédiement d’Olivier Laliberté ne passe pas dans le vestiaire des Maroons.

En guise de protestation, le défenseur Jason Larochelle a décidé de rendre son chandail à l’équipe. Les Maroons, pour lui, c’est fini.

«Moi, je suis capable de prendre ben des affaires dans la vie. Mais le manque de respect, ça passe pas! Et il y a eu un manque de respect épouvantable dans le dossier d’Olivier», a lancé Larochelle en entrevue à La Voix de l’Est.

Laliberté, on le sait, a été remercié par le président David Godbout lundi matin. Godbout a affirmé au collègue Jonathan Gagnon qu’il avait décelé une faille au niveau de la défensive et que «malheureusement, quelqu’un devait payer la note». Et ce quelqu’un s’est avéré être Laliberté, qui a défendu le filet des Maroons pendant six ans avant de seconder Miguel Fortin derrière le banc depuis la saison dernière.

«Notre problème, notre vrai problème, c’est qu’on manque de joueurs (blessures, mais aussi absentéisme) et qu’on n’est pas assez tough, a repris Larochelle. On joue dans une ligue où l’intimidation prend beaucoup de place et on n’a pas grand-chose pour se faire respecter. Et ça, c’est pas la faute d’Olivier Laliberté!»

Dans la même veine, Larochelle a mis en doute les compétences de David Godbout en matière de hockey. Mais il a surtout insisté sur ce qu’il estime être un manque de respect envers Laliberté.

«Je suis pas content et plusieurs gars, principalement les gars de la région, ne sont pas contents non plus. Je ne sais pas combien il y aura de joueurs qui vont se présenter à l’aréna samedi (alors que les Sportifs de Joliette seront les visiteurs). Je n’encourage pas personne à faire comme moi, mais je sais que les dernières décisions ne font pas l’affaire de grand-monde. Les gars sont en beau cri…!»

Une rumeur circulait mardi à l’effet que Jonathan Bouchard songeait à faire la même chose que Larochelle et à rendre son chandail. Les deux sont des locaux, donc des joueurs qui aident à mettre du monde dans l’aréna. Des joueurs, bref, qu’une organisation n’aime pas perdre.

Le congédiement de Laliberté a aussi fait énormément jaser sur les réseaux sociaux. Le mot-clic #jesuisolivier a même fait son apparition. Le bonhomme était très apprécié dans l’entourage des Maroons.

Avant de se retrouver derrière le banc, Olivier Laliberté avait défendu le filet des Maroons pendant six ans.

Dans une brève conversation avec l’auteur de ces lignes, Laliberté a indiqué qu’il avait été extrêmement surpris par la décision prise par David Godbout. «C’est plate et je ne pense pas que je méritais ça. Mais je souhaite sincèrement bonne chance à mon ami Miguel pour la suite», a-t-il dit.

Fortin en attente

Lundi, Miguel Fortin n’a pas voulu commenter la décision de son président de congédier Olivier Laliberté. Encore ébranlé, l’entraîneur et directeur général a toutefois accepté de parler 24 heures plus tard.

«Ça me fait mal, c’est clair, a-t-il dit. Olivier, c’est moi qui suis allé le chercher pour me seconder et c’est aussi un ami personnel. Et à mon avis, il faisait du bon boulot. Mais l’équipe ne va pas bien, les propriétaires sont inquiets et ils ne veulent pas laisser aller les choses.»

Fortin est actuellement en attente. Il affirme qu’il ne craint pas pour son poste, mais il sait que Godbout ainsi que Christian Roy, celui qui paie les factures, discutent fort présentement.

«Les choses se passent en haut de moi à l’heure où on se parle. David et Christian cherchent des solutions. On ne peut plus aller chercher de joueurs, mais on peut peut-être s’améliorer autrement.»

Fortin n’a pas voulu en dire plus. Est-ce que les Maroons sont à la recherche d’un conseiller, quelqu’un qui pourrait appuyer la direction actuelle dans les décisions au niveau hockey? Ou est-ce qu’il recherche un autre adjoint pour seconder Fortin derrière le banc? Tout est possible dans le bordel qu’est devenue la situation des Maroons.

Certains diront que l’équipe ne va nulle part depuis que l’ancien propriétaire Daniel Roy a congédié Michel Deschamps à la suite de la saison 2016-2017. Et c’est vrai. Deschamps, qui s’amuse dans la Ligue Richelieu présentement et qui a un réseau de contacts exceptionnel dans le monde du hockey senior, pourrait d’ailleurs s’avérer un bon conseiller aux Godbout, Fortin et Cie.

Aussi, est-ce que David Lapierre, un autre ami personnel de Fortin, pourrait venir donner un coup de main au personnel d’entraîneurs? L’ancien coach des Inouk travaille actuellement pour le programme de hockey de l’école secondaire De Mortagne, à Boucherville, après avoir œuvré pendant deux ans à titre d’entraîneur-adjoint chez les Huskies de Rouyn-Noranda.

Urgence

On sent beaucoup d’urgence chez les Maroons présentement. L’équipe ne gagne pas depuis deux ans et les assistances, sans que ce ne soit encore dramatique, sont à la baisse à l’aréna Jacques-Chagnon. La défaite à domicile face à Donnacona, la pire équipe de la Ligue senior AAA du Québec, a carrément semé la panique au sein de l’organisation.

Et ce n’est pas tout. Les Maroons veulent une entente à long terme avec la Ville de Waterloo, ils veulent améliorer leurs conditions, et les négociations sont difficiles. Les propriétaires ne veulent pas déménager, mais ils regardent néanmoins toutes les possibilités en prévision de la prochaine saison. Ils auraient même passé un coup de fil aux autorités municipales de Farnham dernièrement.

Les bonnes nouvelles se font trop rares dans le camp des Maroons.