Michel Tassé
La Voix de l'Est
Michel Tassé
«Nous sommes les numéros un !», ont scandé les joueurs des Indians.
«Nous sommes les numéros un !», ont scandé les joueurs des Indians.

Ces Indians qui font du bien

CHRONIQUE / Assumons immédiatement notre côté chauvin : on est toujours contents lorsqu’une équipe ou un athlète du coin triomphe. Mais voilà, la victoire des Indians de Granby, en finale de la Ligue de baseball senior de la Vallée des Forts, a un p’tit goût spécial.

Les temps sont durs, on va l’avouer, et lorsqu’un peu de soleil se pointe à travers les nuages, on lui saute dessus. Et les Indians nous ont donné un peu de soleil en fin de semaine. Oui, merci les gars. Et aussi madame parce qu’Émilie Laliberté est un élément important de cette équipe.

À la suite de la première vague de COVID-19, les Indians ont été la toute première équipe de baseball de la région à reprendre ses activités. Preuve qu’ils ont connu toute une saison, ils ont aussi été la toute dernière sur le terrain. Mon collègue Jonathan Gagnon me disait d’ailleurs qu’il ne faisait pas chaud à Saint-Bruno en ce petit dimanche du début octobre à l’occasion du match ultime de la finale…

Il faut dire que les Indians se sont permis d’étirer la sauce. Ce qui a rendu leur triomphe encore plus éclatant et plus méritant, remarquez bien. Quand ils tiraient de l’arrière 2-0 dans la série, il n’y a pas grand monde qui aurait gagé sur leurs chances, on s’entend.

Au-dessus de la mêlée

Mais ils sont revenus de l’arrière et ils ont gagné. Ça prenait du caractère, d’autant plus que leur gérant Ben Gariépy a raté les matchs no 3 et 4 en raison d’une suspension, que les deux dernières rencontres ont eu lieu à huis clos et qu’il aurait été facile, dans toutes les circonstances que l’on connaît, de ne pas trop s’obstiner et d’aller rejoindre la famille le plus tôt possible.

Mais c’était mal connaître les Indians, faut croire.

Il faut dire que les Indians se sont élevés au-dessus de la mêlée dès leur entrée dans la Ligue de la Vallée des Forts, il y a six ans. Ils n’ont jamais connu de saison perdante et, à l’exception d’une fois, ils ont toujours au minimum atteint les demi-finales du circuit, eux qui comptent maintenant deux championnats des séries. Aussi, ils ne manquent jamais de joueurs et il y a du monde qui s’intéresse à eux. On n’a pas encore fait le tour complet de la ligue, mais les organisations ne semblent pas aussi sérieuses partout.

En même temps, c’est le cœur qui tient cette équipe. Ceux qui dirigent l’organisation sont des joueurs. Par exemple, c’est Simon Lussier qui a eu la délicate tâche de négocier avec les Giants de Belœil lorsqu’est venu le temps de régler la question de l’horaire du dernier week-end de la série. Puis, c’est Jonathan Choquette qui, tout au long de la saison, a « nourri » les médias en envoyant des résumés de matchs, des statistiques, etc.

C’est comme ça que ça se passe au pays des Indians.

Le triomphe des Indians, c’est aussi celui du gérant Ben Gariépy. L’autre soir, quand j’ai écrit un petit mot à Ben pour le féliciter, il m’a souligné qu’il en était à sa 20e saison de coaching au baseball. Un championnat, c’est le plus beau cadeau que pouvait recevoir cet homme de balle qui, avant de prendre en mains les Indians, n’avait pas eu la vie facile à titre de gérant des Guerriers junior AA.

Le temps de briller

La saison de l’Autodrome terminée, celle des Guerriers et des Castors d’Acton Vale également, le Défi Bauer des Inouk sur pause, le début de campagne des Bisons reporté, les succès des Indians tombaient bien pour nous à la section des sports de La Voix de l’Est. La couverture des activités de l’équipe est passée en deuxième vitesse et on a même suivi le club sur la route en finale. Et les Indians ont profité du fait que toute la lumière était braquée sur eux pour briller.

À chaque début de saison, on se demande quel genre de couverture nous allons accorder aux Indians à travers tout ce qu’on a à couvrir pendant l’été. Mais l’équipe senior, année après année, ne nous donne pas le choix de parler d’elle parce qu’elle gagne et parce qu’elle suscite de l’intérêt. Et si ça intéresse les amateurs de sports, ça nous intéresse.

Mais cette année, les Indians n’ont pas juste gagné. Ils ont fait beaucoup plus : ils nous ont fait du bien.