Sports

Le sport à Montréal, ça va mal!

CHRONIQUE / Êtes-vous un partisan du Canadien ? Ou de l’Impact ? Ou des Alouettes ? Si vous avez répondu oui à l’une de ces trois questions, c’est clair que vous ne vous amusez pas beaucoup par les temps qui courent.

Honnêtement, je ne me souviens pas d’une époque où toutes les équipes de sport professionnel de Montréal avaient été aussi mal en point. Car ça va mal pour tout le monde !

Pour faire changement, attardons-nous d’abord à l’Impact, qui vient d’échanger Laurent Ciman, défenseur efficace et joueur très populaire auprès des partisans.

Depuis 2012, soit depuis que l’équipe a fait le saut en MLS, l’Impact jouit d’une immunité auprès des médias, principalement, et des amateurs, dans une moindre mesure. Montréal est enfin dans la grosse ligue de soccer, on est contents, on est heureux et on pardonne sans trop de mal à la formation des saisons ordinaires, des changements continuels d’entraîneurs et des décisions douteuses. Mais on est dans la grosse ligue et juste ça, c’est bien en masse pour le moment...

Du moins, c’était bien en masse. Car les choses viennent de changer avec la transaction qui a envoyé Ciman au Los Angeles FC. Depuis mardi soir, les critiques pleuvent et l’Impact se fait joyeusement ramasser sur les réseaux sociaux. À lire ce qui s’écrit sur Twitter, y’a plusieurs abonnements de saison qui ne seront pas renouvelés...

La lune de miel est finie et l’heure est venue pour l’Impact de livrer la marchandise et de se comporter en organisation sérieuse. Et ça commence dans les plus hautes sphères de l’organigramme avec Jœy Saputo, qui a tendance à se comporter comme feu George Steinbrenner, qui faisait la pluie et le beau temps alors qu’il était propriétaire des Yankees de New York.

Ceci, en passant, n’était pas un compliment.

Les Alouettes

L’Impact est tout croche, mais il suscite encore de l’intérêt. La situation des Alouettes est plus préoccupante puisqu’on sent que les amateurs ont commencé à décrocher. Et ça, c’est la pire chose qui puisse arriver à une organisation sportive.

Les sièges vides étaient parfois nombreux la saison dernière au stade Percival-Molson. Et ils risquent d’être encore plus nombreux en 2018 si les gens ne voient pas poindre un brin d’espoir à l’horizon.

Le directeur général Kavis Reed ne reviendra pas en tant qu’entraîneur en chef, ce qui est déjà une excellente nouvelle. Mais il doit maintenant trouver le bon homme et procéder aux changements de personnel appropriés. Devant l’évidence, il est condamné à réussir.

Car dans ce cas-ci, il en va de la survie de la concession. Rien de moins. Mais est-ce que Reed est la bonne personne pour ramener les Alouettes dans la bonne direction ? Ça, c’est une autre histoire...

Le Canadien

Même si on constate une baisse d’intérêt, la survie du Canadien est loin d’être menacée. Car gagne ou perd, on parle de l’équipe tout le temps, ne serait-ce que pour chialer.

Le Canadien est à la merci des humeurs de ses partisans. Lorsque l’équipe a remporté cinq victoires de suite, les gens ont recommencé à agiter leur drapeau tricolore et ont recommencé à croire solidement aux chances de leur club de faire les séries et même d’aller loin. Mais là, à la suite des trois dernières défaites, la déprime a repris toute la place. Et on recommencera à triper quand les p’tits gars de Claude Julien vont en coller deux en ligne. 

Même si c’était leur idée, croyez-vous vraiment que Geoff Molson et Marc Bergevin seraient capables de vendre un plan de reconstruction à des partisans aussi instables ?

C’est drôle à dire, mais les fans du Canadien n’aident pas toujours leur équipe.

Sports

Le personnage Carey Price

CHRONICLE / J’écris cette chronique avant la rencontre que disputait le Canadien face aux Blue Jackets de Columbus lundi soir. Peut-être que Carey Price a connu un autre bon match, peut-être que les partisans du Tricolore ont retrouvé foi en leur équipe. Et peut-être que vous allez trouver que je passe à côté avec ce texte.

Carey Price est un des meilleurs gardiens de la Ligue nationale. Je ne crois pas avoir déjà écrit que c’était le meilleur parce qu’il ne s’est jamais comporté comme tel en séries éliminatoires, là où ça compte vraiment. Mais ça reste un des meilleurs.

Il y a le gardien, mais il y a aussi le personnage. Et j’ai plus de misère avec le personnage qu’avec le gardien.

Le personnage, c’est celui que l’homme a créé un peu lui-même, mais c’est probablement surtout celui que le Canadien a créé. Et un brin les médias aussi.

Le personnage Carey Price, c’est l’athlète intouchable et inatteignable qu’il est devenu.

Intouchable parce que c’est difficile de le critiquer. Le statut du meilleur gardien de la Ligue nationale, que lui ont accordé plusieurs, fait en sorte qu’il faut se lever de bonne heure pour remettre ses performances en question. Avant de dire que c’est de sa faute si le Canadien a perdu, il faut passer en revue le travail des défenseurs, des attaquants, du coach, de tout le monde. Peut-être qu’après avoir analysé l’ouvrage de tous, on pourra dire qu’il a coûté la victoire à son équipe. Peut-être.

Inatteignable. Price est inatteignable parce qu’il y a constamment une aura de mystère autour de lui. On sait rarement ce qu’il pense, il répond rarement aux questions et, quand il le fait, il balance quelques mots qui ne veulent pas dire grand-chose. Et on ne parlera pas de ses blessures, dont la nature fait toujours l’objet de cachotteries inimaginables.

Price fait beaucoup d’argent. Et de nos jours, les organisations de sport professionnel font de gros efforts pour « protéger » leurs athlètes multimillionnaires. Quitte à en faire des êtres à part et quitte, par le fait même, à les rendre moins sympathiques pour la peine auprès du public, celui qui met directement l’argent dans leurs poches.

Je ne vous parlerai pas de Guy Lafleur qui, malgré son statut de meilleur joueur de la Ligue nationale en deuxième partie des années 70, était un grand livre ouvert. Je ne vous en parlerai pas parce qu’on me dira qu’il s’agissait d’une autre époque et que ça ne se compare pas. Mais il doit y avoir un juste milieu entre Lafleur et Price.

Quand le Canadien gagne et que le numéro 31 fait les arrêts, les gens font avec le personnage Carey Price. Mais quand le Tricolore perd et que le gardien n’arrête rien, tout ce qu’il y a autour du personnage agace, dérange et ne passe pas.

C’est le personnage qui, un jour, risque de sortir Carey Price de Montréal.

Sports

Pas la plus grande victoire de GSP

CHRONIQUE / Georges St-Pierre est le nouveau champion des poids moyens de l’UFC. Il a livré une performance impressionnante l’autre soir face à Michael Bisping.

Certains ont dit qu’il s’agissait de sa plus grande victoire en carrière. Je ne suis pas d’accord.

Je ne suis pas d’accord parce que j’ai vu des choses en fin de semaine qui me permettent d’affirmer que sa plus grande victoire n’est pas celle qu’il a remportée face à l’Anglais. 

Dimanche après-midi, alors que tout le monde se préparait pour la soirée des élections à La Voix de l’Est, ça jasait de GSP. Max et Joe, qui travaillent à la section sportive, mais aussi Anne et Valérie, qui ne sont pas réputées pour s’intéresser beaucoup au sport en général... et encore moins aux arts martiaux mixtes.

Quelques heures plus tôt, ma voisine m’avait aussi abordé pour me parler de St-Pierre. « Quel athlète ! », m’a-t-elle lancé, elle qui ne m’avait jamais, mais alors là jamais, parlé de sport avant.

La plus grande victoire de St-Pierre, c’est celle-là. Le bonhomme a réussi à faire en sorte que le Québécois moyen a maintenant de l’intérêt pour un sport qu’il considérait, il n’y a pas si longtemps encore, comme de la barbarie pure et simple.

Les arts martiaux mixtes ont maintenant quelque chose de noble chez nous. Et c’est grâce au grand champion qu’est St-Pierre, dont les performances piquent la curiosité des gens et donnent le goût à monsieur et madame Tout-le-Monde de voir de quoi il en retourne.

Juste ça, c’est énorme. En fait, c’est encore plus gros qu’une remarquable victoire après avoir passé quatre longues années loin de l’octogone.

«Pourquoi pas moi?»

Comme je l’ai déjà écrit, j’aime la boxe depuis longtemps. Quant aux arts martiaux mixtes, je découvre le sport au contact d’Adam Dyczka, Dimitri Waardenburg et Yan Pellerin, nos trois professionnels granbyens dont je couvre les activités. Je le découvre... et je l’apprécie de plus en plus, je l’avoue.

À l’exception peut-être de Pellerin, qui monte dans l’octogone depuis aussi longtemps que St-Pierre, sinon même plus, les deux autres ont été influencés par GSP, dont les succès sont inspirants. Les gars le regardent et se disent : « Pourquoi pas moi ? Pourquoi pas nous ? »

Georges St-Pierre est aux arts martiaux mixtes au Québec ce que Maurice Richard a été au hockey : le premier grand. Et il y en a même qui se demandent s’il n’est pas le plus grand athlète de l’histoire du Québec, point. C’est pas rien.

À nos plus vieux lecteurs, une question pour vous : le hockey a-t-il déjà été considéré comme de la barbarie pure et simple ?

Sports

Mes Séries mondiales

CHRONIQUE / Vous le savez, j’adore le baseball. En fait, il n’y a pas grand-chose qui me rend plus de bonne humeur que de m’asseoir devant une partie de balle, que je sois au stade ou que je la regarde à la télé.

J’ai une tonne de souvenirs reliés à ma jeunesse et au baseball. J’ai joué, mais j’ai aussi vu des centaines de matchs (et je n’exagère même pas) au Stade olympique à l’époque des Expos. Puisque j’habitais Longueuil, c’était facile. Des étés à 20 et 25 voyages au Stade avec le gros Christian, il y en a eu plusieurs. 

Encore aujourd’hui, la Série mondiale représente un moment fort de la saison à mes yeux. J’essaie de ne rien rater, mais j’avoue que j’ai de la misère à me coucher passé minuit avec le p’tit dernier qui se fout bien du baseball et qui ne se lève jamais plus tard que 6 h… 

« Ma » première Série mondiale, c’était celle opposant les Yankees aux Dodgers en 1977. À l’époque, les séries éliminatoires du baseball ne s’éternisaient pas. Le champion de l’Est se mesurait à celui de l’Ouest, dans la Ligue nationale comme dans la Ligue américaine, et les deux gagnants s’affrontaient lors de la Classique d’automne. Jamais on ne se rendait à la fin d’octobre ou même au début novembre comme c’est le cas maintenant. 

Les Yankees ont battu les Dodgers en 1977 et moi, je tripais sur Reggie Jackson, « Monsieur octobre » en personne. Il frappait des circuits à la pelle, son élan était spectaculaire, je l’adorais ! 

En 1978, les Yankees ont encore vaincu les Dodgers et Reggie a encore fait des ravages. Vous vous souvenez de sa légendaire confrontation avec feu Bob Welch ?

J’avais 10 ans, mais mes parents m’avaient laissé regarder les six matchs de cette série jusqu’à la fin… ce que je ne permettrais jamais à mes enfants de faire ! Et je me souviens qu’au lendemain du triomphe des Yankees, j’avais « organisé » un défilé des champions dans le salon à la maison. J’étais le seul participant… et le seul spectateur ! 

Le trophée des champions, c’était celui que j’avais reçu quelques semaines plus tôt après ma saison de baseball moustique ou pee-wee. Je me promenais avec dans le salon, je me prenais pour Reggie Jackson, et je saluais les amateurs imaginaires qui assistaient au défilé. Je sais, ça a l’air weird… 

En 1979, les Pirates ont battu les Orioles en sept matchs. Méchante série. Pittsburgh était mené par Willie Stargell et les partisans des Pirates entonnaient We Are Family, une toune de Sister Sledge, après chaque victoire. Ça, vous vous en souvenez ? 

Cette Série mondiale est celle qui m’a le plus marqué. Pas à cause de la qualité du baseball présentée, mais en raison de ce qui était arrivé quelques jours plus tôt à notre famille. 

L’idée n’est pas de vous faire brailler ce matin. Mais début octobre 1979, deux bandits étaient rentrés chez nous, un bas de nylon dans la face. On appelait ça un « hold-up » dans le temps, on appelle ça une violation de domicile aujourd’hui. Mes parents, ma sœur et moi, on s’était fait brasser. Sur mon lit de mort, je vais encore m’en rappeler. 

Mais quelques jours après, la Série mondiale commençait. J’étais encore sous le choc, je tremblais encore de peur, mais les Pirates et les Orioles m’ont fait du bien. Quand le baseball débutait, je me sentais mieux. J’étais avec mon toutou « Boubou » et je réussissais à penser à autre chose qu’aux maudits bas de nylon le temps de quelques heures. 

Le baseball et la Série mondiale, ça a aussi été ça pour moi. Le sport peut servir à bien des choses et même, parfois, à réconforter un enfant qui a peur. Merci le baseball, merci le sport. 

Il y a d’autres Séries mondiales qui m’ont fait triper après. Celle de l’année passée, alors que les Cubs ont triomphé pour la première fois en 1000 ans, m’a donné des frissons. Il faut savoir que les Cubs, c’était l’équipe de mon enfance. Moi, je préférais prendre pour eux quand ils perdaient 100 matchs par année...

Qui a gagné mardi soir ? Les Astros ou les Dodgers ? J’écris cette chronique avant de passer l’Halloween avec les enfants. Tant mieux si la série nécessite un septième match. Ça fera juste davantage de beaux souvenirs pour les jeunes, pour les moins jeunes, et peut-être même pour ceux qui ont besoin de réconfort…

Sports

Ces Incroyables qui font du bien

Le sport a le don de nous donner de bonnes et de belles histoires. Vous savez, ce genre d’histoires qui font du bien par une sombre et pluvieuse journée d’automne ou au cours de laquelle le Québec est secoué par un autre scandale.

L’épopée des Incroyables du football juvénile de J.-H.-Leclerc est une de ces belles histoires.

Non, je n’ai pas assisté au match de finale de la Ligue de la Montérégie qui opposait les Incroyables au Drakkar de la polyvalente Hyacinthe-Delorme à Saint-Hyacinthe vendredi soir. Au moment où j’écris cette chronique, les Granbyens sont sur le terrain. Contre une équipe une nouvelle fois plus forte en théorie, peut-être qu’ils se sont fait planter. Peut-être. Mais voyez-vous, ça n’a aucune importance.

Ça n’a aucune importance parce que les Incroyables ont déjà fait ce qu’ils avaient à faire en séries éliminatoires. Ils ont réussi le tour de force de venir à bout de deux équipes supérieures à eux (du moins quand on regarde la fiche en saison régulière), les deux fois sur la route en plus. La victoire de 30-29 remportée in extremis à Sorel-Tracy, face à une formation qui n’avait pas perdu une seule fois au cours du calendrier régulier, tenait rien de moins, je le répète, du miracle.

Les Incroyables partent de loin. Les lendemains de Bol d’Or, on le sait, ont été pénibles à J.-H.-Leclerc. Le départ de Jean Jr Petit, qui avait tant fait pour le programme, a fait mal et les victoires se sont faites très rares en 2015 et en 2016. Les entraîneurs n’appelaient même plus à La Voix de l’Est le lundi matin afin de donner le résultat du match de la fin de semaine…

Puis, le printemps dernier, Iannick Beauchamp s’est installé au poste d’entraîneur en chef. Il est débarqué avec un enthousiasme à la limite un peu naïf. La première fois que je lui ai parlé, il n’avait que de belles choses à raconter au sujet de l’équipe qui venait de connaître une saison d’une seule victoire. Et il refusait de dire quoi que ce soit de « négatif » parce qu’il voulait que les jeunes commencent à croire en eux.

La stratégie de Beauchamp a porté ses fruits et les Incroyables, au fil des semaines du calendrier régulier, ont commencé à croire qu’ils étaient capables d’avoir du succès. Tout de même, ce n’est pas avec leur fiche de trois victoires et quatre défaites qu’ils allaient nous convaincre qu’ils allaient faire un bon bout de chemin en séries. Et pourtant…

Même leurs plus farouches partisans n’étaient pas vendus. Je pourrais vous parler d’une dame très proche de l’équipe qui, bien qu’elle soit très croyante, est renversée par ce que les Incroyables ont accompli au cours des dernières semaines. Mais elle se reconnaîtra !

Je vous l’avoue, je m’y connais moins en football qu’en hockey ou en course automobile. Mais je sais reconnaître un athlète ou un groupe d’athlètes passionnés qui sont animés par un fort désir de se dépasser.

Les Incroyables, c’est l’histoire d’une belle gang d’ados qui se sont mis dans la tête de repousser leurs limites. Et c’est inspirant, des gens qui repoussent leurs limites. Encore plus, on dirait, quand ils sont jeunes. Car c’est beau, la jeunesse. 

Et qu’importe, je le répète, comment ça s’est passé à Saint-Hyacinthe vendredi soir...

Sports

Inouk et Maroons annoncent de belles choses

CHRONIQUE / Si vous êtes un partisan des Alouettes, de l’Impact et du Canadien, vous êtes assurément plutôt down par les temps qui courent. Normal, car les deux premières équipes ne participeront pas aux séries éliminatoires alors que la dernière, elle, inquiète pour la peine.

Remarquez que j’écris cette chronique avant le match qui opposait le Canadien aux Hawks, mardi soir. Si jamais les hommes de Claude Julien l’ont emporté, peut-être considérez-vous que le CH, finalement, a tout un club !

Partisans du Canadien, avouez que vous êtes comme ça !

Mais bon, je m’éloigne...

Toujours est-il que l’idée de cette chronique est de vous dire qu’il vaut bien mieux être un partisan des équipes de hockey de la région plutôt qu’être un fan des clubs de sport de Montréal présentement.

Car les Inouk, dans la Ligue junior AAA, et les Maroons, dans la Ligue senior AAA, connaissent un excellent début de saison. Les Granbyens ont une fiche de six victoires, quatre défaites et une défaite en bris d’égalité tandis que les Waterlois, eux, montrent un dossier de trois gains et un revers.

Pas vilain, pas vilain du tout.

On ne savait trop à quoi s’attendre des Inouk cette saison. On les disait jeunes, on disait qu’il ne fallait pas avoir des attentes trop élevées, certains avaient des doutes au sujet de l’offensive et des gardiens. Et pourtant...

Après un départ un brin laborieux, les Inouk ont collé quatre victoires avant de s’incliner à Saint-Jérôme et ensuite de surprendre tout le monde en renversant les Cobras, qui avaient remporté leurs neuf premiers matchs. Vrai qu’ils ont perdu à Terrebonne dimanche, mais ils ont quand même démontré qu’ils étaient capables de venir à bout de la meilleure équipe de la LHJAAAQ.

Le dirigeant d’une équipe de la LHJAAAQ me disait l’autre jour que les Inouk version 2017-2018 lui faisaient penser au dernier club dirigé par David Lapierre à Granby. Vous vous souvenez de cette formation dont on ne s’attendait à rien et qui n’a cessé de repousser ses limites tout au long de la saison ? L’équipe à Lapierre avait finalement atteint la grande finale de la LHJAAAQ après avoir causé une énorme surprise en éliminant les puissants Montagnards de Sainte-Agathe en demi-finale. C’était en 2015-2016.

Les Inouk de Patrice Bosch auront-ils un cheminement semblable ? La saison est encore jeune, mais on aime ce qu’on voit de cette équipe jusqu’ici.

Maroons: tout le monde à sa place 

À Waterloo, les Maroons trônent au sommet du classement général de la LHSAAAQ. Puisque l’équipe a subi une transformation en profondeur au cours de l’entre-saison, c’est étonnant.

Les Maroons ont un nouvel entraîneur et plusieurs nouveaux joueurs. Si le roulement de personnel est normal au niveau junior, il l’est moins dans le senior. Et lorsque ça arrive, il faut s’attendre à une période d’ajustement, qui peut parfois être longue.

Mais voilà, il semble que la troupe de Miguel Fortin va passer à côté de cette période d’ajustement. Tout le monde semble déjà être à sa place, à commencer par l’entraîneur. La défensive ne sera peut-être pas le point fort des Maroons, mais la présence du solide Paul Jr Bourbeau devant le filet devrait permettre à l’équipe de s’en tirer lors des soirées plus difficiles.

Par ailleurs, j’aime la philosophie de Fortin, qui est aussi directeur général associé en compagnie du propriétaire Daniel Roy. Il a un gros faible pour les joueurs locaux, du moins pour ceux qui ont déjà joué dans la région. Depuis qu’il prend les décisions, Fortin a enrôlé Charles Power, Mickael Filion, Samuel Deslandes, Francis Robichaud et bientôt peut-être Philip Sardinha, qui sont soit des athlètes du coin, soit d’anciens Inouk. Les joueurs d’ici — ou du moins ceux qui connaissent bien la région — auront toujours, par la force des choses, un sentiment d’appartenance plus fort envers l’équipe. Au même titre qu’un Québécois chez le Canadien.

Les partisans des Maroons n’ont pas aimé voir leur équipe préférée être éliminée en demi-finale le printemps dernier. Fortin et ses joueurs ont de la pression. Mais il semble qu’ils ont aussi ce qu’il faut pour répondre aux attentes.

Clairement, la saison de hockey chez nous, que vous alliez aux Inouk le vendredi ou aux Maroons le samedi, s’annonce fort intéressante.

Sports, etc.

Imprévisible, le Canadien

CHRONIQUE / Le Canadien a perdu quelques gros morceaux au cours de l’été et il n’a remporté que deux de ses huit matchs préparatoires. Normal, alors, que partisans et observateurs soient plutôt pessimistes en pensant à la nouvelle saison.

Mais voilà, est-ce que le Canadien sera si pire que ça ? Malgré ce qu’on a vu à l’entraînement, je crois qu’il a une meilleure équipe que la fiche qu’il a ramenée au cours du camp.

Malgré le départ d’Alexander Radulov, l’attaque du Canadien a ce qu’il faut pour enregistrer des buts avec ses nombreux marqueurs potentiels de 20 filets et plus : Pacioretty, Galchenyuk, Gallagher, Byron et Lehkonen, qui en a réussi 18 à titre de recrue la saison dernière, et bien sûr Jonathan Drouin.

Drouin fera du dommage sur l’avantage numérique. On ne sait trop si le Canadien sera productif à cinq contre cinq, mais il le sera assurément sur le jeu de puissance.

La défensive, clairement, est suspecte. Oui, le départ d’Andrei Markov fera mal. Et il y a plusieurs nouveaux venus. Reste tout de même Weber et Petry et je ne déteste pas Karl Alzner. Laissons à Claude Julien le temps de créer quelque chose avec son équipe de défenseurs.

Du temps, Julien en aura besoin. Et les partisans devront lui en donner. Non, le Canadien ne partira pas en lion cette saison contrairement aux années passées. Mais peut-être ne finira-t-il pas en mouton non plus... contrairement aux années passées.

Et il y a Carey Price. L’homme de 84 millions $, toujours meilleur en saison qu’en séries, reste le joueur no 1 de son équipe. Il volera encore plusieurs matchs. Et il devra être encore meilleur qu’à l’habitude, particulièrement en début de saison.

En raison de son contrat, Price aura aussi plus de pression qu’à l’habitude. Ses performances seront encore plus scrutées à la loupe, si c’est possible. Il est condamné à être très, très bon.

Selon moi, le Canadien participera aux séries éliminatoires. Il devra probablement se battre jusqu’à la fin pour y arriver, mais il sera du rendez-vous printanier.

Ceci dit, ce ne serait pas la fin du monde si le Canadien ratait les séries. Car entre vous et moi, y a-t-il quelqu’un qui a de grandes attentes par rapport à cette équipe cette saison ? Y a-t-il vraiment quelqu’un qui rêve à une grande parade sur Sainte-Catherine au mois de juin ? Le Tricolore n’est pas en reconstruction, mais certainement en profonde transformation.

Le Canadien de septembre 2017 est imprévisible. Il y a 1000 questions sans réponses. Tout de même, j’ai l’impression qu’il fera les séries.

Et les Penguins vont encore gagner la coupe Stanley.

Sports, etc.

Acton Vale, ville de champions

CHRONIQUE / La scène était belle à voir : les joueurs des Castors qui célébraient avec leurs partisans après avoir remporté le championnat de la Ligue de baseball majeur du Québec. Des gens heureux, c’est toujours beau à regarder.

Vendredi, après qu’on eut appris que les Castors l’avaient emporté à Coaticook, on se doutait qu’un gros party se préparait à Acton Vale. Sérieusement, pouvait-on vraiment croire que les Castors allaient perdre le septième match de la série finale chez eux avec Steve Green au monticule en plus ?

Mercredi, lors du cinquième match de la série, Green l’avait échappé en accordant un circuit de deux points à Maxime Lavoie en septième manche, circuit qui permettait au Big Bill de créer l’égalité 4-4 avant de plus tard l’emporter. Non, l’ancien des Angels n’allait pas se planter deux fois dans la même semaine face à la même équipe. Aucune chance !

Les Castors sont champions, vive les Castors ! S’il y a une organisation qui mérite ses succès, c’est bien celle d’Acton. Et s’il y a des partisans qui méritent de célébrer, c’est encore ceux d’Acton.

Je l’ai écrit et réécrit : Acton Vale est la meilleure ville de baseball en région et clairement une des meilleures au Québec. C’est un véritable bonheur d’assister à un match des Castors à l’intérieur de cette ambiance 100 % baseball. Comme je l’ai encore une fois déjà écrit, les gens d’Acton ne vont pas s’asseoir au (magnifique) stade Léo-Asselin pour parler des malheurs du Canadien...

Plus de 1000 spectateurs ont assisté au match de dimanche. Plus de 1200, ont même dit certains. C’est merveilleux. Le Québec baseball au complet avait les yeux rivés sur Acton. C’était beau ça aussi.

Le triomphe des Castors met aussi fin à une très belle saison de baseball dans la région. Avant l’équipe de Steve Green, les Indians de Granby au niveau senior BB avaient aussi gagné. Et les Guerriers junior élite avaient connu une campagne intéressante, se permettant même de remporter leurs trois premiers matchs en séries à vie.

On a déjà hâte à la prochaine saison.

Des gagnants

Acton Vale est une grande ville de baseball, mais aussi une très bonne ville de sport en général. Et c’est également une ville de champions.

Début avril, on s’en souviendra, le Trackvale a été couronné champion de la Ligue de hockey senior du Richelieu. À sa toute première saison, rappelons-le.

La population d’Acton Vale est de 7683 habitants. Ça fait beaucoup de champions au prorata.