Opinions

Saveur immigrante

CHRONIQUE \ On sait que l’immigration occupera une place importante dans la campagne électorale qui s’amorce au Québec. Libéraux, caquistes, péquistes et solidaires formulent depuis quelques semaines des propositions pour améliorer l’accueil et l’intégration sociale et économique de nos nouveaux compatriotes. Certaines propositions ont du mérite. Comme celle du Parti québécois d’encourager des immigrants à s’installer en région.

C’est ce que Joanne Ouellette prône depuis des années. Les régions, soutient la directrice générale de Solidarité ethnique régionale de la Yamaska (SÉRY), doivent être incluses dans la stratégie québécoise d’immigration. D’autant plus, fait-elle valoir, que de bons emplois sont disponibles dans plusieurs régions du Québec. L’accès à l’emploi, soutient-elle, est l’un des principaux facteurs de réussite pour l’intégration des nouveaux arrivants.

Opinions

À qui appartient Desjardins ?

Les membres des caisses Desjardins sont-ils les propriétaires de celles-ci ? Quand on pose la question aux administrateurs de ces établissements, ils nous assurent que c’est le cas. Mais des doutes subsistent.

Sur le site internet du Mouvement Desjardins, on peut lire ceci (j’ai surligné en gras les passages clés) :

Chronique

Choisir sa loyauté

CHRONIQUE \ La liberté de parole est fragile. Celle d’association tout autant. Qu’une commissaire scolaire fasse l’objet d’une plainte en déontologie parce qu’elle a partagé sur Facebook un reportage paru dans La Presse + exposant les idées de la Coalition avenir Québec sur l’avenir des commissions scolaires vient nous rappeler toute la fragilité de notre démocratie.

Marie-Josée Cornay, qui est commissaire-parent à la commission scolaire du Val-des-Cerfs, devrait pouvoir exprimer publiquement ses idées politiques sans crainte qu’on cherche à la faire taire.

Actualités

La taxe SQ

CHRONIQUE / Dure semaine pour les contribuables granbyens. Plusieurs se sont pointés à l’hôtel de ville lundi pour dénoncer les hausses de salaire de 17,5 % et de 15 % que se sont respectivement accordés les conseillers municipaux et le maire. Ils ont appris le soir même que le gouvernement du Québec n’aidait pas la Ville à payer ses services policiers alors que d’autres municipalités obtenaient de gros coups de main financiers pour s’offrir les services de la Sûreté du Québec.

Comble d’iniquité, les Granbyens, et tous les contribuables dont les villes possèdent leur propre sûreté municipale, paient en plus les coûts de la SQ par l’entremise des impôts qu’ils envoient chaque année au gouvernement provincial.

Opinions

Journaux et démocratie

Cette chronique, je l’avoue d’emblée, me plonge dans un immense conflit d’intérêts. Elle porte sur ma profession que j’ai l’honneur et la chance d’exercer depuis 26 ans. Ça fait que je ne devrais même pas l’écrire. Mais l’enjeu de fond est trop important pour que je passe mon tour : l’avenir de la presse écrite et son rôle dans la démocratie.

Les médias sont le quatrième pouvoir, dit-on. Ils sont là pour exercer une forme de contre-pouvoir au monde politique. De tous les médias, la presse écrite, et ça va sonner un peu présomptueux, est en première ligne de cette mission de surveillance de nos politiques et de nos institutions. Certes, la télévision et la radio contribuent également à informer les gens. Ce sont néanmoins les médias écrits qui, la plupart du temps, mènent la charge. C’est particulièrement vrai en région. Les médias électroniques suivent en reprenant tous les jours à leur compte les reportages parus dans la presse écrite. Leur travail et leur présence n’en demeurent pas moins cruciaux.

Opinions

Hausses justifiées, primes à éliminer

Il n’y a rien de scandaleux dans la décision des élus municipaux de Granby d’augmenter leur salaire. Ils ne commettent pas un hold-up au grand jour, comme semblent le croire bien des citoyens. Les conseillers méritent de voir leurs émoluments être majorés de 17,5 % tout comme le maire mérite que le sien soit haussé de 15 %. Que tout ça suscite de la frustration chez des gens ne peut servir d’argument pour dénoncer le tout.

On l’a déjà écrit ici et on le réitère : les élus municipaux sont sous-payés quand on considère toutes les responsabilités qui leur incombent. C’est particulièrement vrai dans les petites municipalités. Le problème est que le barème des salaires des élus contenu dans la Loi sur le traitement des élus municipaux est une insulte aux milliers de femmes et d’hommes qui occupent des postes électifs.

Opinions

Frapper son Waterloo

C’est toute une victoire que les citoyens de Waterloo ont remportée vendredi en sauvant le CHSLD Horace-Boivin. En lieu et place d’une fermeture de l’établissement et du transfert de ses résidants dans un CHSLD à Granby, l’endroit sera plutôt rénové au coût de 4,8 millions de dollars.

Certes, le nombre de places diminuera de 43 à 22. On est loin, cela dit, d’un gain en demi-teinte. La solidarité des citoyens fait que toute la communauté sort soudée de cette affaire. Ils en auront besoin pour continuer à défendre leurs droits à des services de santé de proximité.

Le grand parleur

Sommet de la bêtise

Un inspirant projet de conservation. Une implication citoyenne exemplaire. Un engagement financier colossal de la municipalité et de groupes environnementaux. Puis, on ajoute la participation du gouvernement du Québec et une équation toute simple se transforme en monstrueux problème.

Compliquer pour nuire, ainsi travaille souvent le gouvernement québécois.

Le projet du Parc des sommets à Bromont se réalisera. Québec ne peut laisser filer ainsi cette occasion de protéger les 150 hectares toujours intacts du flanc sud du mont Brome (monts Spruce et Bernard et secteur du Val 8). Ne pas appuyer financièrement le projet relèverait de la folie.

Le rôle de Québec est d’investir environ 2,8 des 8,25 millions de dollars (taxes comprises) nécessaires pour acquérir l’ensemble des terrains appartenant aux entreprises de l’homme d’affaires, Charles Désourdy. La Ville de Bromont s’est engagée à verser 2,75 M$ dans le projet.Conservation de la nature Canada (CNC) contribuera à hauteur d’environ 1,5 M $.

Protégeons Bromont, la Société de conservation du mont Brome, Corridor appalachien, les Amis des sentiers de Bromont et CNC ont jusqu’ici amassé 900 000 $ en dons privés et en engagements. Leur objectif est de 1 M$.

Le gouvernement du Québec ? 

On attend toujours qu’il donne signe de vie.

Cette gestion sans imagination, sans volonté et sans sérieux par l’appareil gouvernemental du projet proposé n’est pas sans conséquence. Sur les réseaux sociaux, plusieurs citoyens doutent maintenant de sa pertinence. Ils reprochent à la Ville et aux promoteurs de leur cacher des informations et se demandent si un compromis avec le vendeur est possible pour réduire la facture tout en permettant la construction de maisons sur une partie du terrain.

M. Désourdy a lancé le bal en indiquant avoir fait une telle offre à la Ville. Passons sur cette offre douteuse sur le plan de l’éthique des affaires en rappelant qu’un contrat notarié prévoit deux scénarios : la vente intégrale des terrains concernés, ou seulement celle du mont Bernard et de la portion des terrains où se trouvent des écosystèmes forestiers exceptionnels.

Le Québec s’est engagé en 2010 à ce que son territoire compte 17 % d’aires protégées. 

Au 31 mars 2017, le Québec avait atteint 9,35 % ; le Canada 10,5 % (décembre 2016). On est loin du compte !

Un problème de taille existe : l’État québécois ne possède aucun fonds dédié à l’achat d’aires protégées. Cela nuit grandement aux gens qui travaillent d’arrache-pied, comme les partisans du Parc des sommets, pour créer de tels territoires.

La solution pourrait résider dans le Fonds vert. En trois ans, ce fonds a permis à Québec d’engranger 1,7 milliard de dollars, grâce à la vente de permis échangeables sur le marché du carbone. L’argent est destiné aux initiatives qui réduisent les gaz à effet de serre. Peut-être serait-il opportun d’étendre le concept à la création d’aires protégées, grandes captatrices de carbone.

Ce projet du Parc des sommets n’aurait jamais dû atterrir dans les officines du ministère du Tourisme. Avant d’octroyer des subventions, il exige des infrastructures destinées à l’accueil des touristes. Ça veut dire que des budgets devront être prévus chaque année pour leur entretien. Le Ministère complique inutilement le projet. C’en est un de conservation avec accès aux utilisateurs, non pas d’un nouvel attrait pour attirer la foule.

Les politiques et les fonctionnaires n’ont rien compris. Leur travail consistait à dénicher 2,8 M$ quelque part dans l’appareil gouvernemental. Ils ont bêtement choisi d’essayer de faire entrer le projet de force dans un de leurs programmes sans se soucier de sa spécificité. Un beau gâchis !

Où sont les députés-frères Paradis dans toute cette saga ? Il serait temps qu’ils exercent du leadership et livrent la marchandise.

Opinions

Chasser l’intellectuel

CHRONIQUE / Les deuxièmes mandats sont difficiles en politique. Parfois, stimulés par leur victoire, on assiste à la transformation d’élus. Ils revêtent une nouvelle attitude, se croient infaillibles et deviennent même outrecuidants. Le maire de Granby Pascal Bonin est-il de ceux-là ? En méprisant publiquement le conseiller Jean-Luc Nappert, il amorce bien mal ce qu’il promet être son dernier quadriennat.

Dans notre système politique municipal, il revient au maire de confier des responsabilités aux conseillers. Ça semble a priori une bonne idée. Ça lui permet d’attribuer des mandats aux élus selon leurs forces et intérêts. Les citoyens ont tout à gagner de voir les membres de leur conseil travailler dans leur champ de compétences.

Ce pouvoir dévolu au maire a toutefois un côté sombre ; il peut lui servir d’outil pour tasser ou faire taire un élu dérangeant. C’est ce que semble avoir fait M. Bonin en retirant la responsabilité du comité d’environnement à M. Nappert.

Aux médias lundi, M. Bonin a justifié sa décision par le fait que M. Nappert avait attribué une note de passage au conseil pour ses efforts environnementaux lors des quatre dernières années. « (…) il était président de ce comité-là. J’ai voulu amener un regard nouveau », a-t-il expliqué au sujet de sa décision de lui enlever cette responsabilité.

Le maire en a rajouté une couche remettant en doute la capacité du conseiller de s’acquitter de cette responsabilité. « (…) Honnêtement, si on veut aller plus loin en environnement, ça prend un changement parce que M. Nappert n’est plus capable de rien faire passer au conseil. (…) M. Nappert est un gars d’études, on ne se le cachera pas. Et le conseil veut de l’action. »

Ces dernières justifications sont à la fois tordues et insensées.

D’abord parce que les projets en environnement ne peuvent être improvisés. Ils exigent d’avoir en main des données, ne serait-ce que pour avoir le feu vert du ministère de l’Environnement. Quand on veut intervenir dans l’environnement, on doit prendre le temps d’acquérir des informations avant d’agir. Donc de produire des études. Ce n’est pas aussi simple que de réparer un trou dans la chaussée ou de colmater un bris dans le réseau d’aqueduc. 

Si le conseil veut de l’action en environnement, comme le souhaite M. Bonin, que ses membres prennent des décisions. Ce ne sont pas les projets qui manquent. M. Nappert ne possède qu’un seul des 11 votes au conseil. Il ne peut certainement pas être tenu comme seul responsable du peu de projets environnementaux lancés par cette administration.

Les vraies raisons du maire pour écarter M. Nappert sont ailleurs.

Dans un premier temps, M. Bonin ne piffe pas le fait que le conseiller se soit souvent opposé à des projets du conseil ces dernières années. L’approche intellectuelle sur laquelle M. Nappert base tout son travail est aussi cause d’irritation pour M. Bonin. Ce dernier préfère de loin les actions concrètes et de terrain.

M. Nappert est rompu au travail intellectuel. Il a enseigné pendant 34 ans la géographie au Cégep de Granby. Il s’est fait remarquer pour de nombreuses initiatives environnementales dans la région ainsi que par des sorties publiques et des mémoires appelant à la protection­ de l’environnement.

M. Bonin semble éprouver un inconfort avec les personnes qui ont fait des études supérieures. Lors des élections de 2013 au poste de maire, en plein débat, il avait critiqué Éliette Jenneau alors que la candidate évoquait sa maîtrise en administration publique. Parler ainsi équivalait à rabaisser les citoyens qui n’avaient pas de telles études, avait-il laissé entendre.

Le fait que M. Nappert représente le quartier électoral 2 n’est pas étranger à son expulsion du comité d’environnement. C’est dans ce quartier que le maire a enregistré son plus faible appui des électeurs. Ce quartier a également la distinction d’avoir un conseil de citoyens particulièrement intéressés aux questions environ­nementales et qui talonnent le maire sur plusieurs­ autres enjeux.

Notons finalement que M. Nappert­ a appuyé le candidat Yves Bélanger lors de la dernière course à la mairie.

Tout ceci ressemble à des représailles de la part du maire à l’endroit­ de M. Nappert.

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La répartition des responsabilités n’est pas au goût du conseiller Éric Duchesneau non plus. Il a conservé le dossier des travaux publics, mais espérait obtenir du maire d’autres responsabilités où il aurait pu mettre de l’avant ses capacités « analytiques », a-t-il indiqué sur sa page Facebook.

Dommage que M. Duchesneau, qui a à cœur sa ville, n’ait pas appuyé son collègue Nappert lundi lors de la première assemblée du conseil. Comment peut-il plaider qu’il pourrait en faire plus en raison de ses compétences et ne pas se ranger derrière M. Nappert, un expert des enjeux environnementaux, qui souhaitait poursuivre son travail ?

Peut-être M. Duchesneau n’est-il pas d’accord avec les propositions de son collègue. Mais sur le principe des compétences, la logique voulait qu’il apporte son soutien à son collègue qui réclamait de rester en poste. Il a choisi de voter contre M. Nappert.

On suggère à M. Duchesneau d’analyser le sens du mot solidarité.

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Il est dommage que le maire n’ait pas pris le temps de rencontrer un à un les dix conseillers avant de leur attribuer des responsabilités. Une telle démarche l’aurait aiguillé sur les préférences et intérêts de ses collègues du conseil.

M. Bonin a parlé de Granby comme d’une ville progressiste. On peut en débattre. Cela dit, son attitude revancharde contre M. Nappert­ est digne d’une autre époque.

Le Grand Parleur

Question de transparence

Transparence. C’est le mot fétiche de bien des candidats dans les présentes élections municipales. Ils l’utilisent à profusion sur leurs pancartes et dans leurs dépliants. Ceux qui sollicitent un autre mandat assurent qu’ils continueront d’en faire preuve alors que ceux qui tentent de se faire élire en promettent­ davantage.

Il n’est guère facile de cerner ce qu’est la transparence. C’est à la fois un concept tangible ainsi qu’une philosophie d’administration publique, mais perçu de façon différente selon qu’on occupe un poste électif ou qu’on soit citoyen. Le premier assure que la transparence guide ses faits et gestes dans sa prise de décision, tandis que le second, parfois ulcéré d’une décision, critique le manque de transparence­ des élus…

On peut d’emblée identifier deux éléments pour assurer une transparence minimale : un accès direct aux informations de base (budgets, programmes triennaux d’immobilisations, ordres du jour des assemblées, procès-verbaux de celles-ci) et un accès sans embûches pour toutes autres informations jugées pertinentes par les citoyens.

L’accès aux informations et documents est nécessaire afin que les citoyens puissent évaluer le travail de leur administration municipale. C’est un droit absolu.

La transparence est malheureusement à géométrie variable d’une municipalité à l’autre. Si elles ont toutes des sites Internet, plusieurs les utilisent mal pour informer leurs citoyens. Les ordres du jour sont souvent affichés moins de 24 heures avant la tenue d’une assemblée ordinaire et on doit souvent patienter plusieurs mois avant de voir apparaître en ligne les procès-verbaux après leur adoption par le conseil. Les budgets, PTI et listes des contrats accordés sont aussi introuvables sur maints sites municipaux.

C’est incompréhensible en 2017. Inacceptable. Insultant pour les citoyens.

D’autant plus que les techno­logies et les logiciels permettent de nos jours de mettre en ligne une grande quantité d’information et de documents. Nul besoin d’y consacrer de grandes ressources humaines ou financières pour s’occuper et nourrir ces sites.

L’absence d’information et de documents de base sur les sites des municipalités ou leur retard à s’y retrouver est un choix politique. D’où la colère des citoyens et les accusations, souvent fondées, d’un manque de transparence.

Les administrations municipales peuvent facilement améliorer leur bilan de transparence. D’abord, en mettant en ligne tous les documents cités plus haut. Ils devraient même inclure les procès-
verbaux de leur comité consultatif d’urbanisme ainsi que les documents techniques remis aux élus concernant les projets à adopter. Ensuite, elles peuvent doter leur salle du conseil d’écrans géants où les citoyens peuvent voir les cartes, plans et photos des projets discutés­ en temps réel par leurs élus.

Les assemblées du conseil, présentations du budget et consultations publiques peuvent également être diffusées en direct sur Internet. Nous ne sommes plus à l’ère d’équipements lourds, coûteux et nécessitant plusieurs personnes pour les opérer. Ici également, la nouvelle techno­logie a simplifié la captation et la diffusion de telles rencontres. Et les coûts sont très accessibles. On parle d’achat d’équipements de moins de 25 000 $.

Le recours à ces technologies permet de rendre accessibles les différentes rencontres publiques à l’hôtel de ville. C’est sans compter que ça leur assure un plus grand dynamisme aux yeux des citoyens. On peut penser qu’ils se sentiront mieux informés et plus intéressés à la conduite des affaires de leur municipalité.

La participation citoyenne, n’est-ce pas un autre terme fétiche de ces élections ? En parler ne suffit pas. Il faut donner le goût aux citoyens de s’engager. C’est aussi ça la transparence.