Marie-Ève Martel
Le journalisme de guerre, c’est un peu ce qu’on fait ces jours-ci; rapporter absolument tout ce qui touche une communauté par rapport à notre lutte contre un ennemi commun, cette fois-ci une maladie qui circule à une vitesse fulgurante.
Le journalisme de guerre, c’est un peu ce qu’on fait ces jours-ci; rapporter absolument tout ce qui touche une communauté par rapport à notre lutte contre un ennemi commun, cette fois-ci une maladie qui circule à une vitesse fulgurante.

COVID-19 et le journalisme de guerre

CHRONIQUE / C’est en direct de mon cocon que je rédige cette chronique.

Eh oui, prévention oblige, les journalistes de La Voix de l’Est ont été invités à travailler de la maison le plus possible. Les entrevues doivent être faites au téléphone.

Mais ce n’est pas parce qu’on est en linge mou chez nous qu’on ne travaille pas dur, laissez-moi vous le dire.

Au départ, la couverture journalistique de la COVID-19 était plutôt aléatoire. On entendait parler de cas en Chine, donc l’équipe du pupitre publiait des textes à ce propos dans la section internationale du journal. Et au fur et à mesure que le virus se rapprochait de nous, le nombre de nouvelles à ce sujet n’a fait que croître, à une vitesse exponentielle.

Depuis jeudi, ce fameux jour où le Québec en entier a été placé en quarantaine, l’ambiance de travail est vraiment différente pour mes collègues et moi.

On croirait le Québec en guerre. Télétravail favorisé, lieux publics fermés, frontières plus étanches — mais le sont-elles assez ? —, un point de presse quotidien pour nous mettre à jour sur l’avancement de la situation.

Évidemment, la plupart d’entre nous n’avons pas vécu la véritable guerre, mais cette pandémie nous donne un avant-goût de ce à quoi peut ressembler le monde quand l’État restreint certaines libertés individuelles au nom du bien public.

Le journalisme de guerre, c’est un peu ce qu’on fait ces jours-ci ; rapporter absolument tout ce qui touche une communauté par rapport à notre lutte contre un ennemi commun, cette fois-ci une maladie qui circule à une vitesse fulgurante.

Tels les soldats de l’information que nous sommes, notre armée ne néglige aucun effort pour alimenter nos différentes plateformes afin de vous fournir le portrait le plus actuel de la situation. Quels sont les impacts de la crise sur nos concitoyens, nos entrepreneurs et nos familles ? Quelles solutions sont mises en place sur le terrain pour minimiser ces impacts ? Qui sont les héros qui percent l’ombre de leur lumière ?

Toutes nos ressources sont dédiées à traiter chaque bribe d’information qui nous parvient. Et Dieu sait à quel point nous en recevons plus qu’à l’habitude.

Certains nous reprocheront d’alimenter un climat de peur et de contribuer à amplifier la crise en provoquant l’anxiété des gens.

Imaginez, au contraire, si nous ne prenions pas le tout au sérieux. Les dommages seraient probablement beaucoup plus grands. Notre rôle est de rapporter le message des autorités afin que le plus grand nombre de personnes possible soit au courant des recommandations de la santé publique.

Certains aspects de la situation ne sont pas agréables à rapporter, mais il est de notre devoir de le traiter. Autrement, nous ne nous acquitterions pas de notre tâche.

Fierté

Les éditions que vous lisez depuis quelques jours, que ce soit en ligne ou sur papier, sont parmi les meilleures que nous ayons produites. Pas que les précédentes étaient médiocres, au contraire. Mais parce que des situations comme celle que nous vivons actuellement, aussi rarissimes soient-elles, redonnent tout son sens à notre métier.

Plus que jamais, je suis convaincue de l’importance d’un journalisme de proximité au service de l’intérêt public.

Parce qu’à mes yeux, on fait le plus beau métier du monde.