EN FAMILLE

Le cerveau immature des ados

Un collègue était préoccupé cette semaine. Il avait des problèmes avec son ado. Pas de gros problèmes, juste des problèmes normaux comme tout parent d’adolescent. Des préoccupations de routine, pour ainsi dire — sans rien amenuiser.

On a jasé pendant de longues minutes, mais je sentais bien que je ne pouvais lui venir en aide. Qu’est-ce que j’y connais, aux adolescents? Ma plus grande vient de souffler ses six bougies il y a à peine 48 heures…

En famille

Foutons-nous la paix!

L’autre soir, je suis tombée par hasard sur l’émission Nombreux et heureux, présentée à Canal Vie. Comme il n’y avait pas grand-chose d’autre d’intéressant à regarder, je me suis stationnée sur cette chaîne.

L’épisode de ce jour-là racontait les défis du quotidien d’un couple ayant décidé d’avoir huit enfants. HUIT ! J’ose même pas imaginer le nombre de brassées de lavage, de vidage et remplissage de lave-vaisselle et, surtout, la facture d’épicerie qui vient avec !

EN FAMILLE

Tuer le père Noël

CHRONIQUE / Ma mère est entrée avec une question : « Le père Noël, tu crois qu’il fait comment pour apporter des cadeaux à tous les enfants en une seule nuit ? »

J’ai été prise par surprise. Je ne m’étais jamais posé la question. Je croyais au père Noël, un point c’est tout. Je ne m’intéressais pas à toute la logistique de la patente.

« Je ne sais pas », ai-je tout bêtement répondu. Et c’est alors qu’elle a déballé toute la vérité derrière LE mythe par excellence. « OK », fut ma seule réaction. Je n’ai été ni choquée, ni triste ni déçue et encore moins traumatisée. Pour tout dire, je trouve même que tout ça fait une histoire un peu plate à raconter…

Si je vous la raconte quand même, c’est qu’une amie, autour d’un café il y a plusieurs jours, m’a avoué que sa plus grande, qui est présentement en deuxième année, l’a questionnée pendant qu’elle préparait les patates pilées. « Le père Noël, est-ce qu’il existe pour vrai ? »

J’imagine que pour tout parent qui s’évertue à faire croire à ses enfants au sympathique barbu au costume rouge Coca-Cola depuis des années, cette interrogation de « grand » provoque un petit pincement au cœur. Ça souligne la fin d’une époque, celle de la naïveté, de l’innocence, voire d’un peu de magie.

Je trouve néanmoins que ma chum a servi à sa fille une réponse fort pertinente : « Toi, qu’est-ce que tu en penses ? As-tu envie de croire au père Noël ? »

De la pensée magique à la pensée concrète

Effectivement, quand l’enfant commence à émettre des doutes sur l’existence de papa Noël, l’une des méthodes les plus douces pour l’amener tranquillement à en faire son deuil est de lui retourner ses questions, croient plusieurs spécialistes, dont la psychologue Nathalie Parent.

« Jusqu’à l’âge de 7-8 ans, l’enfant est dans la pensée magique, imagine plein de scénarios et s’invente des histoires. Après, il développe la pensée concrète qui lui permet de rassembler des faits pour obtenir une conclusion logique. C’est lorsque l’enfant atteint cet âge qu’il pose beaucoup de questions à ses parents », explique-t-elle sur le site Educatout.

Elles tourneront d’abord autour de faits concrets, tels « Comment le père Noël peut entrer chez nous puisque nous n’avons pas de cheminée ? Comment passe-t-il dans la cheminée avec son gros ventre ? » Retourner la question à l’enfant permet de « susciter son imaginaire et ses fantasmes autour du sujet ».

« Si celui-ci ne donne pas de réponse et que l’adulte ne sait que dire, il peut toujours s’appuyer sur la magie de Noël pour répondre, surtout quand l’enfant est [encore] dans [un] mode de pensée [magique avant 7-8 ans] : “Ça doit être la magie !” ou “Il est magique n’est-ce pas ?” », poursuit-elle.

Viendront ensuite des questions plus élaborées : « Comment fait-il pour distribuer tous les cadeaux aux enfants dans toutes les maisons ? », « Comment peut-il fabriquer tous les jouets ? », « Pourquoi papa n’est jamais présent quand le père Noël arrive ? » « L’enfant cherchera alors à trouver les réponses à ses questions, il aura des doutes mais il voudra continuer d’y croire encore. […] Le processus se fera naturellement car, petit à petit, l’enfant entendra des choses qui vont ébranler ses croyances, mais il gardera ce qu’il sera prêt à prendre et à digérer », dit Mme Parent.

« Par contre, si les questions deviennent trop insistantes et que le jeu de la magie n’est plus drôle, par exemple : “Maman, papa, dites-moi la vérité ! Je sais que le père Noël n’existe pas pour vrai à cause de...”, à ce moment, ça ne sert à rien de continuer à faire semblant puisque l’enfant ne veut plus jouer », ajoute-t-elle.

À ce moment, question de ne pas briser le lien de confiance, il vaut mieux dire toute la vérité. 

Méthode douce

Si vous voulez tout de même préserver un peu de magie, vous pouvez toujours faire comme Charity Hutchinson, cette mère de famille américaine qui a partagé sur son compte Facebook une adorable façon d’expliquer à ses enfants que le père Noël n’existe pas, rapporte-t-on dans le Huffington Post. Elle a proposé à ses enfants, lorsqu’ils ont émis des doutes sur son existence, de devenir père Noël à leur tour. 

« Tu as vraiment grandi cette année, physiquement, mais aussi dans ton cœur. D’ailleurs, ton cœur est si grand que je pense que tu es prêt à devenir un père Noël ! 

Tu t’es probablement rendu compte que la plupart des pères Noël que tu vois sont simplement des gens déguisés. Des copains t’ont peut-être dit que le père Noël n’existe pas. Beaucoup d’enfants disent ça parce qu’ils ne sont pas encore prêts à ÊTRE un père Noël. Toi, si.

Je crois que le moment est venu d’accepter TA première mission de père Noël ! », propose-t-elle. 

L’enfant choisit alors une connaissance, souvent un petit voisin. Sa mission est de découvrir, sans attirer l’attention, ce que l’autre désire, avant de le lui offrir, dans un joli papier cadeau, et sans être vu. Il ne devra jamais révéler qu’il est l’auteur du cadeau, car un père Noël ne fait pas les choses pour qu’on lui dise merci mais par bonté de cœur.

Cute au boutte, n’est-ce pas ?

EN FAMILLE

Ce ne sont pas des caprices

Avec l’heure du dodo, l’heure des repas est, pour bien des parents, un véritable cauchemar à traverser quotidiennement. À en écouter plusieurs, leur progéniture ne se nourrirait que de pâté chinois, de grilled cheese, de croquettes de poulet et de biscuits au chocolat. Tout le reste est ouach ! et dégueulasse !

es refus alimentaires ne sont pourtant pas des caprices, avertit d’entrée de jeu Gabrielle Caron, nutritionniste et instigatrice, avec sa collègue Marie-France Lalancette­, du programme Manger c’est sensass destiné aux « petits difficiles ».

« Entre l’âge de 2 et 10 ans, 75 % des enfants souffrent de néophobie alimentaire à un moment ou l’autre et à des degrés divers, dit-elle. Ça se traduit par le refus de manger sans même avoir goûté, trier dans son assiette, recracher, et même vomir si on est forcé de manger. Ils éprouvent de vraies peurs, et il faut accompagner les enfants là-dedans plutôt que de les punir, les menacer ou les forcer à manger. »

Eh oui, ç’a bin l’air que quand on est encore en âge de croire au père Noël, un brocoli peut être aussi épeurant qu’une grosse araignée, et un chou de Bruxelles aussi paniquant qu’un monstre sous le lit.

Mais ce n’est pas une raison suffisante pour baisser les bras devant leur acharnement à éviter certains aliments. Il faut cependant savoir s’y prendre si on ne veut pas entrer dans une lutte de pouvoir à n’en plus finir, indique Mme Caron.

À chacun ses responsabilités

D’abord, elle invite les parents à une auto-évaluation et une introspection pour s’assurer qu’ils ne sont pas à la base du problème. « Plus le parent est anxieux et met de la pression face à l’alimentation de son enfant, plus l’enfant le ressentira et plus ce sera problématique. »

Elle suggère donc aux adultes de se réapproprier ce qui est de leurs responsabilités, et à lâcher prise sur ce qui ne l’est pas. Pour ce faire, elle se base sur l’approche de la psychologue et nutritionniste américaine Ellyn Satter, selon qui le parent et l’enfant forment une équipe quand vient le temps de se mettre à table. « Dans toute équipe, c’est bien de partager des responsabilités, de les respecter, et de ne pas empiéter sur le territoire de l’autre. »

Ainsi, l’adulte est responsable d’établir le menu, l’horaire et le lieu de la prise d’aliments ainsi que du comment se déroule l’heure des repas et collations. « L’enfant, lui, est responsable de ce qu’il mange parmi les aliments présents dans son assiette et en quelle quantité », soutient Mme Caron.

Il n’est donc pas obligé de manger ni même goûter quoi que ce soit, et n’a pas absolument besoin de terminer son assiette pour avoir du dessert. « Le dessert fait partie du repas. Même s’il n’a mangé qu’une seule bouchée de votre couscous aux légumes, il a droit à la portion de dessert que vous avez établie. Mais une portion, pas trois. S’il a encore faim, c’est le plat principal qu’il doit manger. N’hésitez pas à le ressortir. Ou alors il doit attendre à la collation, et encore là, il n’a pas droit à quatre barres tendres parce qu’il n’a pas mangé au dîner. On sert une portion normale. »

Ce faisant, on brise l’association souvent faite entre dessert et récompense ou « aliment extraordinaire ». C’est bien connu : l’interdit attire. « Moins il y a de restrictions, moins un aliment est associé à quelque chose d’extraordinaire sur lequel il faut se garrocher quand on y a droit. Un comportement sain fera qu’on choisira tantôt une pomme, tantôt des biscuits au chocolat. »

Là où il faut faire attention, nuance la nutritionniste, c’est d’imposer des changements trop drastiques. La règle d’or : on ne présente dans l’assiette pas plus d’un seul aliment refusé par l’enfant à la fois. « Il faut aussi veiller à ne pas servir trop de repas ou tous les ingrédients sont mélangés, comme des sautés ou des chilis », ajoute-t-elle. « Pour un enfant, avoir du poulet, du riz et du brocoli séparés, c’est plus rassurant, car il est capable d’identifier chaque aliment et les associer avec un goût distinct. Tandis que si tout est mélangé ensemble, il ne peut faire de liens avec rien et c’est déstabilisant. »

Autres trucs en vrac

Assurez-vous aussi que votre enfant ne cherche pas à combler son besoin d’attention en refusant de manger, indique Mme Caron. « Surtout à l’heure du souper, où tout le monde arrive fatigué de sa journée et un peu bousculé par le temps… Prendre un petit cinq minutes avec l’enfant en lui donnant toute son attention peut complètement changer l’ambiance d’un repas. »

Ou alors vous pouvez aussi, comme elle (elle est maman de deux enfants de 2 et 5 ans), faire prendre le bain aux enfants pendant la préparation du souper. « Ça leur permet de se calmer et d’être plus disponibles pour le repas. »

On peut aussi leur laisser certains choix. « Le refus de manger certaines choses chez les enfants commence bien souvent en même temps que la fameuse phase du “non”. C’est une façon d’affirmer leur besoin d’autonomie. Il n’est d’ailleurs pas rare de voir que de leur laisser le choix entre deux fruits pour la collation ou deux légumes à l’heure du souper évite la confrontation. »

« On peut aussi les laisser se servir eux-mêmes en amenant tous les plats sur la table, ou encore leur donner le choix de ce qu’ils veulent mettre sur leur pizza, par exemple, tout en donnant des directives : tu dois choisir au moins un légume parmi ceux qui sont là. »

On peut aussi parfois se résigner à d’abord les désensibiliser aux textures et aux odeurs avant même d’espérer qu’ils osent porter une bouchée à leur bouche. Le jeu est d’ailleurs d’une grande aide pour ce faire. « En dehors des repas, on peut par exemple s’adonner à des tests de toucher, de senteurs ou de goûts les yeux bandés, ou encore fabriquer un tableau de défis à relever », donne en exemple la nutritionniste.

Mais la règle numéro un par excellence dans tout ça, rappelle-t-elle, c’est d’avoir du plaisir. « Il faut manger avec son enfant, qui apprend surtout par mimétisme. Il faut que l’enfant voie le moment des repas et des collations comme un moment agréable où on jase, on partage, où il a votre attention positive. »

Sur ce, bon appétit !

EN FAMILLE

Des jouets pas si intelligents

CHRONIQUE / Comme moi, plusieurs parents auront vu passer cette semaine les résultats préoccupants du rapport de recherche Enfants sous écoute, dévoilé par Option consommateur mardi.

Selon l’organisme voué à la protection des consommateurs, les jouets dits intelligents présenteraient de nombreux risques pour la vie privée et la protection des renseignements personnels. Munis de micros, de caméras, etc., ces gadgets branchés soulèvent de sérieux enjeux liés à la cybersécurité et au partage, voire au piratage, d’informations personnelles.

Plusieurs scandales impliquant quelques-uns d’entre eux ont d’ailleurs éclaté dans les dernières années, et certains évoquent de véritables scénarios de films d’horreur, dont celui entourant la poupée My Friend Cayla, du fabricant Genesis, qui présentait un système de sécurité tellement déficient que des pirates pouvaient réussir à parler avec les enfants à travers le jouet à l’aide d’un simple téléphone !

En 2015, aux États-Unis, la Hello Barbie avait alerté le FBI, qui avait émis un avertissement aux consommateurs pour les prévenir des risques semblables que posaient ces appareils.

Au Canada, cette même année, des pirates avaient pu accéder « aux renseignements personnels de plus de 316 000 enfants canadiens hébergés sur les serveurs de l’entreprise VTech, qui fabrique des tablettes pour enfant », rappelle-t-on en outre dans le rapport d’Option consommateur.

Big Brother is watching our kids !

En famille

Parlons de sexualité

Comme bien des parents, j’ai reçu cette semaine un courriel de la part de la commission scolaire m’informant du contenu du nouveau cours d’éducation à la sexualité, obligatoire dès cette année pour tous les élèves, du préscolaire à la 5e année du secondaire.

Le message m’a immédiatement ramenée vingt ans en arrière, dans la classe surchauffée du vieux collège où je faisais mon secondaire, en train d’essayer de trouver un sens au cours de FPS (formation personnelle et sociale) que le prof de religion (!) tentait, tant bien que mal, de nous enseigner. Il suffit de l’imaginer rouge comme une tomate, en train d’enfiler un condom à une banane un peu trop mûre devant des adolescents mi-amusés, mi-mal à l’aise pour avoir une bonne idée du souvenir que je garde de cette « éducation à la sexualité ».

Je n’ai donc pas été surprise de voir ce cours être aboli au début des années 2000. Je le suis toutefois de le voir réapparaître dans le cursus scolaire près de vingt ans plus tard. D’autant plus qu’on semble vouloir répéter la même erreur.

Comprenez-moi bien : l’erreur dont je parle n’est pas d’incorporer une éducation à la sexualité à l’école. C’est plutôt la façon dont on le fait. Opinion partagée par la sexologue Josée Ménard.

Pas prise au sérieux

Il est primordial d’accorder une place à l’éducation à la sexualité, me confirme-t-elle, d’entrée de jeu.

Oui, concède-t-elle, c’est aux parents que revient la principale tâche de cette éducation. Il est de leur devoir de se questionner et de définir ce qu’ils veulent transmettre à leurs enfants comme valeurs d’amour, de fidélité, de confiance, etc.

L’éducation à la sexualité dans un contexte scolaire sert davantage à enseigner du « contenu social », explique-t-elle. « Ce que nous, en tant que société, on a défini comme des comportements acceptables ou non. Notre position de société sur l’homosexualité, entre autres, l’avortement, la contraception, les agressions sexuelles, la violence conjugale... »

« Même si un parent est homophobe, par exemple, l’école est là pour enseigner au jeune que socialement parlant, c’est correct d’être gai. »

C’est là que Josée Ménard démontre une certaine réserve par rapport à la nouvelle proposition du ministère de l’Éducation. « Ça prend trois ans d’études universitaires pour avoir le titre de sexologue. Là, encore une fois, on demande à des enseignants déjà débordés par leurs tâches régulières d’ajouter des notions de sexualité à leur programme. Et on leur donne seulement quelques heures de formation sur le sujet pour le faire. Le dossier risque fort d’être malmené », craint-elle.

« Le grand risque, c’est que ces gens-là ne soient pas assez formés pour parler de la sexualité en général, et non de leur sexualité. De leurs propres valeurs à ce niveau », ajoute-t-elle.

Cette tendance à confier « à n’importe qui » l’éducation à la sexualité « démontre clairement qu’on ne prend pas le sujet au sérieux », est-elle d’avis. « Et pourtant, l’éducation à la sexualité, c’est sérieux. Ça sert à prévenir des comportements inacceptables. Ça va plus loin que les aspects biologiques. Ça touche l’humain, le social, l’affectif, le relationnel, le psychologique... »

Le Haut conseil à l’égalité des hommes et des femmes (instance consultative indépendante créée en 2013 en France), en 2016, allait même jusqu’à statuer que « seule une éducation à la sexualité de qualité permettrait d’espérer atteindre une égalité femme-homme. Et d’essayer d’endiguer les violences sexistes et sexuelles. »

Qu’attend-on pour faire entrer des sexologues dans les écoles pour donner cette éducation de qualité ? se demande Mme Ménard. « Est-ce qu’on donne de la crédibilité à un cours de finances dispensé par un professeur de français ? »

D’abord le rôle des parents 

Malgré tout, Josée Ménard est d’avis que le retour de l’éducation à la sexualité dans les écoles est « une méchante belle victoire ».

« Dans les dix, vingt dernières années, on a vu beaucoup de régression en matière de comportements sexuels inadéquats. Avant, la plupart des jeunes filles de quinze ans me disaient, par exemple, qu’elles ne pouvaient pas tomber enceintes parce que le sperme coulait de leur vagin. Qu’il ne restait pas à l’intérieur. Alors que maintenant, elles me demandent plutôt si elles sont obligées de se faire enculer. On remarque beaucoup plus de comportements sexuels pornographiques. »

Elle concède que la démocratisation de l’Internet et l’abondance de nouvelles technologies rendant le contenu explicite facilement accessible puissent avoir joué un rôle. « Mais quand ça va mal, qu’on a des doutes, des questions, des problèmes, vers qui se tourne-t-on en général ? Nos parents. S’ils ne sont pas là, les jeunes vont aller prendre leurs informations ailleurs. Mais s’ils sont présents, à l’écoute, impliqués, ça restera toujours, même à l’adolescence, des personnes d’importance sur qui on peut se fier. »

Le hic, reconnaît-elle, c’est que les jeunes font bien souvent face à des parents qui ne savent pas trop eux-mêmes où ils se positionnent, quelles sont leurs valeurs, ce qu’ils veulent transmettre à leur progéniture et comment. Des parents pour qui le sujet est tabou, angoissant, gênant... Si tel est le cas, la sexologue conseille de ne pas hésiter à consulter afin d’être mieux outillés pour répondre aux besoins de ses enfants.

« Ce n’est pas normal de penser que les jeunes vont découvrir par eux-mêmes. Que l’école, Internet, la société vont leur apprendre tout ça. L’éducation à la sexualité, c’est d’abord et avant tout une tâche parentale. Comme toutes les autres. »

Actualités

Ballet, patin, gymnastique...

CHRONIQUE/ Il paraît qu’en 20 ans, le temps libre des jeunes a diminué en moyenne de 12 h par semaine, ce qui est considérable à cette étape de la vie. Je me félicitais de n’avoir inscrit mes filles à aucun cours durant leurs cinq premières années de vie. L’enfance, c’est fait pour jouer, que je me disais. Elles en avaient déjà bien assez de découvrir le monde et d’en apprendre les rudiments — manger, marcher, grimper, faire dans la toilette, dormir beaucoup, parler, partager leurs jouets, etc.

Avec l’entrée en maternelle de ma plus vieille, la semaine dernière, je me suis toutefois dit que le temps était venu de l’inscrire au fameux cours de ballet qu’elle me réclame depuis qu’elle a vu le film Ballerina, il y a un an. 

« Je veux aussi faire du patin artistique et de la gymnastique », m’a-t-elle rappelé. Elle s’est mis ça en tête après avoir regardé les Jeux olympiques, l’hiver dernier, et l’autre activité, c’est pour faire comme son amie Dahlia.

Je l’avoue, devant tant d’enthousiasme, j’ai considéré le fait d’avoir à débourser quelques centaines de dollars pour tout ça. Puis, je me suis dit : « C’est pas un peu trop ? »

Comme le hasard fait parfois bien les choses, j’ai vu passer cette journée-là sur les réseaux sociaux (je m’excuse, j’en ai oublié la source et la provenance) un court texte qui, en gros, stipulait qu’avant l’âge de six ans, une seule activité parascolaire était recommandée. Maximum.

Plusieurs études rapportent les bienfaits de pratiquer une telle activité. Elles améliorent le rendement académique, diminuent le risque de décrochage scolaire et l’attrait de mauvais comportements, en plus de développer la confiance en soi et de favoriser la socialisation. Bref, elles fournissent un cadre sain pour que le jeune puisse s’épanouir.

Enfants surchargés

Mais trop, c’est comme pas assez. La surcharge vient annuler tous ces avantages. « Les élèves commencent à perdre les bienfaits associés aux activités parascolaires lorsque la participation atteint 20 heures par semaine », affirmait Anne-Sophie Denault, professeur agrégé de psychoéducation à la faculté des sciences de l’éducation de l’Université Laval dans un article publié dans La Presse.

J’ai sourcillé devant le « 20 heures ». Parce que ça me semblait vraiment beaucoup avant de crier au burn-out. Vingt heures, c’est l’équivalent de quatre heures par jour, du lundi au vendredi. En plus de l’école. Des devoirs. De tout le reste. Je me trouvais presque paresseuse d’avoir envisagé SEULEMENT trois activités. Et pourtant...

En fouillant davantage sur le sujet, je suis aussi tombée sur un rapport du MELS rédigé par Isabelle Gingras, chercheuse à l’Université McGill. Cette dernière suggérait de ne pas mesurer objectivement la surcharge d’activités d’un enfant — ou d’un adolescent —, mais bien de le faire de manière subjective.

Chez les adolescents, surtout. « Le sentiment de surcharge, hautement variable d’un adolescent à l’autre, ne dépend ni du temps consacré à une activité parascolaire ni du nombre d’activités auxquelles il participe », rapportait le quotidien. « Certains adolescents en demandent toujours plus, alors que d’autres préfèrent prendre leur temps et ne pas ressentir qu’ils sont toujours à la course », écrivait Mme Gingras dans son rapport.

Le but premier : s’amuser

J’irais même jusqu’à étendre son affirmation aux parents. Car veux, veux pas, on fait partie de l’équation. On court comme des poules pas de tête toute la semaine et, souvent, le week-end aussi. Peut-être que ça ne nous tente pas nécessairement de nous présenter à l’aréna à 6 h du matin le samedi matin et de passer le reste de la journée à faire la navette entre la piscine, le cours de piano et le club d’échecs. Surtout si notre jeune ne tripe pas tant que ça.

D’ailleurs, il est recommandé d’y aller selon les intérêts des enfants dans le choix de cours pour que l’harmonie règne. Le but premier d’une activité parascolaire, on tend souvent à l’oublier, est de s’amuser et de s’épanouir. Pas de provoquer du stress ou de l’anxiété. Pas d’entrer en compétition.

Et il n’y a pas de mal à prendre un break une fois de temps en temps, rappelle Anne-Sophie Denault. « Au début de l’adolescence, les jeunes sont en recherche d’identité. Une pause peut être une occasion de prendre du recul, un temps de réflexion. Un enfant sportif peut avoir envie d’explorer le théâtre. Ça fait partie du processus normal de l’adolescence d’explorer l’identité », disait-elle notamment à La Presse.

Tout ça pour dire qu’on s’est finalement limité au ballet. Parce que c’était son activité préférée.

Ce qui m’a finalement convaincue de lever la pédale ? Sa fatigue (et son caractère de m*** qui vient avec !) après seulement trois jours d’école. Une activité extra, ç’allait être amplement suffisant pour l’instant.

Actualités

Une « solution miracle à (presque) tout »

CHRONIQUE/ «Connais-tu ça, la pleine conscience ?» m’a lancé une amie il n’y a pas si longtemps au shower de bébé d’une autre de nos amies. «C’est magique!» avait-elle ajouté du même souffle.

C’est drôle qu’elle m’ait demandé ça, parce que j’ai découvert cette « solution miracle à (presque) tout » il y a plusieurs mois. Vous n’avez qu’à lire un peu sur le sujet pour vous laisser séduire vous aussi.

Actualités

L’essentiel de la rentrée

CHRONIQUE/Dans trois dodos, ma grande entamera sa maternelle. Je m’étais dit que l’occasion était belle d’y dénicher un sujet de chronique — ou plusieurs — sur la fameuse rentrée scolaire. Celle à propos de laquelle les parents d’enfants plus âgés parlent tant, stressent, courent d’un bord et de l’autre, peinent à gérer la routine qui reprend... Mais j’ai beau me creuser la tête, je n’en trouve tout simplement pas.

Je suis zéro inquiète pour ma petite. Zéro inquiète pour moi non plus. Elle est prête, je suis prête. Elle a hâte, j’ai hâte. Rien à dire sur le sujet. Alors, je me trouve ben plate.

Pourtant, ce moment de l’année peut être angoissant pour plusieurs. Enfants et parents. Se fera-t-il des amis ? Sera-t-il intimidé ? Parviendra-t-il à suivre en classe ? Sera-t-il trop tannant ou désobéissant ? Côtoiera-t-il de mauvaises influences ?

Entre les articles scolaires à acheter, les divers paiements à effectuer, les horaires d’autobus à vérifier, les lunchs à préparer, les devoirs à faire, les journées pédagogiques à gérer et les cours de ci ou de ça auxquels il faut les inscrire — et assister —, on a parfois tendance à oublier de s’informer de l’essentiel.

L’ascendant d’un prof

Aller à l’école, ce n’est pas juste le travail de l’enfant ou de l’adolescent. Ce n’est pas non plus qu’acquérir de simples — ou compliquées — notions académiques. C’est socialiser — beaucoup —, c’est se découvrir, c’est exister en dehors du noyau familial en tant qu’individu à part entière. C’est, pour ainsi dire, se former à faire partie de la société.

Et dans ce brouhaha quotidien, il y a un ou des adultes, autres que les parents, qui jouent un rôle d’importance : les profs.

Nous, les parents, on les côtoie peu, voire pratiquement pas. On sait qu’ils sont là. On en entend parfois parler à l’heure du souper, sans plus. Pourtant, ils sont bien souvent la deuxième figure d’autorité d’importance chez l’enfant et l’adolescent. On les leur confie, ni plus ni moins, en moyenne sept ou huit heures par jour. C’est donc dire l’ascendant qu’ils peuvent avoir sur nos jeunes.

Je n’ai, cette semaine, ni statistiques, ni études, ni entrevues avec des spécialistes pour appuyer mes dires. J’ai, par contre, un message du fond du coeur, livré par un certain Yannick Pinel sur les réseaux sociaux et qui fait un tabac depuis sa publication, jeudi, pour vous faire réfléchir sur le rôle plus qu’important des enseignants dans la vie de nos enfants.

Sans détour, l’homme réussit à merveille à remercier, encourager et rendre hommage à tous ceux et celles qui peuvent, parfois sans le savoir, faire la différence dans la vie d’un jeune. Alors, avec sa permission, je vous laisse ici l’intégralité de son propos puisque je n’aurais su mieux dire moi-même. Puissent les différents partis politiques l’entendre en cette période de campagne électorale.


***

« Allô prof... de secondaire !

Dans ta nouvelle classe, comme à chaque année, t’auras quelques kids puckés. Un, deux, trois peut-être. Plus, trop si t’enseignes en milieu défavorisé (MERCI !).

Ils sont dans l’fond, pas en avant.

Je sais que tu sais, mais à la maison, ces gamins reçoivent moins de supervision, d’attention, d’affection... D’AMOUR. On ne croit pas en eux, on ne les tire pas vers le haut, on ne leur enseigne pas comment rêver. Certains se font même dire et répéter qu’ils ne valent rien et ils reçoivent des taloches pour ne pas l’oublier.

À ce stade, t’es pas mal la seule personne qui peut remédier à ça. C’est ben ben d’la pression, je sais. Pis t’es pas assez payé, je sais ça aussi.

Parce que ces jeunes exigeront de ta part plus de temps, plus d’énergie, plus de ressources. Ils te feront bûcher, suer, rager, mais ils comptent sur toi. Le hic, c’est qu’ils ne le savent pas. Alors ne le prends surtout pas personnel s’ils te manquent de respect ou t’envoient promener, c’est un mécanisme de défense.

Paraphrasons Anaïs Barbeau-
Lavalette : ils ne t’aiment pas encore, mais attends-les, ils arrivent.

Toi, tu vois le mur vers lequel ils foncent. Et ce mur, s’ils le frappent de plein fouet, c’est fini pour eux. Le décrochage, la pauvreté, la violence, le crime, la drogue, la prison, la mort. Montre-leur qu’il y a des chemins pour contourner ce sombre mur. Ils ne les connaissent pas. Et parfois, si c’est trop tough, s’il est trop tard, capitonne le mur pour eux. Qu’ils se fassent moins mal. Qu’ils puissent rebondir un peu en s’y pétant la gueule.

Mais si tu arrives à tes fins, tu seras mon héros, mon héroïne. Pis tu seras le ou la leur. T’auras sauvé une vie, une âme. Les médecins, les policiers et les pompiers en sauvent aussi, mais c’pas pareil. C’est mécanique eux. Toi, c’est métaphysique, c’est romantique.

Quand j’entends quelqu’un, quelqu’une parler DU ou de LA prof qui a changé sa vie, qui lui a transmis sa passion, qui a cru en lui, en elle, qui lui a montré la voie, qui lui a donné goût à la littérature, aux sciences, ou simplement à la vie, y’a rien de plus beau. C’est du Riopelle, du Borduas à mes yeux, du Miron, du Desjardins à mes oreilles. Bref, d’la poésie. Émouvante. Inspirante.

Allô prof... de secondaire ! On te dit pas assez à quel point ton rôle est vital. J’pense que c’est le plus vital d’entre tous moi.

Bonne rentrée ! »

Chronique En Famille

Trop de jouets, c’est comme pas assez!

CHRONIQUE/ Tous les parents se sentent, un jour ou l’autre, impuissants devant la multitude de jouets qui s’éparpillent un peu partout dans la maison. Je ne fais pas exception et, avec le temps, j’ai même développé une méthode super efficace pour libérer mon plancher: un bon coup de balai et hop!, on peut de nouveau marcher sans risquer de se casser la gueule.

L’automne dernier toutefois, à bout de voir notre salon envahi par des dizaines de poupées, blocs Lego, morceaux de casse-tête et autres bébelles, mon chum et moi avons décidé de nous lancer dans les rénovations et de terminer le sous-sol pour y aménager une vraie salle de jeux. Au moins, on n’aurait pas les ravages causés par le tsunami quotidien de notre progéniture dans la face en permanence.

« Elles ne jouent pas: elles font juste foutre le bordel! », me répétait mon chum périodiquement, dans des excès de découragement.

Vrai qu’elles ne « jouaient » pas selon notre perception d’adultes sur ce qu’aurait dû être le jeu, mais elles s’occupaient forcément, selon leurs critères à elles, les défendais-je tant bien que mal.

Pourtant, son observation ne serait pas loin d’être vraie, ai-je dû concéder en tombant sur un article de la revue Infant Behavior and Development, en février dernier.

Moins créatifs et attentifs

Selon une récente étude américaine, les enfants qui auraient trop de jouets seraient moins créatifs et moins attentifs que les autres. La surabondance irait même jusqu’à ralentir leur développement intellectuel, selon les chercheurs de l’Université de Toledo.

La principale auteure de l’étude, Dre Carly Dauch, explique que leur démarche visait à déterminer si le nombre de jouets dans l’environnement des tout-petits influait sur la qualité de leur jeu. Et leur constat est sans équivoque: « l’abondance de jouets réduit la qualité de jeu des tout-petits » et « avoir moins de jouets à leur disposition pourrait les aider à mieux se concentrer ».

Pour prouver cela, ils ont demandé à 36 enfants de 18 à 30 mois de s’amuser pendant 30 minutes, tantôt avec 4 jouets, tantôt avec 16. « Lorsqu’ils disposent de moins de jouets dans leur environnement, les tout-petits se livrent à des périodes de jeu plus longues avec un seul jouet, ce qui leur permet de mieux explorer et de jouer de façon plus créative », constate Carly Dauch.

Avec quatre jouets dans leur environnement, les petits passaient deux fois plus de temps à s’amuser avec chacun d’eux et cherchaient plusieurs manières de les utiliser. A contrario, « le plus grand nombre d’incidences de jeu dans le cas où 16 jouets sont mis à leur disposition a semblé interférer avec la durée et la profondeur du jeu. D’autres jouets présents peuvent avoir créé une source de distraction externe », poursuit la Dr Dauch.

« Pendant la petite enfance, les enfants développent, mais peuvent ne pas avoir maîtrisé un contrôle plus élevé au niveau de l’attention. Leur attention et, par conséquent leurs jeux, peuvent être perturbés par des facteurs dans leur environnement qui présentent une distraction. Les résultats de la présente étude suggèrent qu’une abondance de jouets peut créer une telle distraction », dit-elle encore.

Sachant que les enfants qui développent une meilleure capacité d’attention à un jeune âge maintiennent cet avantage plus tard, ce qui suggère qu’ils seront mieux outillés pour leur parcours scolaire, les chercheurs encouragent les parents, les éducateurs en services de garde et les professionnels du milieu de l’enseignement à réduire le nombre de jouets mis à leur disposition en même temps et de préconiser un roulement.

Bref, trop, c’est comme pas assez! Ou less is more, comme ils disent en anglais.

Je me rappelle m’être d’ailleurs fait cette réflexion durant les rencontres du programme Passe-Partout, en constatant l’aménagement surchargé des classes de maternelle. « Comment est-il possible, pensais-je, de se concentrer dans un tel fouillis ? » Enfin bref...

Pas de cadeaux

Tout ça pour dire que, lorsqu’une de mes amies a proposé d’organiser une fête d’anniversaire conjointe pour ses deux enfants et ma cadette, j’ai accepté et emboîter le pas à son mouvement « n’offrez pas de cadeaux ». Non sans un petit pincement au cœur, je dois l’admettre.

« Bin voyons, mère indigne! Une fête d’enfants pas de cadeaux, ça se fait pas! », répète dans ma tête, en boucle, une petite voix insidieuse.

« En même temps... elle n’a besoin de rien! », argumente l’autre moitié de ma conscience... pas encore tranquille. 

« Et ça en fera moins qui traînent... Pis de toute façon, certaines personnes ne pourront pas s’empêcher de lui en donner. Et au pire, je courrai le lendemain au magasin, pleine de remords et avec un sentiment de culpabilité gros comme la montagne de jouets qui s’entassent déjà dans ma demeure, pour lui acheter un petit quelque chose. »

Oui, les coutumes et les habitudes ont la vie dure...