L’efficacité collective

CHRONIQUE / Dimanche après-midi, après avoir pédalé et sué pendant deux heures consécutives sur un vélo de spinning au profit d’un groupe de grandes filles qui s’envoleront bientôt vers Calcutta pour apprendre à de plus petites filles à jouer à la balle molle, disons que mon degré de motivation à me rendre à mon match de dek hockey en soirée frôlait le zéro.

Mais voyez-vous, et c’est ça la beauté de pratiquer un sport collectif, on ne peut pas se désister si facilement. Si on manque, c’est toute l’équipe qui en souffre. Notre force en est une de groupe. C’est de l’efficacité collective.

De toute façon, en repensant à mon événement caritatif du matin, jamais je n’aurais pu utiliser mes cuisses endolories comme argument pour m’éviter de courir après une petite balle orange qui, parfois, pince… les cuisses endolories. Avant le Kamikaze, petit nom doux donné à l’idée folle de faire deux heures de spinning non stop, plusieurs camarades avaient couru 5, 10 voire 21 km au Demi-Marathon de Granby ! Des machines. Eux aussi ont sans doute pensé à la force du nombre avant de venir spinner, malgré leurs mollets en feu. Il y a des moments, comme ceux-ci, où il est bon de se parler dans le blanc des yeux…

Lundi matin, alors que j’écrivais les grandes lignes de ce billet, que je pensais aux dernières pages de l’hebdo Le Plus à fermer, que j’accumulais les post-it me rappelant d’aller acheter du café pour le bureau par-dessus lesquels j’ajoutais ceux me sommant de faire une revue de presse du candidat aux élections avec qui j’allais passer la soirée, etc., disons que mon degré de motivation à aller voter frôlait, une fois de plus, le zéro.

Mais encore une fois : l’optimisation de la dynamique de groupe !

Seul, mon vote ne vaut même pas la valeur du papier qui lui sert de véhicule. Mais que dire de l’efficacité de tous nos votes mis ensemble.

En plus, et j’ai trouvé ça très drôle, le monsieur qui se trouvait en page Une de La Voix de l’Est lundi matin, ressemblait beaucoup à mon père. Un homme de Saint-Paul-d’Abbotsford, comme nous, et que nous connaissons. Bonjour à vous, M. Provencher !

J’ai vu dans ce cliché un signe.

Depuis que j’ai 18 ans, quand arrivent les élections, et ce, quel que soit le palier de gouvernement, j’entends mon père me dire, avant : « Oublie pas d’aller voter ! » et, après : « Pis, es-tu allée voter ? »

L’autre « rappel paternel » du genre, qui lui revient chaque année c’est : « As-tu fait poser tes pneus d’hiver ? »

C’est le genre de choses importantes à ses yeux. Et il répète sans doute la même chose à ma sœur. Il est notre coach. Ensemble, on forme une équipe. Encore.

Pendant que cette chronique se fera imprimer, les résultats des élections viendront d’être dévoilés.

Vous et votre équipe, êtes-vous vainqueurs ? Moi et les miens, sommes-nous gagnants ? L’important reste que chacun ait joué le rôle qui lui revenait. Et, comme dans le merveilleux monde du sport, ensemble, nous aurons travaillé, par notre vote, vers un but commun.

Et si, pour une raison ou une autre ça n’a pas été assez, eh bien, on se reprendra au prochain match.